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Pénurie de personnel : des infirmières de l'hôpital de Trois-Rivières sonnent l’alarme

Une professionnelle de la santé est appuyée contre un mur dans un couloir d'hôpital.

Les infirmières de l'hôpital de Trois-Rivières sont à bout de souffle et craignent des bris de services.

Photo : iStock

Radio-Canada

Faute de personnel en nombre suffisant, les infirmières du département de médecine familiale de l'hôpital de Trois-Rivières sonnent l’alarme.

Le manque de personnel est tel que 40 % des quarts de travail de la fin de semaine dernière ont dû être effectués en heures supplémentaires volontaires ou obligatoires, c'est-à-dire 29 quarts sur les 74 possibles, selon les données compilées par l'équipe d'infirmières du département, Seulement quatre infirmières du département n'ont pas eu à faire d’heures supplémentaires lors de cette période.

Ces infirmières qui prodiguent des soins à 70 patients sur deux étages de l’établissement trifluvien sont à bout de souffle et craignent des bris de services.

C’est inconcevable de faire des temps supplémentaires deux fois dans la même semaine, dans le même week-end. [...] Vendredi, j’ai fait un TSO, un temps supplémentaire obligatoire, mais j’avais déjà, dimanche, un [temps supplémentaire] de prévu pour dépanner, parce qu’ils me l’avaient demandé. J’ai une collègue, elle a fait vendredi, samedi, deux temps supplémentaires obligatoires, raconte Sophie Cossette, infirmière auxiliaire.

On ne peut pas se permettre de travailler 36 heures en deux jours et être à notre pleine capacité. Ça peut être dangereux pour les patients, poursuit-elle, tout en admettant que les conditions de travail ne font qu’empirer depuis son arrivée dans la profession, il y a 10 ans.

À l’heure actuelle, 37 postes ne sont pas comblés au sein de l’équipe et 5 d’entre eux ont été affichés, mais n’ont pas été pourvus. Une vingtaine de postes ont trouvé preneur. Toutefois, les détenteurs n'ont pas encore été transférés.

Les heures supplémentaires entraînent de l'épuisement et affectent le climat de travail sur le département.

Le climat est rendu difficile. Les gens sont épuisés. Ce sont tous des parents, des gens qui sont responsables d’une famille ou qui ont d’autres obligations à l’extérieur. Donc, ça vient que c’est très lourd. , avoue Jessica Laquerre, adjointe à l'infirmière-chef.

Mme Laquerre explique également que, lors des périodes où de nouveaux postes sont affichés, d’importantes vagues de départ s’ensuivent. Ces départs inquiètent les infirmières qui craignent de se retrouver seules, devant la pandémie.

On a l’impression que le bateau est en train de couler et qu’on est toutes seules à continuer à ramer.

Une citation de :Jessica Laquerre, adjointe à l'infirmière-chef à l'hôpital de Trois-Rivières

Avec le début de la période des vacances, Mme Laquerre ne voit pas comment la situation peut s’améliorer. Elle sent déjà une détresse au sein du personnel.

On s’imagine mal bien passer à travers fin juillet, tout le mois d’août aussi.

Le CIUSSS conscient du défi de la main d'œuvre

Le Centre intégré universitaire de santé et service sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) reconnaît que l’équipe de médecine familiale du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) connaît, comme plusieurs autres secteurs de l'organisation, un défi de main-d’œuvre.

La direction dit demeurer ouverte à la discussion avec les partenaires syndicaux pour explorer des pistes de solutions.

Elle précise que la situation, déjà précaire, a été accentuée par la pandémie et que malgré une année record avec plus de 6000 embauches, le défi est toujours présent.

Les dirigeants du CIUSSS MCQ disent mettre tout en œuvre pour recruter du personnel et éviter le temps supplémentaire obligatoire.

Avec les informations d’Amélie Desmarais

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