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Décoloniser le savoir universitaire, un premier pas vers la réconciliation

Lana Ray pose devant un mur de briques.

La chercheuse Lana Ray est à la tête de la première chaire de recherche sur la décolonisation dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Lana Ray

Une première chaire de recherche sur la décolonisation voit le jour dans le Nord de l’Ontario. La création de ce nouvel espace, dédié à la recherche autochtone avec les peuples autochtones, est une étape nécessaire vers la réconciliation, selon sa titulaire de l’Université Lakehead, Lana Ray.

Il est urgent de créer des espaces sécuritaires pour que nous puissions exister, affirme Lana Ray, chercheuse ojibwée de la bande indienne de Red Rock, dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

La professeure adjointe en apprentissage autochtone estime que les universités ont la responsabilité de soutenir les peuples autochtones dans la réappropriation et la diffusion de leur savoir.

Jusqu’en 1961, la Loi sur les Indiens enlevait automatiquement le statut d’Indien aux Autochtones poursuivant des études universitaires. Les Autochtones ont commencé à se réapproprier leur savoir à l'université il n’y a qu’une cinquantaine d’années.

Un trottoir bordé d'arbres et de gazon menant à un bâtiment.

La nouvelle chaire de recherche a été créée à l'Université Lakehead le 1er juillet.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Les universités [canadiennes] se situent sur des territoires traditionnels, elles reçoivent de l’argent pour la recherche sur les Autochtones, il y a aussi eu de nombreux universitaires qui ont construit leur carrière en faisant des recherches sur les Autochtones. Je pense que nous sommes à un point où ce n'est vraiment plus acceptable [de ne pas laisser la place aux Autochtones], souligne Lana Ray.

Avec cette chaire de recherche sur la décolonisation à l’Université Lakehead, Lana Ray souhaite faire progresser et promouvoir les connaissances par et avec les Autochtones dans un espace sécuritaire.

Beaucoup de chercheurs autochtones se tournent vers la recherche pour guider leur communauté et celles d’autres peuples autochtones vers la souveraineté.

Une citation de :Lana Ray, professeure adjointe à l’Université Lakehead

Redonner à la communauté

Rendre le système de santé sécuritaire pour les Autochtones ou valoriser les compétences traditionnelles au sein du système éducatif sont quelques exemples des recherches menées par Lana Ray.

D’un point de vue autochtone, le savoir n’est pas compartimenté. Alors cette chaire de recherche sur la décolonisation est pour moi un moyen d’approcher le savoir d’une manière holistique, détaille-t-elle.

Celine Wick, assistante de recherche métisse, participe à plusieurs projets de recherche de cette nouvelle chaire, notamment sur la reconnaissance des compétences traditionnelles.

C’est une manière d'élargir la façon dont nous concevons les universités et les diplômes. Et avec un peu de chance, d'inclure plus de savoir et d'apprentissage autochtones dans des établissements principalement ou historiquement coloniaux comme les universités, explique-t-elle.

Celine Wick est la première de sa famille à aller à l’université. Il est d’autant plus important pour moi d'intégrer les valeurs et les préoccupations de ma nation dans la recherche. Il faut que les peuples autochtones occupent l’espace.

Nous pensons toujours à la façon dont les décisions que nous prenons maintenant ont un impact sur les sept prochaines générations et je pense que nous pouvons faire la même chose dans les espaces universitaires.

Une citation de :Celine Wick, assistante de recherche métisse à l’Université Lakehead

Ashley Wilkinson, assistante de recherche à la chaire sur la décolonisation, poursuit un projet de recherche sur le racisme dans le système de santé.

Elle veut tenter de contribuer au changement, alors que plusieurs membres de sa famille sont autochtones.

Ashley Wilkinson pose devant des tournesols.

Ashley Wilkinson est assistante de recherche à la chaire sur la décolonisation de l'Université Lakehead.

Photo : Ashley Wilkinson

Le racisme, qui désavantage les peuples autochtones, est inscrit dans le système de santé [...] Il se manifeste notamment, dans leur cas, par la difficulté d’accès à des soins, explique Ashley Wilkinson.

La chercheuse Lana Ray espère que les universités canadiennes continueront à développer le savoir autochtone et encourager la présence de chercheurs autochtones.

Surtout en cette ère de réconciliation. La réconciliation, en grande partie, doit consister à renoncer au contrôle [du savoir] lié aux privilèges, conclut Lana Ray.

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