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Un étudiant étranger contracte une dette de 123 000 $ pour une urgence médicale

Calvin Lugalambi, en t-shirt, assis à l'extérieur.

Calvin Lugalambi se prépare pour des études en génie civil.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un étudiant international doit rembourser une dette de 123 000 $ après avoir été opéré d’urgence et avoir contracté la COVID-19. Calvin Lugalambi dit qu’il ne savait pas qu’il se trouvait entre deux polices d’assurance au moment de sa maladie.

Le jeune Ougandais était inscrit au International College of Manitoba, un établissement de préparation aux études postsecondaires. Il avait terminé ses études depuis moins d’une semaine lorsqu’il a subi de violentes douleurs abdominales.

Le 2 mai au soir, après une journée de vomissements et de crampes, il a dit à son frère : Je crois que c’est le moment d’aller à l’hôpital, je dois être dépêché à l’hôpital. Je sens que je perds mon énergie et je suis déshydraté, se souvient Calvin Lugalambi.

Je ne voulais pas mourir à la maison, ajoute-t-il, pour souligner l’ampleur de sa souffrance. Il a appelé une ambulance.

À son arrivée à l’Hôpital général Victoria, il a été étonné d’apprendre que son assurance maladie d’étudiant avait pris fin cinq jours plus tôt, à la fin du semestre.

L’étudiant a été admis au programme de génie civil de l’Université du Manitoba où il étudiera cet automne, mais il n’était pas encore couvert par l’assurance offerte dans le cadre de ce programme.

Le gouvernement de Brian Pallister a aboli l’assurance maladie pour les étudiants internationaux en 2018, forçant ces derniers à souscrire des assurances privées ou à payer leurs dépenses médicales de leur propre poche.

Une facture de 123 000 $

Calvin Lugalambi a donc acheté une police d’assurance maladie temporaire de Guard.Me, la compagnie qui l’assurait depuis 2018. Cette police est entrée en vigueur le 4 mai.

Entre-temps, le jeune homme avait dû être transporté d’urgence à l’Hôpital Saint-Boniface pour une consultation avec un chirurgien.

Le 3 mai, il a aussi obtenu un test de dépistage positif à la COVID-19. Calvin Lugalambi dit que cela a prolongé son séjour à l’hôpital, puisqu’il devait respecter une période de quarantaine.

En tout, il a passé 24 jours à l’hôpital où il a subi divers tests et procédures, ainsi qu’une intervention chirurgicale invasive et complexe, qui a été suivie de complications.

Il a reçu une facture de près de 123 000 $.

Lorsqu’il a joint Guard.Me, ils ont refusé toutes mes factures, explique l’étudiant. L’entreprise lui a dit qu’il n’était pas assuré pour des conditions médicales préexistantes, poursuit-il.

Je me sens impuissant. J’ai essayé tout ce que je pouvais, mais toutes les portes se sont refermées sur moi, indique l'étudiant. Je crois que c’est important que je raconte mon histoire, parce que d’autres personnes pourraient se trouver dans une situation comme ça.

C’est une situation malheureuse, mais ce n’est pas de la faute à qui que ce soit, ajoute-t-il.

Campagne de sociofinancement

Touché par le sort de son ami, Brett Carter a lancé une campagne de sociofinancement pour tenter d’aider Calvin Lugalambi à rembourser sa dette. En fin d’après-midi, mardi, il avait récolté plus de 17 000 $.

Ce n’est pas possible de rester impassible et de regarder quelqu’un qui est coincé dans une situation comme ça, affirme Brett Carter.

Guard.Me n’a pas répondu à une demande d’entrevue de Radio-Canada.

Le directeur du International College of Manitoba, Robert Daudet, indique dans un courriel que les étudiants doivent être assurés pendant leur période d’études.

Ceux qui arrivent avant le début de leurs études, qui prennent un congé ou qui attendent un semestre avant de poursuivre leurs études postsecondaires sont admissibles à acheter une couverture privée en passant directement par Guard.Me ou un autre assureur, ajoute-t-il.

Pour sa part, l’Université du Manitoba dit que les étudiants étrangers sont couverts par une assurance maladie privée, en cas d’urgence, à partir d’un mois avant le début de leurs études.

Dans une déclaration écrite, la province indique que lorsqu’une personne a besoin de soins et qu’elle n’est pas assurée, l’office régional de la santé travaillera directement avec l’individu pour résoudre tout problème, y compris des problèmes liés au coût.

Nous encourageons cet individu à continuer de travailler avec la région, ajoute la province.

Avec les informations de Patrick Foucault

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