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Un vraquier italien coincé au port de Québec depuis avril

Le vraquier MBA Giuseppe.

Le MBA Giuseppe est à quai à Québec depuis le 8 avril.

Photo : Gracieuseté de Gilles Jobidon

Un vraquier amarré depuis quatre mois à Québec attire de plus en plus l'attention. Après vérifications, Radio-Canada a appris que le navire avait été saisi par le prêteur hypothécaire de son propriétaire, la société Michele Bottiglieri Armatore, basée à Naples, en Italie.

Le MBA Giuseppe est arrivé à Québec le 8 avril dernier, après un trajet transatlantique depuis le port d'Almeria, en Espagne. Vidé de son chargement, le navire est depuis immobilisé dans les installations de l'Administration portuaire de Québec (APQ).

Selon nos informations, le navire a rapidement été saisi à l'initiative du fonds d'investissement Pillarstone, lequel a financé la construction du vraquier mis à l'eau en 2010.

Selon des publications spécialisées italiennes, dont le Milano Finanza, les deux parties négociaient depuis des mois sur les modalités de remboursement du prêt hypothécaire.

L'armateur italien a répliqué, le 13 avril, en présentant une demande de restructuration de sa dette devant un tribunal de Naples. Plus précisément, la démarche vise un accord de restructuration de la dette ou un arrangement avec les créanciers avec continuité d'activité.

Le MBA Giuseppe à quai à Québec.

Le MBA Giuseppe est à quai à Québec depuis le 8 avril et attend le dénouement d'un conflit entre l'armateur et le prêteur hypothécaire avant de reprendre le large.

Photo : Radio-Canada

Équipage à bord

Le Port de Québec a confirmé une partie de ces informations, lundi. Le navire MBA Giuseppe est actuellement saisi par le constructeur en raison d’une dette reliée à sa construction, a expliqué Frédéric Lagacé, directeur adjoint, affaires publiques et contenus stratégiques, à l'APQ.

M. Lagacé a aussi fait savoir que l'équipage, composé d'une vingtaine de marins, était toujours à bord. M. Lagacé ignore cependant combien de temps encore le navire sera coincé dans la capitale.

En plus des démarches devant le tribunal de Naples, les parties discutent devant les autorités canadiennes. Pour le moment, l'APQ est en attente du jugement de la cour fédérale [canadienne]. Entre-temps, le navire doit rester à quai selon un ordre de rétention de la cour, a-t-il précisé.

Bien traités

La situation du MBA Giuseppe est sans commune mesure avec le scénario catastrophe du navire Ethan, qui avait passé plus de trois ans à quai au port de Québec. Deux marins étaient demeurés à bord durant toute sa période d'immobilisation.

Joint mardi, l'agent représentant la société Michele Bottiglieri Armatore, Réal Robichaud, a assuré que l'équipage était bien traité. Ils ont des vivres, de l'eau potable, a énuméré le vice-président exécutif des Agences océaniques du Bas-Saint-Laurent.

L'équipe de commandement, composée de trois Italiens, a même pu regarder la finale de l'Euro.

Des partisans de l'Italie.

Pendant que l'Italie fêtait sa victoire à l'Euro, une petite équipe de commandement à bord du MBA Giuseppe, à Québec, vivait la finale à bord du vraquier.

Photo : Getty Images / Antonio Masiello

Les autres membres de l'équipage sont principalement des Philippins et des Ukrainiens.

Contrairement à des cas de faillite d'entreprise ou des litiges plus sérieux, les marins sont actuellement rémunérés et jouissent d'une bonne qualité de vie à l'intérieur de leur infrastructure flottante, confirme à son tour Vincent Giannopoulos, inspecteur à la Fédération internationale des ouvriers du transport.

Des changements d'équipage ont eu lieu depuis les quatre derniers mois et tous les marins ont des contrats de travail valides. J'ai vu des documents qui prouvent qu'il y a des provisions qui entrent de façon régulière, a-t-il précisé. Il rappelle que les conditions de vie à quai ou en haute mer demeurent similaires. Ça ne change pas grand-chose pour eux.

Droit de sortie

Tous ont le droit de sortie dans le respect des mesures sanitaires en vigueur au Québec. Ils peuvent aller au cinéma, ils peuvent aller au restaurant ou encore recevoir des services médicaux, a mentionné Réal Robichaud.

Ce dernier a fait savoir que des conflits du genre se produisent souvent dans l'industrie maritime. Il note cependant que celui-ci dure particulièrement longtemps. Normalement, il y a une décision [du tribunal] en quelques semaines, a-t-il dit.

Si le bateau est autorisé à reprendre ses activités, il pourrait repartir à peine 12 heures après la décision.

Avec la collaboration d'Édith Hammond

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