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Démocratiser les technologies de fabrication pour construire un meilleur futur

Le professeur de science et d'architecture Steven Beites avec un robot installé dans un atelier de l'École d'architecture McEwen.

Le professeur de sciences et d'architecture Steven Beites mène un projet de recherche dans lequel la collaboration avec la communauté est primordiale.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Une équipe multidisciplinaire de l’Université Laurentienne et de l’Université d’Ottawa a reçu des fonds pour mener à bien un projet de recherche visant à développer une plateforme robotisée facile d’utilisation permettant la fabrication d’objets et la construction de plus grandes structures.

Ce que nous essayons de faire maintenant, c'est de développer un robot parallèle entraîné par câble (RPEC), sur lequel vous pouvez installer une variété d'outils, explique le chercheur principal, Steven Beites, professeur à l’École d’architecture McEwen.

Ça peut-être une imprimante 3D, pour imprimer du béton ou de l’argile à grande échelle. Ça peut être un outil pour travailler le bois.

Une citation de :Steven Beites, professeur à l’École d’architecture McEwen

Nous travaillons également sur un dispositif de préhension sous vide qui permettrait de prendre et de placer des éléments pour assembler des constructions, ajoute M. Beites.

Un des volets importants du projet est la création d’une interface facilitant l’utilisation du robot, grâce aux connaissances du professeur de l'Université Laurentienne Blake Dotta, spécialiste des neurosciences comportementales.

L’interface pourrait notamment utiliser la réalité augmentée, des caméras qui suivent les mouvements des yeux et même les ondes cérébrales pour contrôler le robot.

Marc Arsenault, professeur à l’École d’ingénierie Bharti et spécialiste de ce genre de robot, affirme que le RPEC développé dans leur projet de recherche pourrait entre autres servir à construire des maisons dans des communautés autochtones isolées.

L’objectif a priori c’est de briser certaines barrières qui existent présentement pour les gens de ces communautés, qui rendent plus difficiles les activités de conception et de fabrication architecturale.

Une citation de :Marc Arsenault, professeur à l'École d'ingénierie Bharti, à l'Université Laurentienne

Il cite en exemple le coût des matériaux, plus élevé dans le Grand Nord de l’Ontario.

L'intérieur d'un domicile hautement endommagé.

La Première Nation de Cat Lake, dans le Grand Nord de l'Ontario, est l'une des nombreuses communautés aux prises avec une crise du logement.

Photo : Charlie Angus

C’est d’ailleurs pourquoi Reza Foruzanmehr, professeur adjoint à l’Université d’Ottawa et spécialiste des matériaux, s'est joint au projet.

Il va étudier les ressources disponibles dans le Nord de l’Ontario et l'utilisation de celles-ci, explique Steven Beites.

Décentraliser la production

Le professeur d’architecture estime que le projet a le potentiel de stimuler la créativité des entrepreneurs du Nord, et surtout de briser la dépendance aux ressources et installations industrielles du Sud de l’Ontario.

Le RPEC donnera les outils technologiques nécessaires pour réaliser leur vision, croit-il.

Steven Beites trace un parallèle avec la démocratisation de l’impression 3D depuis une dizaine d’années.

Il raconte que le premier brevet majeur relié à cette technologie a été partagé en 2009. Ce qui est arrivé, c’est ce que n’était plus seulement une pièce d’équipement industriel protégée par des brevets.

En devenant un système à code source ouvert, les gens ont pu "pirater" la conception de l'imprimante 3D, ce qui a vraiment accéléré l'évolution de cet équipement.

Une citation de :Steven Beites, professeur à l'École d'architecture McEwen

Inclure la communauté

Steven Beites explique que le projet vise avant tout à démocratiser la technologie en collaboration avec les communautés du Nord de l’Ontario.

Des membres de ces communautés seront les participants de l’étude, précise-t-il.

Le partage des connaissances est aussi un objectif clé du projet de recherche d’une durée de deux ans.

Des ateliers vont être organisés pour permettre à des membres de la communauté de manipuler la plateforme robotisée.

L'objectif étant de faire connaître les travaux qui se déroulent au sein de l'école d'architecture.

L'entrée de l'École d'architecture McEwen de l'Université Laurentienne.

Steven Beites estime que les travaux qui sont faits à l'intérieur de l'atelier de l'École d'architecture McEwen sont peu connus du grand public.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

On pourra déplacer cette technologie, qui ne sera plus réservée aux espaces industriels et aux laboratoires, note-t-il.

Les gens ne savent pas ce qui se trouve dans l’atelier de l’École d’architecture, ajoute Steven Beites, qui y œuvre depuis 5 ans.

Avec les informations de Nick Mongeon, et Frédéric Projean

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