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Pensionnats : un prêtre critique l’Église catholique pour promesses non tenues 

André Poilièvre debout et à l'arrière-plan un bâtiment flou.

Le prêtre catholique de Saskatoon André Poilièvre juge « scandaleux et honteux » le fait que l'Église manque à ses obligations financières à l'égard des survivants des pensionnats autochtones.

Photo :  CBC / Don Somers

Radio-Canada

Un prêtre catholique de la Saskatchewan déplore le fait que l’Église catholique n’ait pu jusqu’à maintenant honorer sa promesse de 25 millions de dollars à l'égard des survivants des pensionnats pour Autochtones.

C'est scandaleux, vraiment honteux, réagit André Poilièvre, prêtre de Saskatoon à la retraite et récipiendaire de l'Ordre du Canada.

L'une des promesses de l'Église catholique dans la Convention de règlement relative aux pensionnats pour Autochtones de 2005 était de recueillir 25 millions de dollars pour les survivants.

Dix ans plus tard, plus de 21 millions de dollars n'ont toujours pas été versés, même si le gouvernement fédéral a toujours pressé l'Église de payer. 

L'équipe juridique de l'Église catholique a présenté devant le tribunal la clause de l’effort affirmant que l'église avait fait de son mieux. Le 16 juillet 2015, un juge a donné raison à l'Église et l'a libérée de son obligation légale.

L'abbé André Poilièvre s'est dit dégoûté par le maigre effort de collecte de fonds de l'Église et dénonce les manœuvres juridiques contraires à l'éthique pour s'en sortir.

Il soutient que dans le même temps plus de 290 millions de dollars ont été engagés dans la construction de cathédrales et d'églises au Canada pendant cette période.

C'est pitoyable, déclare-t-il. Je pense que l'argent devrait être dépensé pour les gens d'abord, et les bâtiments et les cathédrales en dernier.

Cette semaine, les cinq évêques de la Saskatchewan ont relancé la collecte de fonds locaux pour les survivants.

Le prêtre Poilièvre se réjouit de cette volonté affirmée, même si cela a pris selon lui trop de temps.

En observant que des dizaines d'autres évêques à travers le Canada sont restés silencieux cette semaine sur la question de l'argent, il en appelle à la responsabilité de l’Église. 

En tant qu'Église catholique, nous étions responsables. Nous avons besoin d'une réponse collective au sein de l’Église catholique, suggère-t-il Nous étions complices du gouvernement dans la conception, la mise en œuvre et la gestion de ces écoles, poursuit-il. 

L’ancien avocat principal de la Commission de vérité et réconciliation, Thomas McMahon explique que la structure de l’Église catholique n’a pas aidé l'avancement du dossier.

L'Église catholique s'est organisée délibérément de cette façon pour éviter sa responsabilité, dit-il.

Selon lui, l'Église catholique a engagé un très grand nombre d'avocats à chaque étape, que ce soit pour l'indemnisation des survivants ou pour une simple demande de documents. Il ajoute qu’aucun autre groupe religieux n'a agi de cette manière.

Il est évident qu'il s'agissait d'une stratégie, note-t-il.

Un lien fort avec les Autochtones 

L'abbé André Polièvre, 85 ans, connaît très bien l’impact des pensionnats sur les familles autochtones. En 1978, frustré par la façon dont l'Église et la société traitaient les Autochtones, il a jeté sa soutane de prêtre et a déménagé à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. 

Il a ensuite travaillé pour des entreprises coopératives dans plus de 30 communautés indigènes.

Je voulais apprendre, et ils m'ont appris tellement de choses , dit Poilièvre.

Je ne suis pas Autochtone, mais pour être honnête, je m'identifie davantage aux Autochtones qu'à l'Église.

Une citation de :André Poilièvre, prêtre catholique de Saskatoon à la retraite

Six ans plus tard, il est retourné à Saskatoon et a repris son travail de prêtre, mais a il insisté pour que tout le monde l'appelle uniquement par son prénom.

Depuis des décennies, il travaille aux côtés de détenus et d'anciens membres de gangs par le biais de l'organisme STR8 UP qu'il a fondé.

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a refusé une demande d'entrevue de CBC. Un fonctionnaire a déclaré n’avoir aucune autorisation de parler au nom des évêques.

Avec les informations de Jason Warick

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