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Le pari de vivre de la mode en région

Une femme pose devant des vêtements.

Après une décennie dans la grande métropole, Catherine Morin est revenu, chez elle, au Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

La designer de mode, Catherine Morin, amorce une deuxième aventure entrepreneuriale dans la région. Après avoir lancé la ligne de vêtements Cultivées, elle s'attaque à la vente avec l'Atelier-Boutique Gabarit. L'espace situé sur la rue Racine à Saguenay permettra d'éduquer la clientèle à une consommation responsable en présentant divers créateurs québécois, dont la griffe de la principale intéressée

Originaire de Saguenay, Catherine Morin a œuvré pendant une décennie dans l'industrie de la mode à Montréal. Diplômée en design de mode du Collège LaSalle, elle a effectué divers boulots rattachés à la confection de vêtements. Au fil des années, elle a travaillé à la confection en sous-traitance pour le Cirque du Soleil, a occupé le poste d'aide-designer en plus de gérer des productions.

En revenant s'établir dans la région, la créatrice de mode comptait réorienter sa carrière.

Je voulais vraiment plus utiliser mon certificat en gestion d'entreprise. J'avais fait ce certificat en me disant que la transition entre un milieu et un autre serait plus facile. J'avais acquis quand même beaucoup d'expérience et de connaissances en gestion. C'est toujours difficile de faire le pont. En arrivant, ici, ça n'a pas été plus facile que je pensais, raconte-t-elle.

Sa passion pour la mode n'a pu être mise de côté bien longtemps. La pause du travail imposée par la pandémie lui a permis de replonger dans la création.

Le déclic, ça a vraiment été quand j'ai intégré le Cercle des fermières de Chicoutimi et la Guilde des courtepointières du Saguenay. Ça m'a vraiment inspiré. C'est comme si ce que je recherchais dans le vêtement et le design, c'était vraiment ça, ces techniques qui me permettaient de faire le design que j'ai toujours voulu faire, témoigne-t-elle.

Une femme cud.

Catherine Morin peut se concentrer sur la création alors que ses parents s'occupent de l'administration et de l'entretien de l'équipement.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

La ligne de vêtements Cultivées est née de cette démarche créatrice. Pour Catherine Morin, il s'agit, en quelque sorte, d'un acte de résistance de la mode.

Cultivées, c'est un projet d'artisanat textile qui met de l'avant les techniques traditionnelles transmises oralement par des femmes. C'est surtout le métier à tisser et la courtepointe qu'on intègre dans les vêtements. On fait des vêtements à petite échelle qui sont artisanaux, mais commercialisés, présente-t-elle.

Créer des vêtements n’était pas suffisant pour celle qui se qualifie « d’intense ». Quelques mois après le lancement de la ligne de vêtements Cultivées, l'Atelier-boutique Gabarit est né. Le commerce qui donne sur la rue Racine a ouvert ses portes il y a quelques jours à peine. L'espace est divisé en deux. L'avant du local permet de présenter diverses collections alors que l'atelier situé à l'arrière permet de prendre connaissance du travail de création.

Des vêtements dans une boutique.

Le designer espère former des former des activistes de consommation responsable grâce à l'Atelier-Boutique Gabarit.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Les deux projets intimement liés lui permettent d’embaucher quelques employés, dont une aide-designer qui a également fait un retour en région.

C'était un rêve, mais un peu oublié. C'est une surprise, je dirais. Plus on le fait, plus je suis contente et je me sens à ma place. Au niveau de ma maturité et de mon expérience, je pense que j'étais rendue là. C'est pour ça que ça se passe bien. Mais je n'aurais jamais pensé faire ça en région, c'est sur et certain. Dans le fond, c'est de permettre que le design de mode puisse se vivre ici, ce qu'on ne pense pas. Cela me rend fière. On a le droit d'être designer de mode et de vivre en région , dit celle qui ajoute qu'un passage à Montréal est tout de même nécessaire.

Deux femme et un homme prennent la pose.

Nicole Potvin et Robin Morin n'ont pas hésité à aider leur fille Catherine.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Une fois de plus, la jeune entrepreneure peut compter sur l'aide de ses parents. Gestionnaires dans le domaine de l'immobilier, ils n’ont pas hésité à revoir leurs projets de préretraite pour aider leur fille unique.

Lui consacrer du temps, pour nous, c'est notre priorité. À ce moment-là, nous, on est comblé. Même si c'est un peu stressant. On ne connaît pas le domaine. Notre expérience en affaires fait qu'on peut l'aider quand même beaucoup à ce niveau-là, confie sa mère, Nicole Potvin.

Habitué à gérer un parc immobilier, Régis Morin apprend les bases du design de mode. Il touche à tout : de la taille du tissu à l'entretien des machines.

C'est un nouveau défi. C'est plaisant de travailler pour quelqu'un comme Catherine qui a tellement d'expérience dans la couture, tout ça. On découvre plein de choses, on apprend plein de choses. On a l'impression de grandir là-dedans , ajoute son père.

Un homme trace une ligne sur un vêtement.

Robin Morin a appris à couper les différents tissus.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Catherine Morin compte poursuivre sa démarche d'éducation à la mode locale et durable. Des événements seront organisés dans l'Atelier-boutique Gabarit lorsque les consignes sanitaires le permettront.

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