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À la défense du droit de vote et de la démocratie, Biden sonne l'alarme

Joe Biden, de profil, derrière un lutrin et un microphone, avec en arrière-plan un immense drapeau américain.

Joe Biden a condamné sans réserve les lois ayant pour effet de restreindre le vote.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

Dans la foulée d'une série de lois ayant pour effet de restreindre le vote et adoptées par des États républicains, le président démocrate, en visite à Philadelphie, a prononcé, mardi, un plaidoyer pour protéger l'accès aux urnes.

Dans une allocution passionnée d'une vingtaine de minutes au cours de laquelle il n'a pas mâché ses mots, le 46e président américain a mis en garde contre une attaque contre la démocratie.

De tels efforts contre le droit de vote ne sont pas sans précédent, mais ils revêtent désormais des formes pernicieuses, a-t-il dénoncé devant une foule de 300 personnes, dont faisaient partie des responsables locaux et des défenseurs des droits civiques.

Gros plan sur le drapeau qui flotte au vent.

Droit de vote aux États-Unis

Photo : iStock

Dénonçant la subversion électorale, il a pourfendu les efforts des républicains de plusieurs États pour imposer des restrictions sur le vote, les comparant aux actions du KKK et aux lois entravant le droit de vote des Afro-Américains aux 19e et 20e siècles.

Ils veulent pouvoir rejeter le compte final et ignorer la volonté du peuple si leur candidat préféré perd, a-t-il remarqué.

Depuis les élections de novembre dernier, 17 États ont adopté un total de 28 lois qui restreignent l'accès aux urnes, et au moins 880 projets de loi à la portée variée ont été présentés dans 49 États, selon une recension effectuée en juin par le Brennan Center for Justice de la Faculté de droit de l'Université de New York.

Entendez-moi bien. Il y a aujourd'hui en Amérique un assaut qui est en cours, une tentative de supprimer et de subvertir le droit de vote et la tenue d'élections justes et libres. Un assaut contre la démocratie, un assaut contre la liberté, un assaut contre ce que nous sommes.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Nous demanderons à mes amis républicains du Congrès, des États, des villes et des comtés de se lever – pour l'amour de Dieu! – et d'aider à empêcher cet effort concerté pour saper nos élections et le droit sacré de voter. N'avez-vous pas honte?, a tancé le président Biden.

Ne vous y trompez pas, les intimidateurs, les marchands de peur et les colporteurs de mensonges menacent les fondements mêmes de notre pays, a-t-il soutenu.

Êtes-vous du côté de la vérité ou du mensonge, des faits ou de la fiction, de la justice ou de l'injustice? De la démocratie ou de l'autocratie? C'est cela qui est en jeu.

En 2020, l'élection a été mise à l'épreuve sur plusieurs fronts, a-t-il soutenu en citant la pandémie, la contestation des résultats de la présidentielle de novembre et l'insurrection violentemenée en janvier contre le Capitole par des partisans de Donald Trump.

Nous faisons face au test le plus important de notre démocratie depuis la guerre civile. Ce n'est pas une hyperbole.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Les Confédérés, à l'époque, n'ont jamais pris d'assaut le Capitole comme l'ont fait les insurgés le 6 janvier dernier, a-t-il poursuivi, lançant un appel à l'action. Je ne dis pas cela pour vous alarmer. Je dis cela parce que vous devriez être alarmés.

Le gagnant de la présidentielle a rappelé que les recomptages successifs avaient chaque fois confirmé sa victoire et que les tribunaux avaient chaque fois conclu à la légitimité de l'élection : L'élection de 2020 a été la plus scrutée de tous les temps. Le gros mensonge, expression mise de l'avant par Donald Trump pour expliquer sa défaite, n'est que cela : Un gros mensonge!, a ironisé Joe Biden.

Une bataille pour le droit de vote aux États-Unis

Plaidoyer pour une coalition

Il a aussi appelé à l'adoption de la vaste réforme électorale, qu'il voit comme un impératif national et que le Sénat a reléguée aux oubliettes en juin dernier. Il a déploré que les sénateurs républicains se soient opposés à l'ouverture même des débats.

Le projet de loi démocrate, adopté par la Chambre des représentants en mars dernier selon des lignes partisanes, prévoit notamment d'élargir les possibilités de s'inscrire sur les listes électorales, d'obliger les États à permettre le vote par anticipation et d'exiger plus de transparence sur les financements de campagne.

Joe Biden a également appelé à la création d'une nouvelle coalition composée d'Américains de tous les horizons et de tous les partis politiques. Les activistes, les étudiants, les leaders religieux, syndicaux et d'entreprises peuvent aider à renforcer l'éducation des électeurs et accroître la participation électorale, a-t-il maintenu.

Ce n'est pas la première fois que Joe Biden défend le droit de vote depuis son investiture, mais les groupes de défense des droits civiques et même certains élus démocrates lui ont jusqu'ici reproché une approche trop timide.

Si le plaidoyer prononcé mardi était sans contredit le plus virulent, il passait toutefois sous silence une requête des plus progressistes : l'élimination du filibuster, une règle du Sénat imposant entre autres une majorité de 60 voix (sur un total de 100) plutôt qu'une majorité simple pour la tenue de débats sur un projet de loi.

Une telle solution – qui ne serait pas sans risques pour les démocrates lorsqu'ils perdront leur contrôle étroit du Sénat – permettrait entre autres aux démocrates de débattre de la réforme électorale, puis de l'adopter à la majorité simple, sans même l'appui d'un seul républicain.

Bras de fer au Texas

Le discours de Biden survient au lendemain du départ pour Washington d'une cinquantaine d'élus démocrates de l'Assemblée législative du Texas, qui ont fui l'État dans une tentative visant à bloquer l'adoption d'un projet de loi qui aurait pour effet de restreindre le droit de vote. Leur départ a privé la Chambre du quorum nécessaire à la tenue du vote, qui était attendu au cours des prochains jours.

Critiquant la perturbation du processus législatif, le gouverneur de l'État, le républicain Greg Abbott, a brandi la menace de les faire arrêter à leur retour.

Pour justifier leurs initiatives législatives, les républicains de plusieurs États, dont le Texas et la Géorgie, invoquent les allégations, sans fondement, de fraudes électorales massives martelées par l'ex-président Donald Trump après la présidentielle de novembre dernier. Lui et ses alliés ont pourtant essuyé des dizaines de revers devant les tribunaux, y compris auprès de juges nommés par l'ancien président républicain.

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