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Haïti : 28 assaillants identifiés dans l'assassinat du président Jovenel Moïse

Des policiers, des scientifiques et des membres de l'armée cherchent des indices.

Des membres du corps policier en Haïti étaient à la recherche de preuves près de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021.

Photo : AFP / VALERIE BAERISWYL

Radio-Canada

Le commando armé qui a assassiné le président Jovenel Moïse était composé de vingt-six Colombiens et de deux Américains originaires d'Haïti, a indiqué jeudi soir la police haïtienne.

Nous avons arrêté 15 Colombiens et les deux Américains d'origine haïtienne, a mentionné Léon Charles, directeur général de la police nationale d'Haïti. Il a précisé que trois Colombiens avaient été tués et que huit autres étaient toujours en fuite.

Lors de la conférence de presse, plusieurs suspects étaient assis contre un mur, menottes aux poignets. Des passeports colombiens ont été montrés aux représentants des médias et des armes étaient disposées sur une table.

Au moins six des Colombiens impliqués seraient d'anciens militaires, selon le ministre colombien de la Défense Diego Molano. L'information initiale indique qu'il s'agit de ressortissants colombiens, d'anciens membres de l'armée. Nous avons donné des instructions [...] à la police et à l'armée pour qu'elles coopèrent immédiatement au développement de cette enquête pour clarifier ces faits, a déclaré le ministre dans une vidéo envoyée aux médias.

Le ministre haïtien chargé des questions électorales, Mathias Pierre, avait identifié plus tôt l'un des deux Américains impliqués comme étant James Solages. L'autre se nomme Joseph Vincent. Le département d'État américain n'a pas confirmé l'information.

Sur le site web d'une organisation caritative qu'il a établie en 2019 dans le sud de la Floride pour aider les résidents, James Solages se décrit lui-même comme un agent diplomatique certifié, un défenseur des enfants et un apprenti politicien. Il y affirme en outre qu'il a auparavant travaillé comme garde du corps à l'ambassade du Canada en Haïti.

L'ambassade du Canada n'a dans l'immédiat pas formulé de commentaire. L'Associated Press n'a pas été davantage en mesure d'obtenir de commentaires de l'organisme de bienfaisance en question.

Des assassins étrangers

Le premier ministre haïtien sortant Claude Joseph a soutenu mercredi que les membres du commando responsable de l'assassinat étaient des étrangers qui parlaient anglais et espagnol.

Le chef de la police nationale en Haïti, Leon Charles, a par ailleurs déclaré lors d'une conférence de presse télévisée, jeudi, que les autorités avaient retrouvé les assassins présumés, en majorité des hispanophones, dans une maison située près du lieu du crime à Pétion-Ville, une banlieue nord de la capitale Port-au-Prince.

Parmi les assaillants, six sont entre les mains de la police et cinq voitures ont été récupérées. Malheureusement, la population en a brûlé trois [véhicules], a-t-il dit.

Resté vague sur les opérations en cours, il a précisé que la population locale avait aidé la police à retrouver des suspects, mais a imploré les citoyens de ne pas se faire justice eux-mêmes.

Il par ailleurs indiqué que les forces de l'ordre étaient désormais à la recherche des cerveaux de l'opération.

Nous avons déjà en main les auteurs physiques et nous sommes à la recherche des auteurs intellectuels.

Une citation de :Léon Charles, chef de la police nationale haïtienne

Des images diffusées en direct jeudi montraient une camionnette de police transporter deux suspects menottés et surveillés par des officiers cagoulés et lourdement armés.

Selon la police, les deux hispanophones tentaient de prendre la fuite après s'être retranchés dans une maison.

D'après Reuters, des centaines de personnes en colère se sont par ailleurs amassées devant le commissariat où sont détenus les suspects, pour réclamer qu'ils soient brûlés.

Citant le chef de police, Jean Daniel Sénat, journaliste au Nouvelliste et à la radio Magik9, a spécifié en entrevue à ICI RDI que les forces de l'ordre avaient aussi saisi des armes.

Les autorités diffusent l'information au compte-gouttes, mais affirment que les individus tués ou arrêtés sont des mercenaires de nationalités diverses, sans toutefois préciser si des citoyens haïtiens font partie du lot. Le pouvoir n'a encore fourni aucune preuve pour appuyer ses affirmations, et la police n'a pas davantage révélé les motivations de ceux qui ont perpétré l'assassinat de Jovenel Moïse.

En fin de soirée mercredi, le chef de la police a déclaré que ses hommes avaient tué quatre responsables présumés de l'attaque et en avaient arrêté deux à l'issue d'une fusillade dans Port-au-Prince, qui a laissé les rues jonchées de douilles.

Il a également affirmé qu'ils étaient parvenus à libérer trois agents du cortège de protection du président qui avaient été pris en otage.

Les agents qui ont participé à l'opération policière se font interroger pour donner des précisions sur les assaillants.

Haïti de nouveau plongée dans l'horreur

Vers 1 h dans la nuit de mardi à mercredi, un groupe armé a fait irruption dans la résidence du président Moïse. Les assassins ont criblé l'homme d'État d'au moins 12 balles, selon ce qu'a déclaré un juge au quotidien Le Nouvelliste, et ont grièvement blessé sa femme, Martine Moïse. Cette dernière a été transportée vers un hôpital de Miami, en Floride, pour que soient traitées ses blessures.

Selon certains médias, les membres du commando se sont fait passer pour des agents de l'Agence antidrogue américaine (Drug Enforcement Administration, DEA), avant d'entrer dans la résidence présidentielle. Le Miami Herald fait état d'une vidéo où l'on entendrait les tueurs s'annoncer comme tels à l'aide d'un mégaphone.

Le meurtre de Jovenel Moïse a créé une onde de choc sur la scène internationale. Depuis mercredi, les dirigeants de plusieurs pays ont dénoncé le crime.

Mercredi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a condamné le meurtre du président et offert à la population haïtienne toute l'aide dont elle pourrait avoir besoin.

Sur Twitter, l'ambassade du Canada en Haïti invite les ressortissants canadiens à suivre les directives des autorités. Elle les prévient également que celles-ci pourraient imposer un couvre-feu sans préavis.

Avec les informations de Le Nouvelliste, Agence France-Presse, et Reuters

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