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Sécurité dans les scieries: recul des pratiques risquées

Un camion chargé de bois d'oeuvre passe devant une énorme déchiqueteuse qui éjecte des copeaux de bois.

La scierie de J.D. Irving à Sussex (archives).

Photo : CBC

Pascal Raiche-Nogue

Les pratiques risquées dans une scierie d’Irving mises en lumière lors de l’enquête du coroner, plus tôt cette semaine, étaient répandues dans l'industrie il y a quelques années. Mais ce n’est plus le cas, selon des syndicalistes.

En février 2016, un travailleur est mort à la suite d’un accident à la scierie de J.D. Irving de Sussex. Il tentait de déloger un billot avec une barre de métal alors que le convoyeur était toujours en marche. L’appareil a propulsé la barre, qui l’a heurté à la tête.

Cette semaine, lors de l’enquête du coroner sur cet incident, des témoins ont dit que presque tous les employés de cette scierie avaient déjà essayé de déloger des billots sans mettre le convoyeur hors tension.

Cette pratique était monnaie courante dans l’industrie à l’époque, selon Ian Hutchison. Ce représentant syndical national chez Unifor représente les travailleurs de plusieurs scieries du Nouveau-Brunswick, dont celle de J.D. Irving à Sussex.

L’incident (de 2016) a vraiment braqué les projecteurs là-dessus. Ils n’y prêtaient pas trop attention par le passé, c’était une pratique répandue, dit-il.

Il rapporte que bon nombre de scieries néo-brunswickoises – du moins toutes celles dont il représente les travailleurs – ont adopté des mesures de sécurité beaucoup plus strictes.

Ils ferment l’équipement pour le réparer. Ils coupent l’alimentation de l’équipement lorsqu’ils veulent aligner une planche qui est croche. Avant, ils l’auraient replacée sans arrêter la machine, affirme-t-il.

Son collègue Mario Thériault, qui représente les travailleurs de quelques scieries dans le nord du Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens. La mise hors tension, aussi connue sous le nom de « tag and lock » dans l’industrie, est désormais imposée par les employeurs.

« Suite avec cet incident-là et d'autres incidents dans d'autres usines, bien les employeurs ont compris qu’il faut mettre de l'emphase sur la procédure de tag and lock », dit-il.

Le syndicat Unifor met aussi l’accent auprès de ses membres sur l’importance de cette technique, ajoute-t-il. Tout le monde veut rentrer travailler et retourner à la maison en un morceau, comme qu'on dit.

Système de primes: les scieries ont rajusté le tir

L’enquête du coroner a aussi mis en lumière sur une autre pratique qui porte à réflexion.

Un témoin a dit qu’en 2016, les employés de la scierie de J.D. Irving à Sussex touchaient une prime lorsque certains objectifs de production étaient atteints.

Le hic, c’est que si la chaîne était mise sur pause et que la production connaissait une baisse, tous les employés risquaient de ne pas toucher la prime en question.

Le témoin a dit que cela poussait certains travailleurs à courir sur des passerelles pour aller déloger des billots et à ne pas mettre la machinerie hors tension, puisque cela pouvait occasionner un ralentissement de la production.

Ian Hutchison rapporte que de telles primes étaient répandues dans l’industrie. Mais là aussi, les scieries ont rajusté le tir pour réduire les risques d’erreurs et d’accidents, selon lui.

Par le passé, il y avait beaucoup de primes basées seulement sur la production. Maintenant, la plupart des sites que j’ai ont développé une formule d’attribution balancée des primes. Ça veut dire que la production, la sécurité et la propreté sont pris en compte.

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