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L'arrivée des services de livraison en ligne a-t-elle un impact sur les restaurants?

Un livreur de SkipTheDishes marche dans la rue le 4 janvier 2021 à Moncton au Nouveau-Brunswick.

Un livreur de SkipTheDishes.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

En quelques mois, Rouyn-Noranda a vu deux services de livraison faire leur entrée dans la ville. Les restaurateurs perçoivent-ils ces applications de livraison comme des compétiteurs?

Après DoorDash l'automne dernier, c'est au tour de SkipTheDishes de s'implanter dans la restauration à Rouyn-Noranda.

La propriétaire des rôtisseries O’Poulet et O’Tourne-broche, Marie-Hélène Rivard, avait déjà son propre service de livraison, mais elle constate que depuis l'arrivée de DoorDash, elle peine à recruter des livreurs.

Avant, on avait toujours un petit peu de CV malgré la pénurie de main-d'œuvre, mais depuis l’apparition de DoorDash, les CV sont quasi inexistants, rapporte-t-elle. C’est sûr qu’avec DoorDash, c’est attrayant parce qu’ils font leur propre horaire. Si tu te mets disponible les jeudis et vendredis de 4 h à 7 h du soir, tu pognes le gravy [des revenus faciles à obtenir].

Elle n'exclut pas l'idée de s'inscrire à Skip si elle perd des livreurs.

Un livreur entre quelque chose sur son cellulaire au volant de sa voiture.

Les plateformes de livraison permettent souvent aux employés de faire leur propre horaire.

Photo : gracieuseté Eva

Pour d’autres restaurateurs, les applications comme DoorDash et Skip leur permettent de rejoindre un plus grand bassin de clientèle, comme l’indique la propriétaire de la Cage à Rouyn-Noranda, Johanie Poirier.

On a déjà notre service de livraison. C’est vraiment une stratégie marketing. Tant qu'à être quelque part, on est aux plus de places possible, mais chaque restaurateur a sa propre façon de voir les choses, nuance-t-elle.

Jusqu’à présent, trois restaurants à Rouyn-Noranda se sont affiliés à Skip : la Cage, Subway et McDonald’s.

Le propriétaire des restaurants Subway à Rouyn-Noranda, Frédéric Bolduc, pense que deux applications de livraison ne vont pas saturer le marché.

Ces services-là offrent des promotions, que le propriétaire de restaurant sur ces plateformes-là ne fait pas, pour attirer plus de clientèle sur leur plateforme. Moins il y aura de ventes, plus ils vont faire des promotions, plus ça va être avantageux pour la clientèle. Donc la libre compétition, je trouve que ça a du sens, affirme-t-il. Même si on est une petite ville, le territoire est grand à couvrir. Je pense que ça en vaut la peine.

La responsable du marketing pour SkipTheDishes, Candida Golia, affirme que l’arrivée de l’entreprise de livraison à Rouyn-Noranda s’inscrit dans une stratégie de s’étendre dans d’autres régions au Québec.

On choisit vraiment les villes parce qu’il y a un potentiel pour les restaurants pour emporter, la livraison. Donc on choisit vraiment pour le potentiel, pas nécessairement parce que les compétiteurs sont là, indique-t-elle.

Les clients vont-ils maintenir leurs habitudes de pandémie?

Les restaurants ont été nombreux à développer un service de livraison ou pour-emporter en raison des mesures sanitaires. La copropriétaire du bistro Paramount, Rachelle Roy, se réjouit de faire affaire avec DoorDash, surtout lors des soirées moins achalandées dans le restaurant.

Ça nous a apporté quand même une grande clientèle le fait d’avoir introduit DoorDash dans notre entreprise. Maintenant, est-ce que l’autre application va nuire? C’est une bonne question, il va falloir le vivre pour voir les répercussions, dit-elle.

Une rue au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Le Paramount sur la rue Gamble à Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

L’opérateur du Pizzé manger et boire, Charles Gabrysz, ne voit pas les applications de livraison comme une menace, mais plutôt comme une corde de plus à son arc.

On a déjà eu un service de livraison à nous. Et vous savez, quand vous calculez les voitures, les chauffeurs, les assurances, les accidents... quand vous calculez tout ça, c’est moins cher DoorDash, dit-il.

Tout comme Frédéric Bolduc, il estime que la demande à Rouyn-Noranda est amplement suffisante pour deux applications de livraison.

On ne peut pas demander aux clients de commander toujours chez nous. C’est la libre entreprise. Skip s’en vient, il y a de la place pour tout le monde, conclut M. Gabrysz.

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