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La réserve de Chaussures Blanchet cachait un trésor

Une femme pose devant la porte ouverte d'un placard mural à moitié rempli de boîtes et de chaussures. La femme tient une boîte et une paire dans ses mains.

Derrière une porte dissimulée par des étagères, le fils de Lucette Garneau-Blanchet a découvert des centaines de souliers neufs vieux de 60 ans. Personne dans la famille avait idée qu'ils se trouvaient là.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Des centaines de chaussures des années 1960, jamais portées, demeuraient enfouies, dans l'arrière-boutique du célèbre magasin de la rue Richelieu, à Québec. Celui-là même qui, dans quelques semaines, fermera définitivement ses portes.

Ces 400 paires, toutes pour femmes, sont restées dissimulées pendant 60 ans, sans que personne ne s’en soucie, puisque nul n'était au courant — ou du moins ne se souvenait — de leur existence. Jean-Benoît Garneau, le petit-fils du fondateur de Chaussures Blanchet, Phydime Blanchet, est celui qui a fait la trouvaille.

Le mois dernier, il cherchait des planches de bois pour faciliter le déménagement de lourdes machines de cordonnerie dans des escaliers. Une inspection dans la réserve du magasin à l’étage lui a suffi pour se rendre compte que les planches des étagères, encombrées de marchandises, avaient les parfaites dimensions.

Porte secrète

Il s'est donc attelé à les désassembler. Ô surprise! En déplaçant les étagères, il est tombé sur la porte d’un placard encastré dans le mur. Il l’a ouverte. Dès lors, les paires de souliers plongées dans l’oubli et l’obscurité ont ressurgi en pleine lumière.

On était estomaqués, confie Lucette Blanchet-Garneau, la fille de Phydime et actuelle adjointe administrative de la boutique.

Rangée de chaussures en cuir posées sur un présentoir. Certaines sont vertes, rouges, marron et blanches.

Les chaussures récemment découvertes par la famille Blanchet ont toutes été fabriquées à Québec et datent des années 1960. À l'époque, certaines paires étaient vendues entre 3 $ et 6 $.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Quelle est l’histoire de toutes ces chaussures? La famille Blanchet la devine aisément.

Mon père était aussi cordonnier. Les manufacturiers de la Basse-Ville lui envoyaient des souliers qui avaient un léger défaut pour qu’il les répare.

La mère de Jean-Benoît Garneau pense que dans le lot se trouvent également des échantillons, car elle et les siens n’ont décelé aucune anomalie sur certaines paires.

À un moment donné, mon père a dû ranger tout ça, suppose Lucette Blanchet-Garneau. Et puis, il a eu besoin d’espace. Il a mis des étagères.

Des piles de vieilles boîtes en carton entassées les unes sur les autres. À l'intérieur de certaines d'entre elles se trouvent des chaussures pour femmes.

Toutes les chaussures découvertes sont en parfait état et ont conservé le charme de leurs années de fabrication, les années 1960.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Louis Blanchet, l’actuel propriétaire du magasin, a pris une photo des souliers. Sa blonde l’a publiée sur Facebook.

Et là, ç’a été l’explosion de messages de partout : Montréal, Vancouver, Toronto, Alberta...

Lucette Blanchet-Garneau ne s’attendait pas à une telle frénésie sur les réseaux sociaux, qui s’est couplée à des appels téléphoniques et à des demandes directement en boutique.

Une dame s’est présentée avec une photo, en disant : ‘’Voici la photo de la robe que je vais porter, on a un grand événement de 1960, trouvez-moi la paire de souliers qui va avec.’’

En plus des particuliers, des organismes du milieu cinématographique et théâtral ont manifesté leur intérêt pour se procurer ces chaussures, qui pourraient servir pour le tournage d’un film ou les représentations d’une pièce d’époque.

Deux chaussures blanches à talon plat et aux lacets blancs à l'intérieur desquelles on aperçoit une croix rouge, symbole du milieu hospitalier.

Parmi les souliers empilés dans un placard du magasin Chaussures Blanchet se trouvait une paire destinée aux infirmières, reconnaissable à sa couleur blanche et à sa croix rouge découpée dans la semelle intérieure.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Combien vaut cette découverte? Difficile de l’évaluer.

Certaines paires ont encore des étiquettes. Elles se vendaient 3,95 $, 4,95 $, 5,95 $, en 1960. Mais, qu’est-ce que ça vaut aujourd’hui?

Lucette Blanchet-Garneau ne saurait le dire. Tout comme elle ignore ce qu’ils vont faire de toutes ces paires.

Dans un musée?

On doit d’abord les inventorier. On n’a pas eu le temps avec la fermeture du magasin. On en a juste déballé une centaine.

Le temps presse. Fin août, le bâtiment de la rue Richelieu change de main. La famille Blanchet n’a plus que quelques semaines pour vider les lieux. La fille de Phydime aimerait que toutes ces chaussures au charme d’antan finissent dans un musée. D’après elle, ce serait leur meilleure place.

Avec tout ça, on peut retracer l’histoire du cuir à Québec. C’est la richesse de la ville, avec la rue des Tanneurs et toutes les manufactures qu’on avait.

Ce serait aussi une façon d’entretenir la mémoire et l’héritage du magasin Chaussures Blanchet qui était en activité depuis 1936.

Avec les informations de Nicole Germain

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