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Étudier le matsutake, un précieux champignon, pour mieux le protéger et le commercialiser

Une main tient un matsutake en forêt.

Le matsutake, un champignon prisé en Asie.

Photo : FaunENord

Radio-Canada

L’organisme FaunENord a reçu un financement pour étudier le matsutake, ce champignon comestible unique que l’on retrouve, entre autres, dans le Nord-du-Québec.

FaunENord a reçu 43 628 $ de la part du gouvernement du Québec afin d’étudier la productivité du matsutake, situé dans les pinèdes grises du sud d'Eeyou Istchee Baie-James, à des fins de cueillette et de mycotourisme.

Un panier d'osier rempli de champignons matsutakes.

La cueillette de matsutakes se fait habituellement à l'automne.

Photo : FaunENord

Il s’agit d’un financement s’inscrivant dans le Plan d’action nordique 2020-2023 et ayant pour objectif de favoriser l'essor des communautés nordiques et la conservation de l'environnement.

Ce nouveau projet est accueilli avec enthousiasme par Myriam-Audrey Lessard-Légaré, directrice générale de l’organisme FaunENord. Chez FaunENord, on est impliqué dans les produits forestiers non ligneux, dont les champignons et les plantes nordiques, depuis plusieurs années. Ça fait partie de nos volets d’expertise. Et, au fil des ans, on a développé différents projets. C’est une suite logique avec un besoin qui avait été relevé au niveau de la région pour avoir une meilleure connaissance de la productivité des pinèdes grises au niveau du matsutake, explique-t-elle.

Pourquoi faire une recherche?

La recherche permettra de développer la cueillette à plus grande échelle, tout en protégeant la survie de l’espèce. Selon Vincent Lapointe, chargé de projet au volet champignons, plantes sauvages et culture nordique pour FaunENord, les connaissances acquises permettront de bien commercialiser et de bien défendre le milieu du champignon.

Donc, on va être capable de connaître un petit peu plus la valeur de nos pinèdes grises matures, qui sont d’un âge avancé, car ça prend des pinèdes vieilles pour que le matsutake puisse croître. En sachant, justement, leur valeur en matsutake, on va pouvoir mieux les défendre et créer une bonne harmonisation entre la foresterie et la cueillette, nous permettant de protéger des talles importantes de matsutakes qui vont pouvoir rester pour le futur, observe M. Lapointe.

Gros plan sur un matsutake qui pousse dans la mousse de forêt.

Le matsutake se retrouve également sur la côte ouest en Amérique du Nord.

Photo : FaunENord

La recherche de deux ans aidera à harmoniser les différentes activités économiques qui ont lieu dans les pinèdes grises : la foresterie, qui est une activité économique très importante dans le Nord-du-Québec, et la cueillette de matsutakes. Celle-ci sera effectuée à l’automne, période où le champignon croît.

Ça reste dans une optique d’harmonisation avec la foresterie. J’ai utilisé beaucoup le mot "protéger" des talles comme si la foresterie était là pour les détruire, mais c’est simplement qu’en emmenant ces points-là, on peut rediriger les opérations forestières sur des endroits qui seraient moins productifs, justement, en matsutakes. Et donc, c’est vraiment dans une optique de travailler avec les autres acteurs du territoire pour que tout le monde puisse pratiquer des activités économiques et que tout le monde en tire bénéfice , remarque Vincent Lapointe.

Le matsutake est un champignon très unique. Premièrement, il faut savoir que c’est un champignon qui a plus de 1500 ans d’histoire culinaire sur le continent asiatique. On y retrouve des poèmes décrivant l’automne comme sentant le matsutake. Donc, c’est assez impressionnant de voir à quel point il y a une grosse culture qui tourne autour de ça. Au Japon, c’était donné aux empereurs comme symbole de fertilité, c’est un symbole de pouvoir, raconte M. Lapointe.

Le matsutake a fait l’objet d’une ruée vers l’or il y a quelques années alors que certaines personnes allaient jusqu’à la Baie-James pour en cueillir le plus possible et les revendre ensuite.

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