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Écart de vaccination chez les jeunes adultes de l’Outaouais et de l’est ontarien

Des gens font la file devant un autobus stationné.

Le Vaccibus se rend dans les endroits fréquentés par les plus jeunes pour les convaincre de se faire vacciner (archives).

Photo : Radio-Canada / Félix Desroches

L’Outaouais et l’est ontarien enregistrent un écart dans leur couverture vaccinale chez les jeunes adultes, comparativement aux autres tranches d’âge. Les deux régions ont même mis en place des incitatifs pour tenter de convaincre ces derniers de se faire vacciner.

L’Outaouais traîne de la patte

Si les jeunes ne viennent pas en nombre escompté aux cliniques de vaccination, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais tente alors d’emmener celles-ci jusqu’à eux, avec entre autres le Vaccibus.

Parcs, plages et quartiers fréquentés par les jeunes de 18 à 25 ans, comme le Vieux-Hull, vendredi, font partie des endroits qui sont dans la mire de la santé publique régionale pour rejoindre cette tranche d’âge.

Couverture vaccinale en Outaouais (au moins une dose) :

  • 12-17 ans : 68 % (Québec : 71 %)

  • 18-24 ans : 65 % (Québec : 70 %)

  • 25-29 ans : 57 % (Québec : 66 %)

Source : CISSS de l’Outaouais, 7 juillet 2021

Selon la directrice de la campagne de vaccination en Outaouais, Nency Héroux, l’objectif à l’heure actuelle consiste surtout à injecter des premières doses de vaccin dans les bras de la population.

Vous savez que l’Outaouais traîne de la patte, un peu. On est à peu près à 4,5 % d’écart avec le reste du Québec. On s’est rendu à 5 %, on voit que ça réduit et j’espère que cela va se poursuivre, lance-t-elle.

Pourquoi c’est plus ici? C’est une bonne question. Je pense que c’est d’abord des décisions individuelles. La question est à poser aux gens [...], parce qu’en termes d’offre de services, je pense qu’on est au rendez-vous.

Une citation de :Nency Héroux, directrice de la campagne de vaccination en Outaouais

Bénévole au Vaccibus, Marcel Boudrias dit entendre, sur le terrain, que le manque de temps est la raison la plus souvent évoquée par les jeunes pour expliquer pourquoi ils ne se font pas vacciner. À partir du moment où [les jeunes] ont leurs 10 minutes que ça prend, leurs 15 minutes, ils viennent le faire.

Sophie Meunier-Ménard, 28 ans, s’est rendue au Vaccibus dans le Vieux-Hull, vendredi, pour recevoir une dose de vaccin contre la COVID-19.

Je n’étais pas très fervente à l’idée de me faire vacciner, mais je dirais que la plupart des gens dans mon entourage se sont fait vacciner, ça a bien été, puis ça rassure aussi les gens qui tiennent à moi, explique-t-elle.

Elle estime que son groupe d’âge pourrait être moins porté à se faire vacciner peut-être parce qu’on on est jeunes et en santé, donc ça nous inquiète un peu moins au niveau de la COVID [et] on se dit, on peut l’attraper et passer au travers. C’était un peu mon idée avant de venir, mais vaut mieux ne pas prendre de chance.

Afin d'encourager les plus jeunes à se faire vacciner, l’organisme Vision centre-ville de Gatineau était sur place, alors que le Vaccibus était dans le Vieux-Hull, pour distribuer des coupons pour un tirage de certificats-cadeaux à dépenser chez des commerçants du quartier qui sont très prisés par les 18 à 24 ans.

On souhaite encourager la tranche d’âge qui semble prendre du retard, un peu, au niveau de la campagne de vaccination, explique Stéphanie Ricard, agente de communication chez Vision centre-ville Gatineau.

Un sentiment d'invincibilité aussi présent dans l’est ontarien

Il n’y a pas que les jeunes de 18 à 39 ans de l’Outaouais qui semblent être réticents à la vaccination. Dans l’est ontarien, 52 % des 12 à 17 ans sont vaccinés, alors ce taux s’élève à 54 % chez les personnes de 18 à 29 ans.

Lundi, le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO), le Dr Paul Roumeliotis, a d’ailleurs exhorté les moins de 30 ans à se faire vacciner. Je vous en prie, s’il vous plaît, si vous tombez dans cette catégorie d’âge, allez vous faire vacciner, avait-il dit.

Couverture vaccinale en Ontario (au moins une dose) :

Dans l'est ontarien (en date du 9 juillet)

  • 12-17 ans : 53,3 % (Ontario, 12-17 ans : 59,6 %)

  • 18-29 ans : 55,6 % (Ontario, 18-29 ans : 67,3 %)

Ottawa (en date du 9 juillet)

  • 12-17 ans : 78 % (Ontario, 12-17 ans : 59,6 %)

  • 18-29 ans : 68 % (Ontario, 18-29 ans : 67,3 %)

Source : Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO), données ouvertes de la Ville d’Ottawa, gouvernement de l’Ontario

En entrevue à ICI Ottawa-Gatineau, vendredi, le Dr Roumeliotis dit avoir deux hypothèses pour expliquer pourquoi les jeunes pourraient ne pas se sentir interpellés par la vaccination contre la COVID-19.

Premièrement, les jeunes, surtout les adolescents, prennent des risques. Ça, c’est une partie normale de leur développement à mon avis. Deuxièmement, je pense qu’ils se voient comme invulnérables [à la COVID-19], avance-t-il.

Le Dr Roumeliotis affirme que, bien que les jeunes soient effectivement moins vulnérables que les aînés face au virus, ça ne veut pas dire qu'ils n’ont pas de complications de la COVID-19. Donc c’est pour ça qu’il faut voir plus que les statistiques, dit-il.

Il croit que les jeunes nécessitent le vaccin contre la COVID-19, non seulement pour se protéger eux-mêmes, mais aussi pour protéger leurs proches et les personnes qu’ils côtoient.

Avec les informations de Nafi Alibert, Denis Babin et Émilie Bergeron

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