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L’homme accusé du meurtre de sa fille de 3 ans avait tenté de faire avorter la mère

Le palais de justice de Winnipeg.

En 2017, la mère a demandé une ordonnance de protection parce que le père ne voulait pas du bébé et menaçait sa sécurité.

Photo : Radio-Canada / Vera-Lynn Kubinec

Radio-Canada

Selon des documents de cour, le Winnipégois accusé d'avoir enlevé et poignardé sa fille de 3 ans aurait tenté de forcer la mère à avorter peu après qu'elle fut tombée enceinte.

Toujours selon les documents de cour obtenus par CBC, la mère de l’enfant avait obtenu une ordonnance de protection après avoir expliqué à la cour que Frank Nausigimana l’avait agressée alors qu’elle était enceinte parce qu'il ne voulait pas du bébé.

Frank Nausigimana, 28 ans, est accusé d’homicide après avoir kidnappé sa fille en la menaçant d’un couteau à bord de la voiture de la mère, dans le quartier Roberston, avant 9 h 30 mercredi.

Les agents de police ont retrouvé le suspect et le véhicule peu après dans le secteur de l’avenue Jefferson et de la rue King Edward. L’enfant, qui était dans la voiture, souffrait de blessures à l’arme blanche. Elle a été dépêchée dans un état critique à l’hôpital, où sa mort a été constatée.

M. Nausigimana a plaidé coupable en 2019 pour avoir agressé la mère de l'enfant. Il avait été condamné à un an de probation supervisée. Il a été accusé après avoir attaqué la mère dans un véhicule, après une dispute concernant sa grossesse en mars 2017.

Tous les deux n’avaient pas de relation amoureuse, mais étaient amis depuis sept ans au moment des faits, avait expliqué la victime.

Forcée à l'empoisonnement

La mère de famille avait requis une ordonnance de protection quelques jours plus tard, expliquant avec l’aide d’un interprète en langue des signes que Frank Nausigama avait tenté de lui faire boire une sorte de poison.

Il voulait me faire respirer [le produit] afin que cela tue le bébé, a-t-elle expliqué dans un témoignage sous serment.

Elle s’est ensuite enfuie, puis s’est rendue à l'hôpital pour des tests. Elle souffrait de rougeurs autour des yeux. Un médecin a alors affirmé que cela ressemblait à des marques de coup de poing. Selon ce qu’elle a affirmé devant la cour, il s’agissait des effets du liquide qui l’avait éclaboussée.

Il disait ne rien vouloir avoir à faire avec [le bébé], puis il a pensé qu’il voulait un avortement, il a commencé à le planifier et je lui ai dit que je ne voulais pas. Puis il m’a dit qu’il le voulait et qu’il me forcerait, et c’est ce qu’il a essayé, a témoigné la mère.

En juillet 2017, elle a demandé à la cour de révoquer l’ordonnance de protection, affirmant dans une lettre qu'elle croyait que Frank Nausigimana ne tenterait plus de s’en prendre à elle et à l’enfant. Ell e ajoutait qu'elle voulait prendre la responsabilité de sa fille seule.

La décision venait notamment de la volonté de permettre au père de fréquenter la même église qu’elle.

L’ordonnance a été révoquée en septembre 2017.

De nouvelles contestations judiciaires pour la garde de l’enfant

En 2019, au cours d’une probation criminelle après l’agression de la mère, Frank Nausigimana ne devait avoir aucun contact ou communication avec cette dernière pendant un an.

En février 2021, il a demandé la garde partagée de l’enfant en disant n’avoir aucun accès à sa fille. Il demandait également que la mère ne puisse quitter le Manitoba avec l’enfant sans sa permission.

La mère de l'enfant affirmait pouvoir être d'accord pour des périodes spécifiques de garde partagée, mais, en raison de la violence domestique qu'elle avait subie, elle refusait la possibilité d'une garde partagée complète et d'un droit de décision partagée concernant la fillette.

Frank Nausigimana est toujours en détention. Pour le moment, il est présumé innocent des allégations de meurtre. Aucune date de procès n’a encore été annoncée.

Avec des informations de James Turner

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