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Le maire de Saint-Narcisse veut éviter la démolition du barrage

Le barrage en été.

Le reportage de Julie Grenon

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Le maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, déplore la décision d’Hydro-Québec de fermer et de démanteler le barrage dans sa municipalité. Il souhaite qu’un autre projet voie le jour dans ces installations, afin d’éviter leur démolition. Hydro-Québec qualifie toutefois sa décision d'« irrévocable ».

La société d’État a annoncé vendredi sa décision de mettre fin à la production d’électricité à ce barrage situé sur la rivière Batiscan. Elle a indiqué que les coûts de la remise en état sécuritaire du barrage et à la réfection de la centrale, dont la capacité de production est limitée à 15 mégawatts, s’élèveraient à environ 180 millions de dollars.

Je pense que c’est plus une décision comptable qu’un état de désuétude complet qui amène Hydro-Québec à prendre cette décision-là, a déclaré le maire en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Guy Veillette croit que le barrage est encore en assez bon état pour être repris par une autre organisation. Il aimerait que la production d’électricité se poursuive, mais que les profits servent à des fins communautaires.

« C’est un élément de notre patrimoine énergétique au Québec. Le Québec s’est bâti sur des petites centrales; celle de Saint-Narcisse est l’une des premières à avoir transporté de l’électricité. »

— Une citation de  Guy Veillette, maire de Saint-Narcisse
Le maire au micro de Radio-Canada devant le barrage de Saint-Narcisse.

Le reportage de Julie Grenon.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Le maire dit avoir un partenaire sérieux pour maintenir le barrage en vie. Il ne souhaite toutefois pas dévoiler l’identité de ce possible partenaire.

Je ne peux pas le mentionner, parce qu’on n’a pas d’entente signée avec eux, mais ce sont des gens qui sont actifs actuellement dans la production énergétique, soutient-il. C’est une société qui a les moyens financiers et techniques pour réaliser un projet comme celui-là, qui a pris les démarches pour venir voir les équipements en place et, selon eux, il y a un plan d’affaire à considérer.

Guy Veillette aimerait avoir le temps de présenter un projet de remplacement à Hydro-Québec. Je souhaite qu’il y ait un revirement, surtout du côté politique, a-t-il déclaré.

« J’aurais besoin d’un moratoire sur le démantèlement pour qu’on prenne le temps d’évaluer à savoir si on a un dossier solide. »

— Une citation de  Guy Veillette, maire de Saint-Narcisse
La centrale et le barrage sur la rivière.

La centrale et le barrage hydroélectriques sur la rivière Batiscan, à Saint-Narcisse (archives)

Photo : Radio-Canada

La Municipalité a demandé à voir les études qui ont mené Hydro-Québec à prendre cette décision, ce qui lui a été refusé. Elle a récemment entamé une démarche en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le maire a aussi discuté de ce dossier avec la députée de Champlain, Sonia LeBel. Par voie de communiqué, la présidente du Conseil du trésor répond qu'elle estime que les enjeux dans ce dossier sont complexes et requièrent une grande connaissance du milieu hydroélectrique pour être traités adéquatement. C’est pourquoi les discussions doivent se faire avec les représentants d’Hydro-Québec. La députée caquiste ajoute que son équipe est disponible pour faciliter les échanges.

Hydro-Québec persiste et signe

Le responsable des relations médias chez Hydro-Québec, Francis Labbé, affirme que la société d’État ne peut pas vendre le barrage à une entreprise privée ou même à une municipalité.

Hydro-Québec, selon la loi qui la constitue, ne peut pas se départir d’un actif dont on n’a plus besoin, le céder à un partenaire privé et, ensuite, devoir s’engager à en racheter la production, a-t-il expliqué au micro de Toujours le matin.

Il ajoute qu’Hydro-Québec n’a pas besoin de l’énergie produite à la centrale de Saint-Narcisse.

Sa configuration fait en sorte qu’elle produit de la façon la plus intense et la plus efficace au printemps, et ça, c’est le moment de l’année où on en a le moins besoin, parce que toutes les rivières sont gonflées avec la crue printanière, affirme le porte-parole. Il précise qu’il n’est pas possible d’emmagasiner l’énergie produite par cette centrale.

« C’est au moment de l'année où on en a le moins besoin que cette centrale-là est la plus productive. »

— Une citation de  Francis Labbé, relations avec les médias chez Hydro-Québec
Le barrage sur la rivière.

Barrage hydroélectrique sur la rivière Batiscan, à Saint-Narcisse (archives)

Photo : Radio-Canada

Francis Labbé rappelle que la production a été interrompue en 2018, puisqu’il y avait des réfections coûteuses à faire. Ça fait maintenant près de trois ans qu’on a pris l’électricité d’ailleurs pour alimenter les gens ou les entreprises qui pouvaient être desservies par cette centrale-là, dit-il.

« Comme il faut investir 180 millions, ce n’était pas un investissement qui était jugé judicieux par nos équipes. »

— Une citation de  Francis Labbé, relations avec les médias chez Hydro-Québec

Afin de remettre cette centrale en fonction, des travaux devraient notamment être effectués aux évacuateurs de crue et aux turbines.

Le barrage de Saint-Narcisse a été construit il y a près de 100 ans.

Hydro-Québec précise que la passerelle qui permet d'aller d’une rive à l’autre ne lui appartient pas.

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