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Des Canadiens d'origine cubaine anxieux face à la situation à Cuba

Des milliers de personnes dans la rue pour une manifestation.

La manifestation s'est déroulée le jour où Cuba a enregistré un nouveau record quotidien de contaminations et de morts dues au coronavirus. (Archives)

Photo : AFP / Yamil Lage

Radio-Canada

Les Canadiens qui ont des proches à Cuba ont observé avec anxiété les manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu dimanche à La Havane et ailleurs dans le pays.

Il s’agit du mouvement de protestation le plus important depuis des décennies.

Les Cubano-Canadiens gardent l'œil sur les médias sociaux dans l'espoir d'obtenir toutes les informations possibles. Le flux d'informations en provenance du pays a été interrompu à plusieurs reprises depuis quelques jours.

Ils n'ont pas d'internet depuis la nuit dernière, mais les gens demandent la liberté, a déclaré Yanislaydy Betancourt, une Cubaine résidant à Toronto.

Les Cubains sont fatigués d'être isolés, ils sont fatigués de vivre dans une dictature, a-t-elle ajouté.

Le portrait d'une femme

Yanislaydy Betancourt est anxieuse face à la situation à Cuba.

Photo : Radio-Canada / CBC News

J'ai peur pour ma famille, mes amis, mais j'ai peur pour tous les Cubains en ce moment. C'est vraiment difficile pour moi de voir les gens de mon pays vivre comme ils le font. Ils n'ont pas de médicaments, ils n'ont pas de nourriture. Ils sont en train de mourir.

Blocus américain

Les manifestants sont descendus dans la rue dimanche pour réclamer un meilleur accès à la nourriture, aux médicaments et à leurs droits.

De plus, Cuba fait face à une crise majeure liée à la COVID-19 : le pays a signalé 6900 nouveaux cas lundi, le plus haut chiffre en une journée depuis le début de la pandémie. Ce pays de 11 millions d'habitants compte plus de 32 000 cas actifs, avec une moyenne de 4892 nouvelles infections signalées chaque jour.

Cette situation ne fait qu'aggraver ce qui est la pire crise économique à Cuba depuis les années 1990.

Le gouvernement cubain a imputé les manifestations du week-end à l'asphyxie économique causée par le blocus imposé par les États-Unis. Le gouvernement affirme aussi que le soulèvement a été causé par des campagnes sur les médias sociaux financées par les États-Unis. De plus, le président Joe Biden a déclaré son soutien aux manifestants.

Nous sommes aux côtés du peuple cubain et de son appel claironnant à la liberté et au soulagement de l'emprise tragique de la pandémie et des décennies de répression et de souffrance économique auxquelles il a été soumis par le régime autoritaire de Cuba, a déclaré Joe Biden dans un communiqué lundi.

Or, d’autres Canadiens d’origine cubaine ne sont pas prêts à accepter les dires du président américain aussi rapidement. Ils essaient de présenter Cuba comme un État en faillite et de présenter Cuba comme ayant perdu le contrôle de la pandémie. Ni l'un ni l'autre ne sont vrais, a déclaré Julio Fonseca, président de l'Association des Cubains résidant à Toronto.

Ce dont Cuba a besoin, c'est d'aide et de solidarité, a-t-il ajouté.

L'Association des Cubains résidant à Toronto participe à des collectes de fonds et de denrées qui sont ensuite envoyées à Cuba. Leur prochain envoi comprendra des marchandises collectées Jennifer Raymer, qui est basée à London, en Ontario.

Je suis très émue, j'aime le peuple cubain depuis de nombreuses années et je sais qu'il y a une lutte là-bas et qu'ils souffrent, alors je souffre , a déclaré Mme Raymer en entrevue à CBC News.

Mme Raymer devait se rendre à Cuba à la fin du mois pour livrer une cargaison de matériel humanitaire et médical, mais le voyage a été annulé en raison de la crise croissante de la COVID-19 dans le pays.

Malgré tout, son stock de seringues, d'aiguilles, de médicaments et de vitamine C augmente, ce qui, dit-elle, lui remonte le moral.

C'est un peu comme si c'était Noël , a-t-elle déclaré à CBC News en montrant la réserve qui grandit dans sa maison.

Mme Raymer affirme que son groupe a trouvé un moyen d'expédier les marchandises par voie aérienne et qu'un vol pourrait partir dès ce week-end.

Judith Teichman, professeure de sciences politiques et de développement international à l'Université de Toronto, estime que la suite des événements reste incertaine.

J'espère que les États-Unis lèveront leur embargo pour que Cuba puisse faire du commerce avec qui il veut, ce qui produirait une plus grande prospérité à Cuba.... Cela permettrait à la politique et à l'économie cubaines d'évoluer comme elles le feraient naturellement, a-t-elle déclaré.

Maintenant, je ne pense pas que cette évolution sera nécessairement perçue de manière positive par le gouvernement américain, car les Cubains sont très nationalistes. Cuba ne sera pas une réplique de la démocratie individualiste américaine. Mais je pense que nous pourrions espérer des choses bien meilleures si le blocus était levé.

Avec les informations de CBC News

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