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Les démocrates du Texas fuient l'État pour tenter de bloquer une réforme électorale

Un employé de l'aéroport passe devant l'avion.

Les démocrates ont quitté le Texas vers Washington à bord d'un avion privé.

Photo : Associated Press / Eric Gay

La majorité des démocrates de l'assemblée législative du Texas se sont envolés pour Washington, lundi, dans un ultime effort visant à empêcher l'adoption d'un projet de loi qui aurait pour effet de restreindre le droit de vote.

Quelques jours avant la tenue d'une session spéciale consacrée au projet de loi, le groupe d'élus démocrates a quitté Houston en après-midi à bord d'avions privés, sortant ainsi de la Chambre des représentants, où ils sont minoritaires, le débat sur l'accès au vote pour l'amener sur la place publique – et dans la capitale fédérale.

Selon le New York Times, qui cite un responsable ayant participé à l'initiative, une cinquantaine d'élus démocrates sur 67 participent à ce coup d'éclat, ce qui serait suffisant pour priver la majorité républicaine de la Chambre du quorum nécessaire à la tenue du vote.

Ils se sont dits prêts à rester dans la capitale fédérale pendant des semaines s'il le fallait, a rapporté l'Associated Press.

C'est pour notre démocratie le moment ou jamais. Nous ne céderons pas, a déclaré le représentant démocrate Trey Martinez Fischer.

Nous avons laissé nos emplois, nous avons laissé nos familles, nous avons laissé nos maisons parce qu'il n'y a rien de plus important que le droit de vote aux États-Unis.

Une citation de :Trey Martinez Fischer, représentant démocrate de l'assemblée législative du Texas

Le gouverneur de l'État, le républicain Greg Abbott, n'a pas tardé à critiquer la manœuvre, qui risque fort de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau. La décision des démocrates du Texas de briser le quorum de l'assemblée législative du Texas et d'abandonner le Capitole de l'État du Texas porte préjudice aux Texans qui les ont élus, a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Alors qu'ils traversent le pays dans des avions privés confortables, ils laissent en plan des questions qui pourraient aider leurs districts et notre État, a-t-il soutenu.

Des manifestants tiennent des pancartes disant par exemple : « Merci aux démocrates » ou encore « Merci, les démocrates du Texas, pour votre lutte en faveur de la protection des droits de vote. »

Quelques manifestants se sont rassemblés alors que les démocrates arrivaient par autobus pour prendre l'avion pour Washington.

Photo : Associated Press / Eric Gay

Le départ des démocrates ralentit les choses, mais il n'empêchera pas les républicains d'adopter finalement le projet de loi lors d'une session spéciale, a affirmé le républicain Briscoe Cain, qui préside le comité de la Chambre des représentants du Texas sur les élections. Il a déploré du théâtre politique.

Cela ne fait que retarder l'inévitable.

Une citation de :Briscoe Cain, représentant républicain du Texas

Sans fournir de précisions, le président de la Chambre, Dade Phelan, un républicain, a pour sa part promis d'utiliser toutes les ressources disponibles pour obtenir le quorum. Certains élus républicains ont averti qu'ils prendraient des mesures lorsque la Chambre se réunirait à nouveau mardi.

Les démocrates texans avaient déployé la même tactique en mai dernier, mais étaient restés dans l'État. Les élus avaient alors quitté le Capitole de l'État, privant une première fois les républicains du seuil minimal d'élus requis. Le gouverneur Abbott avait alors ordonné la tenue d'une session spéciale pour adopter le projet. C'est cette session à laquelle les démocrates entendent se dérober.

La démarche démocrate survient à la veille d'un discours sur le droit de vote que doit livrer le président Joe Biden à Philadelphie, en Pennsylvanie. Selon la Maison-Blanche, l'allocution sera consacrée aux mesures à prendre pour protéger le droit sacré et constitutionnel de voter.

Le président américain a lui-même condamné le projet de loi texan, car il y voit une attaque contre la démocratie qui ciblait de manière disproportionnée les Afro-Américains et les autres minorités.

Le texte législatif présenté par les républicains interdirait entre autres les boîtes de dépôt de bulletins de vote, restreindrait les heures d'ouverture des bureaux de vote, donnerait un pouvoir accru aux observateurs électoraux partisans et imposerait de nouvelles exigences en matière d'identification.

Des dizaines d'entreprises, dont Microsoft, American Airlines, Unilever, HP, Patagonia et Levi Strauss, ainsi que des entreprises et chambres de commerce locales ont dénoncé le projet de loi au nom du principe démocratique fondamental de l'égalité.

Cette année, une douzaine d'États contrôlés par des républicains ont adopté des projets de loi similaires, en invoquant les allégations, sans fondement, de fraudes électorales massives martelées par l'ex-président Donald Trump après la présidentielle de novembre dernier. Lui et ses alliés avaient pourtant essuyé des dizaines de revers devant les tribunaux.

Les républicains disent vouloir assurer l'intégrité du processus électoral, mais les démocrates dénoncent plutôt une manœuvre électoraliste.

Faire pression sur le Congrès

Les élus locaux espèrent faire pression sur le Congrès, qui n'est pas parvenu à adopter la réforme électorale proposée par les démocrates, qui prévoyait notamment d'élargir les possibilités de s'inscrire sur les listes électorales, d'obliger les États à permettre le vote par anticipation et d'exiger plus de transparence sur les financements de campagne.

En juin dernier, les républicains se sont opposés à l'ouverture même des débats sur le vaste projet démocrate, renvoyant, pour l'instant au moins, ce texte aux oubliettes.

Ce n'est pas la première fois que les démocrates quittent le Texas dans l'espoir de bloquer une initiative électorale républicaine. Il y a deux décennies, leur stratégie s'était révélée infructueuse.

En 2003, ils avaient également boycotté en bloc les travaux de la Chambre afin de tenter d'empêcher leurs adversaires de redessiner la carte électorale à leur avantage. Les républicains avaient déployé les agents du corps de police de l'État pour les faire revenir, mais les démocrates avaient déjà fui en Oklahoma.

Avec les informations de Associated Press, et New York Times

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