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« Le plus bel endroit du monde » veut décourager les touristes

Un homme est assis au bord d'une calanque, où il pêche.

Les autorités tentent de décourager les touristes de fréquenter les Calanques.

Photo : Getty Images / CLEMENT MAHOUDEAU

Radio-Canada

La COVID-19 aura fait mal à l'industrie touristique partout dans le monde. Alors que de nombreux sites rivalisent d'ingéniosité pour faire revenir les vacanciers, les plages des Calanques, près de Marseille, ont mis sur pied une opération pour tenter de décourager les visiteurs.

On souffre d'une surfréquentation, surtout marseillaise. Il y a des touristes, mais ce sont surtout des Marseillais [qui viennent], raconte Yves Riva, qui a son bateau à la calanque de Callelongue.

L'année dernière, plus de trois millions de visiteurs ont fréquenté les plages du parc national des Calanques, situé à moins d'une heure du centre de Marseille. C'est beaucoup trop selon des résidents, qui craignent entre autres que cette fréquentation n'abîme le site de façon permanente.

Les plages, étroites, ne peuvent tout simplement pas accueillir autant de visiteurs, selon eux. En période de pointe, les touristes doivent parfois s'entasser. En moyenne, on dénombre deux personnes par mètre carré.

La moindre petite calanque est envahie, et ça crée des problèmes de voisinage inévitablement, souligne M. Riva.

Sur la mer, j’ai vu transiter plus de 30 bateaux… ça fait beaucoup. Trente bateaux qui circulent avec la moitié qui ne connaissent pas les règles de navigation pour se croiser, face à face, en travers, c’est compliqué… Il faut être vraiment très, très attentif.

Une citation de :Yves Riva, résident des Calanques

André Pacitto, qui gère la section privée de la calanque de Sormiou, en rajoute. En fin de journée, il y a des boîtes de McDo, des boîtes de coca. On trouve de tout. Regardez derrière, voilà, des bouteilles, des papiers gras. Et pour que la calanque soit aussi belle, il faut vraiment qu’on y mette le prix, qu’on fasse nettoyer la calanque, dit-il.

Les autorités locales ont ainsi mis en place une opération de démarketing. L'objectif : décourager les visiteurs en mettant de l'avant certains points négatifs de la région comme le manque de stationnement ou la température de l'eau. La campagne veut ainsi casser l'image idyllique des Calanques, et inciter les voyageurs à faire demi-tour.

Une vue générale du parc national des Calanques, près de Marseille.

Qu'est-ce que les Calanques?

Situées dans le sud de la France, les calanques de Marseille sont une suite d'anses et de criques creusée au long de la mer Méditerranée. Cette région est souvent considérée comme l'une des plus belles du monde de par le relief particulier de la région et son accès direct à la mer.

L'eau claire et les plages naturelles en font un des lieux touristiques les plus prisés de la France. Depuis 2012, le site est protégé par le parc national des Calanques, ce qui permet aux autorités de réglementer l'activité maritime ainsi que la pêche.

Une question de sécurité

À ces inquiétudes s'ajoute donc celle de la sécurité des plaisanciers. L'érosion des sentiers qui mènent aux plages inquiète également les résidents. Les pierres et les rochers qui les forment sont polis par le passage des souliers et des bottes, ce qui les rend glissants, donc dangereux.

Une seule route, très étroite, longe la mer et donne accès aux sites. Guy Barrotto, un résident des Calanques, explique qu'en période de pointe, les stationnements débordent. Les voitures se stationnent n'importe où, selon lui, ce qui bloque l'accès au véhicule d'urgence.

Ce n'est pas les gens qui nous gênent… c'est les voitures qui nous gênent. Parce qu'elles nous mettent en danger, dit-il.

Une journée très fréquentée, une opération [d'urgence] qui pourrait prendre 20 minutes risque de prendre une heure.

Une citation de :Guy Barrotto, résident des Calanques.

Devant les efforts des autorités pour décourager le tourisme, M. Barrotto réclame des mesures plus draconiennes. Il espère la mise en place de quotas pour limiter le nombre de visiteurs admis sur les plages.

On sera bien obligés de contingenter. On ne pourra pas faire autrement, dit-il.

C'est le plus beau coin du monde. On a la mer, on a le soleil, on a la colline, on a les copains, on a les boules… C'est un joyau qu'il faut préserver, ajoute Guy Barrotto.

Avec des informations de Yanik Dumont Baron

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