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S’intégrer au travail en fabriquant des visières pour le réseau de la santé

Quatre adultes s'affairent dans un local scolaire.

Des adultes aux prises avec une déficience intellectuelle suivent un programme d’intégration au travail au Centre Galileo de la Commission scolaire English-Montreal.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Depuis l’automne dernier, des adultes aux prises avec une déficience intellectuelle ont fabriqué 3000 visières protectrices pour le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de Montréal, une source de grande fierté pour eux.

Moi, ça m’aide d’aider les autres, explique Janis Dion, 22 ans. Les visières sont là pour protéger les préposés, les infirmières et les médecins.

Janis Dion mesure un élastique.

La tâche de Janis Dion est de mesurer et de couper les élastiques qui tiennent les visières en place.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Pour Janis, c’est le travail le plus important qu’elle ait eu à faire depuis qu’elle suit le programme d’intégration au travail du Centre Galileo de la Commission scolaire English-Montreal, à Montréal-Nord. Minutieusement, elle mesure et coupe les élastiques qui tiennent les visières en place. Chaque élève a une tâche spécifique. 

De son côté, Nancy Leopardi, 46 ans, colle la mousse.

J'ai une déficience, mais je suis capable de faire le travail. Il faut juste nous montrer comment deux ou trois fois, et on va faire le travail […] Si on nous donne une chance, on se donne à 100 %, dit-elle.

Des personnes s'affairent dans un local scolaire.

Nancy Leopardi (assise à droite) a la tâche de coller la mousse sur les visières.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Le procédé a été peaufiné au cœur de la première vague de la pandémie par des employés du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau, affilié au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île de Montréal. 

Des personnes s'affairent dans un local scolaire.

Au printemps 2020, les équipements de protection individuelle ont en effet manqué cruellement dans plusieurs établissements. Habituée à adapter des fauteuils roulants pour les personnes lourdement handicapées, la technicienne en orthèses-prothèses Camille Jalette a fait des essais pour fabriquer des visières, guidée par les commentaires des employés qui les utilisaient. 

Par exemple, on nous disait que l'élastique était trop serré et que la mousse s'effritait, alors on commandait de nouveaux matériaux. Quand on a commencé, c'était complètement hors de notre expertise mais, au fur et à mesure, on arrivait à avoir une certaine qualité, même si c'était un produit jetable, raconte-t-elle.  

Du découpage au nettoyage, les employés du CIUSSS ont enseigné le procédé de fabrication des visières aux enseignants, qui l’ont ensuite montré à leurs élèves, des adultes qui proviennent de la grande région de Montréal.

Des travailleurs méticuleux

Une jeune femme fabrique une visière.

Le projet permet aux étudiants du Centre Galileo d'avoir une expérience de travail à portée sociale.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

C’est leur force d’être minutieux. Ils font très attention aux détails et ils sont très fiers de collaborer avec le CIUSSS pour faire des visières, indique Julie Mancini, enseignante en éducation aux adultes.

Pour le Centre Galileo, c’est une occasion de mettre ses élèves à l'œuvre, de leur donner une expérience de travail ayant une portée sociale. 

« Le projet des visières est comme une action communautaire; il y a une participation sociale, de l’engouement et de la valorisation aussi. Ils [les élèves] se disent : on est quand même utiles à la communauté. »

— Une citation de  Michel Massé, enseignant au Centre d'éducation des adultes Galileo et responsable du programme d'intégration au travail

Martina Schiavone, directrice du Centre Galileo, affirme que le projet va se poursuivre à l’automne, puisque le processus est bien rodé et que le projet répond aux besoins du réseau de la santé. 

Ce sont des élèves qui ont des déficiences, mais [ils] sont très habiles, même si c’est un projet complexe […] Tout le monde est fier parce qu'on sait que le produit va aller à des travailleuses essentielles […] Et on va en faire d’autres.

Dès septembre, le travail reprendra. Le Centre Galileo s’est engagé à produire 50 000 visières pour le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

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