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Inquiétude autour de la présence de l’achigan à petite bouche dans les cours d'eau

Un achigan à petite bouche

La présence confirmée de l'achigan à petite bouche dans le sud-ouest de la rivière Miramichi la semaine dernière déclenche un branle-bas de combat chez des groupes de conservation.

Photo : US Fish and Wildlife Service

Radio-Canada

L'achigan à petite bouche a récemment été pêché dans la rivière Saguenay, près de la Petite Décharge. Ce poisson envahissant présent dans les eaux de la région sème l'inquiétude auprès des biologistes, car il pourrait mettre en danger la ouananiche et les autres espèces présentes dans le lac Saint-Jean.

En 2015, on notait déjà la présence de l’achigan à petite bouche dans le lac des Habitants à Lamarche.

Cette espèce-là n'est pas arrivée comme par magie, il [ l’achigan ] n'est pas arrivé par lui-même, c'est impossible. C'est vraiment par la main d'homme, y'a des gens qui l'ont introduit volontairement ou involontairement, dénonce la biologiste du Ministère des forêts, de la faune et des parcs, responsable des eaux intérieurs, Amélie Bérubé.

La biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Amélie Bérubé

La biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Amélie Bérubé

Photo : Radio-Canada

Pourquoi l’achigan préoccupe ?

L'introduction de l'achigan à petite bouche dans le lac Saint-Jean comporte son lot de risques auprès de la ouananiche et du doré.

Ils seraient obligés de partager son assiette avec l'achigan et son assiette c'est l'éperlan, les poissons fourrages du lac Saint-Jean. Et au Lac-Saint-Jean c'est notre maillon faible, l'alimentation. Si il faut qu'il partage son assiette son abondance va diminuer c'est certain, assure Karine Gagnon qui est biologiste au Ministère des forêts, de la faune et des parcs et responsable du lac Saint-Jean et de la rivière Saguenay.

Selon elle, l’espèce pourrait être nocive pour la ouananiche dans le lac Saint-Jean mais également pour toutes les autres espèces présentes naturellement dans les cours d’eau de la région.

Ça peut avoir un impact sur les autres espèces, comme la truite de mer, parce que c'est un secteur pour la truite de mer qui est utilisé comme un refuge hivernal et elle va devoir cohabiter avec l'achigan durant l'hiver. Il y a des risques de prédation.

Marc Archer en colère

Le fait que cette espèce ait été introduite dans la région par l'humain dérange beaucoup le directeur de la Corporation LACtitvité Pêche, Marc Archer.

En fait, ce qui s'est passé au lac des Habitants et ce qui pourrait survenir au lac Saint-Jean, ça relève quasiment du crime écologique, quand on pense à toutes les conséquences et toutes les répercussions biologiques, écologiques, socio-économiques, c'est carrément un crime écologique, dit-il.

La corporation LACtivité Pêche a investi 600 000 $ dans les frayères d'éperlans pour augmenter le nombre de ouananiches, dans les dernières années. L'arrivée de l'achigan pourrait défaire les efforts.

Si l'achigan rentre au lac on perd tout ça. On va ruiner tous ces efforts-là et ces investissement-là, déplore-t-il.

Si l’espèce parvient à s’introduire dans le lac Saint-Jean, il sera difficile de la contrôler selon Amélie Bérubé.

C'est rarement circonscrit, parce que même si on pense l'introduire dans un petit plan d'eau, il y a de fortes chances que l'espèce se propage dans d'autres milieux, par les cours d'eau. Souvent, quand il y a une introduction, ça va s'éparpiller un peu partout.

Les biologistes rappellent aux pêcheurs qu'il est interdit de déplacer des espèces d'un milieu à un autre.

Ils encouragent d'ailleurs le nettoyage des embarcations après chaque utilisation pour éviter la contamination.

Selon un reportage de Kenza Chafik.

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