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Des rescapés de l'incendie de Lytton témoignent du jour où tout a basculé

Dempsey Webster et Angela Heideki.

Dempsey Webster et Angela Heideki sont tous deux relogés dans un campement pour travailleurs à Merritt.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a une semaine jour pour jour, des centaines de résidents de Lytton ont dû évacuer en catastrophe leur village qui s'enflammait. Depuis, certains sont relogés dans un campement pour travailleurs à Merritt. Ils racontent ce qu’ils ont vécu et le soutien reçu.

Le résident de Lytton, Dempsey Webster, se souvient en détail de ce qu’il faisait au moment où il a compris que le village était en feu. Il a vu de la fumée noire, de la fumée grise et des gens qui s'agitaient en se demandant où aller. J’arrivai en ville et je me demandais d'où venait cette fumée, raconte-t-il. Nous n’avions même pas dépassé le bureau de poste qu'on nous a dit de quitter la ville.

Tout s’est passé très vite et il n’a pas eu le temps de retourner chez lui prendre des effets personnels tout comme sa cousine Angela Heideki.

Mercredi dernier, Mme Heideki travaillait à l’épicerie Jade Spring et ne se doutait de rien lorsque les flammes ont embrasé le village. Une résidente est entrée dans l’épicerie et a dit que la ville était en feu. Elle paniquait et paniquait, explique Mme Heideki. C'est quand elle est sortie fumer que Mme Heideki s’est rendu compte de l’ampleur du brasier.

Elle a quitté son lieu de travail en compagnie de ses patrons et de leur chien, sans passer par son domicile pour prendre des effets personnels. J’ai perdu tous mes vêtements, toutes mes affaires personnelles, dit-elle.

Malgré cela, Angela Heideki est heureuse que les pertes soient matérielles plutôt qu’humaines. [Les pertes matérielles] ça se remplace. Je suis contente que tout le monde soit sain et sauf, comme le cousin et toute la famille. Je suis contente pour ça. Mes affaires peuvent être remplacées, lance-t-elle.

Elle souligne le soutien qui a afflué cette semaine pour venir en aide aux évacués. Nous sommes reconnaissants de ce que les gens font pour nous ici et tous les dons de la communauté, affirme Mme Heideki.

Un élan de solidarité

J'ai entendu que tout Lytton était détruit. [...] Imaginez si c'était votre communauté et que vous perdiez tout, que vous deviez partir vraiment rapidement et évacuer, indique Dana Wheeldon. Pour elle, aider les résidents dont la vie a basculé en si peu de temps à se relever est une évidence. Nous avons tous des choses que nous n'utilisons probablement pas et des vêtements que nous ne portons pas, souligne-t-elle.

Une salle remplie de denrées et de vêtements.

Derlanda Hewton de la Nicola Valley Food Bank dit avoir reçu bien plus de dons que d’habitude. Ils proviennent de donateurs de partout en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

Des donateurs comme Dana Wheeldon qui viennent déposer des denrées alimentaires, mais aussi des vêtements. Derlanda Hewton de la Nicola Valley Food Bank dit en avoir reçu bien plus que d’habitude et en provenance de l’ensemble de la Colombie-Britannique. Ça fait chaud au cœur. C'est incroyable, lance-t-elle.

L’ampleur des dons reçus a même poussé l’organisme à chercher un autre espace où entreposer les dons qui affluent sans cesse.

Nous avons dû trouver un emplacement secondaire, explique Derlanda Hewton. J'ai contacté les Elks du Canada et ils nous ont fourni l'espace. Ils ont aussi fourni des heures de travail bénévoles.

Visite du village de Lytton vendredi

Vendredi, une visite de Lytton en autobus est organisée pour permettre aux évacués de voir de leurs propres yeux ce qu’il reste de leur village.

L'agent des communications avec les médias de la GRC, Chris Manseau dit que les résidents du village doivent se préparer mentalement.

Il n’y a pas d’arbres, il n’y a pas d’autos, il n’y a pas de maisons, dit-il. Il n’y a pas grand-chose qui reste. Ils doivent être préparés et savoir que toutes les choses qu’ils aimaient ne sont plus là.

Un village détruit par les flammes.

Selon les autorités, 90 % du village a été détruit par le violent incendie.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

C'est vraiment bouleversant de se dire que l’on va retourner là-bas et ne rien voir, explique Dempsey Webster. Cependant, il est prêt à retourner dans le village et estime que d'une certaine façon, cela lui permettra d'avancer.

Sa cousine, Angela Heideki, n’est pas du même avis. Je ne pense pas que j'en ai vraiment envie, soutient-elle. Je veux m'en souvenir comment c'était avant.

Avec des informations de Timothée Matte-Bergeron et Chloé Dioré de Périgny

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