•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ONU présente 21 objectifs pour protéger la biodiversité

Un papillon se pose sur une fleur.

La Convention de l'ONU sur la biodiversité biologique a dévoilé les 21 objectifs qu'elle veut faire adopter en octobre.

Photo : afp via getty images / Roslan Rahman

Agence France-Presse

Après des mois de discussions en ligne, une ébauche de texte pour mieux protéger la nature à l'échelle internationale est dévoilée lundi. Ce document doit être négocié en octobre à la Convention de l'ONU sur la biodiversité biologique (CBD), qui pourrait toutefois connaître un nouveau report.

La Convention travaille à l'adoption d'un vaste plan pour vivre en harmonie avec la nature à l'horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030.

Le temps presse : un million d'espèces animales et végétales pourraient disparaître et la mauvaise santé des écosystèmes menace les hommes. Malgré cette urgence, les États n'ont pas tenu leurs engagements pour inverser la tendance sur la décennie 2010-2020.

Pourtant, la crise sanitaire de la COVID-19 souligne l'importance de la biodiversité, a rappelé la secrétaire administrative de la Convention, Elizabeth Maruma Mrema, lors d'une conférence de presse. La protection de la nature est vue comme un rempart efficace contre l'émergence de nouveaux coronavirus.

Les nouveaux engagements pour 2020-2030 auraient dû être négociés à Kunming, en Chine, lors de la COP15 biodiversité en octobre 2020, mais la pandémie en a voulu autrement. La réunion a été décalée d'un an et pourrait encore être ajournée à 2022, selon des sources proches du dossier.

Ce document comporte 21 cibles à atteindre en 2030 pour réduire les menaces pesant sur la biodiversité, répondre aux besoins des populations à travers une gestion durable et équitable des ressources naturelles, et donner des outils pour effectivement mettre en place ces mesures.

C'est une bonne surprise, une amélioration par rapport aux versions précédentes du texte, commente Aleksandar Randovic du groupe de réflexion IDDRI.

Si cette ébauche survit aux négociations, le monde aura un plan solide pour agir pour la biodiversité, renchérit Oscar Soria, du mouvement Avaaz.

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), en revanche, la version actuelle manque de l'ambition et de l'urgence nécessaires pour inverser la perte de la biodiversité.

Cette nouvelle mouture fait un progrès important en reconnaissant le rôle central que les peuples autochtones et les communautés locales doivent jouer pour la protection et la gestion de la nature, estime Brian O'Donnell, de Campaign for Nature, dans un communiqué.

Réduire l'épandage d'engrais et de pesticides

Une des cibles proposées pour mieux protéger la nature est de s'assurer qu'au moins 30 % des espaces terrestres et des espaces maritimes au niveau mondial [...] sont conservés à travers [...] des systèmes d'aires protégées et d'autres mesures de protection.

Un autre objectif vise à abaisser la pollution à des niveaux qui ne soient pas dommageables pour la nature et la santé humaine, en particulier en réduisant l’épandage d'engrais dans l'environnement d'au moins 50 % et l’épandage de pesticides d'au moins deux tiers, ainsi qu’en diminuant la pollution par le plastique.

Cette formulation tient compte des disparités à l'échelle mondiale, avec des régions comme l'Europe ou la Chine où les engrais et les pesticides sont utilisés en excès, quand d'autres sont déficitaires, explique Aleksandar Rankovic.

La CBD entend contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 10 gigatonnes d'équivalent CO2 par an, tout en veillant à ce que la lutte contre le changement climatique n'ait pas d'impacts négatifs sur la biodiversité.

Le texte aborde aussi la question des financements. Les subventions néfastes pour l'environnement devraient être réduites d'au moins 500 milliards de dollars par an, affirme-t-il.

Parallèlement, les financements en faveur de la biodiversité doivent augmenter à au moins 200 milliards de dollars par an, avec une orientation d'une partie des fonds vers les pays en développement.

La partie finale du texte présente de grands principes pour la mise en oeuvre effective des mesures proposées, pour éviter qu'elles ne restent des voeux pieux.

Cette section du texte est très faible, regrette Guido Broekhoven de WWF. Pour Aleksandar Randovic, ce volet doit encore être développé, ce sera l'objet des prochaines discussions, qui se tiendront en ligne à la fin d'août.

Sur ce point, il y a un désir d'un système bien plus robuste, a souligné Basile van Havre, un des coprésidents des négociations, lors de la conférence de presse.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !