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Quatre recommandations pour améliorer la sécurité dans les scieries

Un camion chargé de bois d'oeuvre passe devant une énorme déchiqueteuse qui éjecte des copeaux de bois.

L’entreprise J. D. Irving a reconnu sa culpabilité à une accusation portée contre elle en vertu de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail du Nouveau-Brunswick à la suite de la mort du travailleur William Gregg dans sa scierie à Sussex (archives).

Photo : CBC

Radio-Canada

Un jury recommande que l’entreprise J. D. Irving et les autres forestières au Nouveau-Brunswick prennent quatre mesures pour améliorer la sécurité de leurs travailleurs dans leurs installations.

Ces recommandations découlent de l'enquête du coroner sur la mort accidentelle d’un travailleur de la scierie de l’entreprise J. D. Irving à Sussex en 2016.

William Gregg, 52 ans, a été mortellement heurté par le levier avec lequel il tentait de dégager des billes de bois coincées dans la machinerie tandis que cette dernière était en marche.

M. Gregg effectuait à ce moment un quart de travail de 18 heures. Selon les témoignages, c’était une pratique courante jusqu’en 2016.

Les jurés ont écouté 12 témoins et ils ont délibéré pendant près de deux heures afin de formuler les quatre recommandations. Les voici telles que précisées par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique :

  • Il faudrait indiquer clairement, dans les rôles et les responsabilités, qui est responsable de la mise en marche et de l’arrêt de l’équipement.
  • Il faudrait établir des procédures de transfert claires et précises entre le mode de production et le mode de maintenance lorsque l’équipement est arrêté et verrouillé.
  • Il faudrait recourir à des plans de formation, à des observations de sécurité et à des contrôles pour s’assurer que les employés demeurent efficaces et les pratiques de travail, sécuritaires.
  • Les plans d’intervention d’urgence devraient comprendre des instructions sur la communication avec les autorités locales et sur l’accès au site. Ils pourraient être améliorés au moyen d’exercices d’urgence.

J. D. Irving a déjà fait plusieurs changements

Le responsable de la sécurité au travail chez J. D. Irving, Darrel Nickerson, a témoigné mercredi matin devant le jury.

Il a expliqué qu’en 2016, l’entreprise n’obligeait pas les employés à arrêter la machine à déchiqueter ou le convoyeur lorsque du bois était coincé.

Selon d’autres témoins, les employés utilisaient couramment un levier ou un autre outil muni d’un crochet pour dégager des billes de bois coincées tandis que la machinerie fonctionnait.

Toujours selon ces autres témoignages, les travailleurs s'efforçaient de minimiser les temps d’arrêt de la production pour toucher une prime de rendement.

Selon M. Nickerson, les employés tenaient pour acquis que tout irait bien si la machinerie restait en marche pendant qu’ils touchaient uniquement au bois coincé. L’entreprise sait maintenant qu’il ne faut pas faire cela, a-t-il souligné.

William Gregg.

William Gregg, travailleur de la scierie Irving à Sussex pendant 26 ans, a subi une blessure à la tête le 29 février 2016. Il est mort le jour même à l’hôpital. Il était âgé de 52 ans.

Photo : Salon funéraire Wallace

Depuis la mort de William Gregg, l’entreprise a consacré environ 400 000 $ pour améliorer l’équipement et la formation des employés, a précisé Darrel Nickerson.

On a notamment installé une nouvelle clôture protectrice sur le convoyeur relié à la déchiqueteuse. Les ouvertures dans la nouvelle clôture sont trop étroites pour que les travailleurs insèrent un levier pour dégager des billes coincées.

L’entreprise a aussi installé des béliers hydrauliques actionnables à distance afin de dégager des billes coincées. Ce dispositif réduit de 90 % le travail manuel à effectuer dans de tels cas, a indiqué M. Nickerson. Il a dit que c’est un énorme changement.

De plus, a-t-il souligné, J. D. Irving exige que la machinerie soit complètement à l’arrêt avant que les travailleurs dégagent des billes coincées, et les travailleurs doivent remplir un formulaire d’évaluation des risques et obtenir l’approbation de leur superviseur avant d’utiliser un levier.

J. D. Irving a aussi embauché trois superviseurs supplémentaires, selon Darrel Nickerson, et l’entreprise interdit à quiconque d’entrer dans la salle de déchiquetage lorsque la machinerie fonctionne.

Le but de tous ces changements, a-t-il indiqué, est d’éviter toute répétition de cet accident.

Le jour de l’accident, William Gregg était au travail depuis environ 18 heures, soit six heures de plus que son quart de travail habituel. Travail sécuritaire NB n’a pas jugé que la fatigue était un facteur de l'accident. Mais l’entreprise exige maintenant que ses employés ne travaillent pas plus de 16 heures consécutives, selon M. Nickerson.

Les recommandations du jury ne portent pas sur la durée des quarts de travail ni sur les primes de rendement.

Avec des renseignements de Hadeel Ibrahim, de CBC

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