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La communauté internationale exhorte Haïti au calme après l'assassinat de son président

Un homme se tient à côté d'un cordon de sécurité, dans la rue.

Des journalistes se tiennent à côté d'un cordon de sécurité près de la résidence du président haïtien Jovenel Moïse après qu'il eut été abattu par des assaillants non identifiés à Port-au-Prince, en Haïti.

Photo : Reuters / STRINGER

Radio-Canada

Les messages de condoléances et d'indignation en provenance de l'étranger ont afflué, tout comme les appels au calme, après l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse par un commando armé mercredi.

Au-delà des condamnations prévisibles, plusieurs leaders ont lancé des mises en garde contre toute escalade de la violence, dans un pays aux prises avec une crise politique et sociale majeure depuis plus d'un an et plongé dans encore plus d'incertitude à quelques mois de la tenue d'élections générales et présidentielle.

Nous avons besoin de beaucoup plus d'information, mais l'état d'Haïti est très inquiétant, a déclaré le président américain Joe Biden aux journalistes avant d'embarquer à bord d'Air Force One pour un déplacement aux États-Unis.

Dans un communiqué, il s'était dit choqué et attristé par la nouvelle, déplorant un acte odieux et présentant ses vœux de rétablissement à la première dame haïtienne.

Les États-Unis présentent leurs condoléances au peuple haïtien, et nous sommes prêts à apporter notre aide alors que nous continuons à travailler pour un Haïti sûr et sécurisé, indiquait-il dans le communiqué.

L'ambassadeur d'Haïti à Washington, Bocchit Edmond, a déclaré dans une entrevue à l'agence Reuters que son gouvernement accueillerait favorablement l'aide américaine.

Le département d'État américain a par ailleurs dit espérer que le pays irait de l'avant avec le scrutin, estimant que la préservation des institutions démocratiques était essentielle à la restauration de la paix.

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part invité l'ensemble des acteurs de la vie politique haïtienne au calme et à la retenue.

Toute la lumière devra être faite sur ce crime qui survient dans un climat politique et sécuritaire très dégradé, a-t-il ajouté, condamnant fermement l'assassinat du président haïtien.

Déplorant un acte odieux, le premier ministre britannique Boris Johnson, qui s'est déclaré choqué et attristé par la mort du président Moïse, a lancé le même plaidoyer. Nous présentons nos condoléances à sa famille et au peuple haïtien. C'est un acte odieux et j'appelle au calme en ce moment.

Par la voix de son chef de la diplomatie Josep Borrell, l'Union européenne s'est elle aussi inquiétée du risque d’instabilité et d'une spirale de violence.

Réagissant à la nouvelle, la République dominicaine voisine a ordonné la fermeture immédiate de la frontière de 380 kilomètres qui la sépare d'Haïti, sur l'île d'Hispaniola, selon une porte-parole du ministère de la Défense.

Ce crime est une attaque contre l'ordre démocratique d'Haïti et de la région, a réagi le président Luis Abinader sur Twitter.

Selon le journal Listin Diario, le président Abinader a convoqué les officiers supérieurs de l'armée pour un cabinet de sécurité afin d'évaluer la situation.

Jovenel Moïse photographié devant une porte dans un rayon de lumière.

L'homme d'affaires, devenu officiellement président d'Haïti en 2017, a été assassiné hier soir par un commando dans sa résidence.

Photo : The Associated Press / Dieu Nalio Chery

Le Canada offre son aide aux Haïtiens

Au Canada, où se trouve une importante diaspora haïtienne, le premier ministre Justin Trudeau a joint sa voix au concert de protestations.

Je condamne fermement l’effroyable assassinat du président Moïse perpétré ce matin. Le Canada est prêt à soutenir la population d’Haïti et lui offre toute l’aide dont elle pourrait avoir besoin.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada, sur Twitter

C'est quelque chose d'une violence qu'on ne veut jamais voir nulle part et nous sommes extrêmement – extrêmement – préoccupés par cet acte inacceptable, a-t-il dit plus tard devant les journalistes, assurant la population haïtienne de l'amitié du Canada.

Haïti est le plus grand bénéficiaire de l'aide au développement fournie par le Canada sur le continent; le Canada est le deuxième donateur à Haïti en importance après les États-Unis.

Sur Twitter, le porte-parole conservateur en matière d'affaires étrangères, Michael Chong, s'est dit choqué et peiné d’apprendre l’assassinat du président Moïse et l'attaque contre la première dame Martine Moïse à Haïti. Nous condamnons cet assassinat et transmettons nos condoléances. Nous demandons le calme en cette période difficile, a-t-il écrit.

Mes pensées accompagnent l’ensemble du peuple haïtien. De tout cœur avec la communauté haïtienne du Québec, a de son côté écrit le premier ministre du Québec, François Legault, sur Twitter.

D'origine haïtienne, la chef du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, s'est elle aussi tournée vers le réseau social pour exprimer ses préoccupations.

L’assassinat du président haïtien représente une menace à la stabilité fragile du pays qui en ce moment traverse plusieurs crises, a-t-elle écrit. Je souhaite de tout cœur qu’une solution pacifique émerge de cet événement, car Haïti mérite mieux en matière de démocratie.

À Montréal, la ville canadienne comptant le plus grand nombre de ressortissants haïtiens, la mairesse Valérie Plante a regretté un triste événement.

Ce qui se passe en Haïti est très préoccupant. C'est une atteinte directe à la démocratie. Je pense que, pour toute démocratie, c'est un message qu'on doit porter haut et fort : pour assurer la progression et la stabilité d'un pays, la démocratie doit être préservée. On doit en prendre soin, a-t-elle affirmé devant les médias.

Réunion du Conseil de sécurité jeudi

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lui aussi condamné avec fermeté l'assassinat, réclamant que les auteurs de ce crime [soient] traduits en justice.

L'ONU se tiendra aux côtés du gouvernement et du peuple d'Haïti, a-t-il assuré. Par la voix d'un porte-parole, il a en outre appelé le peuple haïtien à préserver l'ordre constitutionnel, à rester uni face à cet acte odieux et à rejeter toute violence.

À la demande de Washington et de Mexico, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra par ailleurs jeudi une réunion d'urgence, a appris l'AFP de sources diplomatiques.

L'ambassadeur français Nicolas de Rivière, président en exercice du Conseil de sécurité, a exprimé ses condoléances au nom de l'organe exécutif de l'ONU. Le Conseil de sécurité est profondément choqué, a-t-il dit.

Après y avoir longtemps déployé des Casques bleus, l'ONU n'entretient plus en Haïti, depuis fin 2019, qu'une mission d'appui politique.

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti est chargé de conseiller et d'épauler le gouvernement haïtien dans ses efforts pour renforcer la stabilité politique et la bonne gouvernance du pays.

Avec les informations de La Presse canadienne, Reuters, et Agence France-Presse

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