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Pénurie de main-d'oeuvre : les 10 solutions du Conseil du patronat

Tableau avec plusieurs feuilles contenant des offres d'emploi.

Les offres d'emploi, en contexte de pénurie de main-d'oeuvre, pullulent.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

La Presse canadienne

Le Conseil du patronat (CPQ) revient à la charge avec 10 solutions pour alléger les problèmes de rareté de main-d'oeuvre, en redemandant de hausser les seuils d'immigration et de ne pas poser de minimum de revenu pour pouvoir être accepté et travailler au Québec. Et il veut aussi que l'on accroisse le nombre de personnes de 60 à 69 ans qui restent au travail.

À la fin du premier trimestre de 2021, 181 000 postes étaient vacants au Québec. Au dernier trimestre de 2020, c'était 150 000.

La rareté de main-d'oeuvre continue de s'aggraver, a estimé le président et chef de la direction du CPQ, Karl Blackburn, en entrevue avec La Presse canadienne, dans le cadre de la publication d'un document du CPQ sur ses 10 solutions à cette pénurie.

Immigration

Sur l'incontournable question des seuils d'immigration, M. Blackburn réitère qu'il faut que ces seuils soient rapidement relevés pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre.

Il note que, depuis 2015, le nombre d'immigrants admis n'a jamais dépassé 53 000. Or, selon lui, les besoins sont de 64 000 .

Il assure que les employeurs ne veulent pas du cheap labour, qu'ils ont certes besoin de travailleurs dans l'agriculture et la transformation alimentaire, où les salaires sont effectivement moindres, mais aussi dans la santé, l'éducation et les technologies de l'information, où les salaires sont plus élevés.

Il faut éviter de catégoriser un bon emploi d'un emploi moins bon, lance M. Blackburn.

Le premier ministre François Legault avait déjà évoqué un salaire plancher de 56 000 $ pour qu'il soit avantageux de faire venir un immigrant au Québec, dans le but d'y hausser le salaire moyen. Sous ce seuil de 56 000 $, il disait empirer le problème.

Le Conseil du patronat s'y oppose. Il soutient que le critère salarial ne doit pas être considéré comme une limite à l'entrée.

Il faut de tous les types d'emplois pour faire une reprise économique. Se limiter aux seuls hauts salariés, ça viendrait ralentir la relance économique dans laquelle on veut s'inscrire, plaide M. Blackburn.

Karl Blackburn

Le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn

Photo : Radio-Canada/Lisa-Marie Fleurent

Les 60-69 ans

Parmi ses autres solutions pour alléger la rareté de main-d'oeuvre, le CPQ propose de garder plus longtemps au travail les 60-69 ans.

Le Québec affiche un écart avec l'Ontario à ce chapitre. Ça nous ferait 75 000 travailleurs de plus, souligne M. Blackburn.

Pour y parvenir, il conseille au gouvernement de hausser le crédit d'impôt pour prolongation de carrière à 20 000 $ et de réviser les règles de cotisation au Régime des rentes du Québec pour les travailleurs de 60 ans et plus.

Formation en entreprise

Beaucoup peut aussi être fait en matière de formation. Le CPQ affirme que 30 % des employeurs sont prêts à former eux-mêmes leurs ressources humaines s'ils bénéficient d'un soutien financier. Il s'agirait par exemple de bonifier le remboursement du salaire d'un travailleur qui doit rehausser ses compétences, acquérir d'autres connaissances, jusqu'à hauteur de 75 %, suggère le CPQ.

Les jeunes

M. Blackburn plaide également pour le retour en emploi des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni aux études. Cela pourrait se faire en faisant preuve de flexibilité, d'agilité dans la conception des programmes et des mesures de retour au travail ou de retour aux études, en formant notamment de plus petites cohortes.

Le président du CPQ affirme qu'il n'y a pas de baguette magique et qu'une seule solution ne suffira pas pour régler le problème de rareté de main-d'oeuvre.

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