•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D’autres déboires pour Maskicom

Le logo de Maskicom.net sur un véhicule.

Maskicom est une organisation à but non lucratif (OBNL) chargée de brancher 5000 foyers répartis dans les 17 municipalités de la MRC de Maskinongé.

Photo : Radio-Canada

Un sous-traitant de Maskicom, Branchez-nous, n’a pas été payé depuis le 15 mai dernier. L’entreprise, qui est responsable du branchement des résidences et du service à la clientèle, s’inquiète de devoir cesser ses activités et laisser les clients de Maskicom sans soutien au cours des prochains jours.

L’OBNL a affirmé à Branchez-nous, pour expliquer le retard de paiement, que le gouvernement n’avait pas versé les sommes prévues.

Maskicom n’a pas voulu, depuis plusieurs mois, réinvestir les montants d’argent nécessaires pour assurer la pérennité de Maskicom. Il y a des montants dus [des gouvernements] qui ne sont pas payés, c’est dû au fait que Maskicom ne donne pas l’impression au gouvernement fédéral et provincial qu’ils vont être en mesure de finir le projet, affirme le président de Branchez-nous, Normand Richard.

Les retards de déploiement de la fibre optique dans la MRC de Maskinongé s’accumulent. Les difficultés d’obtention des permis pour les poteaux, la pandémie, puis le conflit avec Madysta ont freiné les revenus de l’entreprise. Alors que le réseau aurait dû être finalisé en mars dernier, Maskicom compte environ 800 abonnés sur les quelque 3000 prévus.

Maskicom n’a pas voulu commenter la situation. Alors qu'un autre paiement est dû à Branchez-nous au cours des prochains jours, Normand Richard s’inquiète pour le service rendu aux clients. Si on ne me paie pas, je vais arrêter mes opérations. En arrêtant mes opérations, ça va arrêter le service; il n’y a plus de pilote dans l'avion, affirme-t-il. Il assure que son entreprise va tout de même poursuivre les opérations aussi longtemps que possible.

Une entreprise tierce s’implique dans le dossier

Inquiet de devoir mettre la clé sous la porte de son entreprise, Normand Richard a contacté le député caquiste d’Orford, Gilles Bélanger, également adjoint parlementaire du premier ministre pour le volet Internet et connectivité nationale. Ce dernier aurait assuré au président de Branchez-nous qu’une solution serait trouvée.

Le 5 juillet, c’est la directrice générale de Cooptel, Marie-Ève Rocheleau, une coopérative de Valcourt, en Estrie, œuvrant dans le secteur des télécommunications, qui a contacté Normand Richard pour trouver une entente.

Pendant l’appel, dont nous avons pu écouter un enregistrement, M. Richard demande à plusieurs reprises quel est le rôle de Cooptel. Mme Rocheleau lui répond que son rôle est de trouver une entente pour les sommes dues, puisque Maskicom n’a pas les reins financiers.

Elle ajoute que Maskicom allait faire faillite et que faute d'entente, Branchez-Nous allait tout perdre. La directrice générale de Cooptel a refusé de commenter.

Or, le contrat de Branchez-nous avec Maskicom devait normalement se terminer 5 ans après la fin de la mise en place du réseau. Lorsque Normand Richard déclare à son interlocutrice qu’il souhaite obtenir toutes les sommes dues pour ce contrat, Mme Rocheleau lui répond : Ça ne se fera pas. Ça n’arrivera pas.

Objectif : septembre 2022

Le gouvernement provincial vise à ce que tous les Québécois soient branchés à l'Internet haute vitesse d’ici septembre 2022. On jugeait que, dans le cas de Maskicom, ces objectifs ne pourraient pas être atteints, affirme le député responsable de la connexion.

M. Bélanger affirme que le dossier est entre les mains des fonctionnaires, et que Cooptel n’était pas la seule entreprise en compétition. Les budgets ont été approuvés au conseil des ministres. Maintenant, il y a un contrat qui va être établi avec une entreprise qui a été choisie, explique Gilles Bélanger. Il affirme qu’une annonce sera faite au cours des prochaines semaines.

S’il concède qu’il est possible que la gouvernance d’une autre entreprise puisse aider à mener à bien le projet, Normand Richard ne comprend pas pourquoi son contrat ne serait pas honoré. Branchez-nous n’est pas en défaut. Branchez-nous a respecté ses engagements contractuels à l’égard de la MRC et de Maskicom, assure-t-il; il en veut pour preuve que les centaines de clients sont satisfaits du service, selon lui.

Le président de l’entreprise souhaite que le projet d'installation de fibre optique demeure entre les mains de Maskicom, puisqu’il estime que les revenus seront importants pour la MRC de Maskinongé une fois tous les abonnés branchés. Une affirmation à laquelle n’adhère pas Gilles Bélanger. Le député estime que les revenus que les entreprises ont fait miroiter aux MRC ont été surestimés.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !