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Un signal d'alarme des serruriers et des installateurs de systèmes de sécurité

Un homme se tient dans une serrurerie.

Selon Jean-Marc Beaulieu, propriétaire de Beaulieu Totale Sécurité, à Chicoutimi, le recrutement est carrément impossible.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Gilles Munger

Les serruriers de la région lancent un signal d'alarme à Québec : si rien n'est fait rapidement pour former des serruriers et des installateurs de systèmes de sécurité en région, ces petites entreprises sont menacées de disparaître.

Déjà, il n'y a plus aucun serrurier accrédité à Chibougamau, dans le Nord-du-Québec.

Selon Jean-Marc Beaulieu, propriétaire de Beaulieu Totale Sécurité, à Chicoutimi, le recrutement est carrément impossible. On place des annonces pour avoir des candidats, recevoir des CV, puis on ne reçoit strictement rien, c'est zéro, a-t-il raconté.

Exigences particulières

Pour devenir serrurier ou installateur de systèmes de sécurité électroniques, il faut un permis du Bureau de la sécurité privée (BSP), le même organisme qui gère les agents de sécurité pour le transport des valeurs. Le BSP s'assure aussi que les futurs employés n'aient aucun antécédent judiciaire et aucune fréquentation avec les milieux criminels. On ne peut pas engager des gens à volonté, ça nous prend vraiment des gens qui ont des permis d'agent pour être soit serrurier ou installateur de systèmes de sécurité, confirme Jean-Marc Beaulieu.

Pour être serrurier, la loi exige aussi qu'un candidat ait suivi un an de formation à La Prairie en Montérégie, à Québec ou à Montréal. Le diplôme d'études professionnelles (DEP) pour les installateurs de systèmes de sécurité n'est pas exigé par le Bureau, mais les candidats doivent tout de même suivre une formation, encore une fois offerte seulement dans les grands centres.

Aucun candidat

Les entreprises en serrurerie constatent donc que personne dans la région ne s'inscrit dans ces programmes. Les orienteurs, à l'école, ils vont voir des gens qui ont de la dextérité manuelle puis qui sont débrouillards, ils ne les enverront jamais en système de sécurité électronique ou en serrurerie. C'est comme des domaines méconnus, a lancé pour sa part, Patrick Boivin, propriétaire de SBL Sécurité à Jonquière.

Contrôleuse chez SBL Sécurité, Andrée Brassard indique qu'il lui faudrait un ou deux serruriers en plus pour répondre aux besoins urgents du secteur commercial. Normalement, c'est de donner une réponse à notre clientèle commerciale dans les 24 heures. Présentement, ça devient un petit peu difficile en période estivale, a-t-elle souligné.

Chez Beaulieu Totale Sécurité, tous les serruriers accrédités doivent être sur la route. À ce moment-là, on ne sera plus capable de répondre instantanément aux clients qui vont se présenter au comptoir. Il va y avoir des délais de livraison d'une journée, deux jours, trois jours, précise Jean-Marc Beaulieu.

Ce qu'on demande, c'est la possibilité de former nos employés en entreprise et qu'ils aillent par la suite faire les examens régis par le ministère pour avoir le diplôme à la fin, précise Andrée Brassard. Si ça ne se produit pas, le métier de serrurier ou d'installateur de systèmes de sécurité, dans une ou deux décennies, va mourir, ça va s'éteindre.

Un homme se tient devant un système d'alarme.

Patrick Boivin est le propriétaire de SBL Sécurité à Jonquière.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Pour une formation en entreprise

Seul le Centre de services scolaire (CSS) des Grandes-Seigneuries en Montérégie détient l'autorisation de former des serruriers, autorisation qu'il partage avec des centres de formation professionnelle (CFP) à Québec et à Montréal.

Ça fait trois ans qu'on milite pour qu'il y ait une formation continue, mais en atelier (entreprise). Donc, une alternance travail-études 80 % chez l'employeur et 20 % au centre de formation professionnelle, a rappelé Sylvain Roy, président de la Corporation des maîtres-serruriers du Québec.

Au CSS des Grandes-Seigneuries, à La Prairie, on indique qu'une nouvelle formule d'enseignement en alternance travail-études est maintenant disponible dans les trois CFP. Sauf que, dans les faits, seuls les gens inscrits en Montérégie ont accès à la formule dite 50-50, soit 50 % de la formation en entreprise, 30 % en virtuel et 20 % en présentiel. La 1re cohorte débutera le 11 août.

Le CSS précise d'autre part que l'alternance travail-études ne sera pas offerte dans le programme d'installation de systèmes de sécurité. Les élèves doivent avoir les autorisations pour faire des stages et les stages ne sont pas possibles sans avoir préalablement le diplôme, a annoncé Hélène Dumais, porte-parole du Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries.

Au Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, à Saint-Laurent, le directeur de la formation professionnelle, Réal Paquette, se dit parfaitement conscient des difficultés de recrutement partout au Québec et souhaiterait adapter l'offre à la demande de formation. Selon lui, aucune cohorte travail-études n'est prévue actuellement sur l'île de Montréal. La directrice des communications du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, Christine Loriaux, indique que c’est le ministère de l’Éducation qui autorise l’ouverture de groupes pour ce cours.

Onze personnes sont inscrites au programme de la cohorte débutant en septembre.

Une amende possible

Au BSP qui délivre les permis de pratique, le directeur Claude Paul-Hus rappelle qu'une personne qui s'improvise serrurier sans le permis requis risque une amende. Il se dit cependant empathique par rapport aux difficultés de recrutement de l'industrie. On est conscients, on est ouverts, mais nous, on administre une loi, a-t-il fait valoir.

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