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Assassinat de Jovenel Moïse : choc et confusion dans la région de la capitale fédérale

Le président haïtien Jovenel Moïse.

Le président haïtien Jovenel Moïse (archives)

Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

Radio-Canada

Des membres de la diaspora haïtienne d’Ottawa-Gatineau disent être sous le choc, confus et tristes à la suite de la nouvelle de l’assassinat du président d’Haïti, Jovenel Moïse, dans la nuit de mardi à mercredi.

L’ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus, condamne au plus haut point l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Il avoue même qu’il avait de la difficulté à croire réellement la nouvelle, au départ. Une fois qu’il en a eu la confirmation, la tristesse m’a envahi, indique M. Arthus.

« Ce sont des événements que j'ai lus dans les livres d'histoire. Je ne pensais pas les vivre personnellement en tant que personne ni en tant qu'ambassadeur. »

— Une citation de  Weibert Arthus, ambassadeur d'Haïti au Canada

Weibert Arthus estime que l’assassinat du président Jovenel Moïse est un événement qui laissera sa marque dans l’histoire d’Haïti, mais il estime que la situation ne débouchera pas sur une solution positive. On parle d’assassinat, on parle de mort. Il n’y a pas de positif qui peut sortir de là, soutient-il.

Weibert Arthus en entrevue par vidéoconférence.

L’ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus

Photo : Radio-Canada

Il comprend que des Haïtiens qui sont au Canada soient inquiets de la situation actuelle et de l’avenir du pays. Ce que je leur dis, c'est : tenez bon. Dans l'histoire d'Haïti, nous avons l'habitude de surmonter les moments difficiles.

« Nous vivons un moment tragique dans l'histoire de notre pays et je crois que la résilience dont nous avons su faire preuve, la force qui a toujours marqué notre histoire, cela va nous accompagner... [pour] tourner cette page sombre aujourd'hui. »

— Une citation de  Weibert Arthus, ambassadeur d'Haïti au Canada

Le directeur général de l’Association culturelle de la jeunesse haïtienne de demain, Patrick Auguste, dit avoir été sous le choc lorsqu’il a appris l’assassinat du président d’Haïti.

Il raconte que ses deux frères, qui sont à Haïti, sont très inquiets de la situation et qu’ils ont reçu la directive de leur employeur de ne pas se présenter au travail, mercredi.

Patrick Auguste regardant la camera devant un arbre.

Patrick Auguste, directeur général de l’Association culturelle de la jeunesse haïtienne de demain (archives)

Photo : Collection privée de Patrick Auguste

D’un côté, M. Auguste craint que la situation en Haïti dégénère à la suite de cet événement. Cependant, il croit aussi en la possibilité que du positif en ressorte.

Avec cet assassinat-là, j’espère qu’on a atteint le fond du baril et qu’on va se ressaisir. Je parle surtout des Haïtiens, car c’est de nous que dépend le destin de ce pays-là, explique Patrick Auguste.

Il ajoute que des gangs armés pullulent dans la capitale et que des armes circulent un peu partout en Haïti. Selon lui, le pouvoir en place ne semblait pas maîtriser grand-chose.

Afin d’arriver à des pistes de solution et tourner la page, il demande aux Haïtiens de faire preuve d’humilité et aux étrangers de faire preuve de bienveillance et de compassion.

Un restaurant ferme temporairement par solidarité

L’assassinat du président Jovenel Moïse a également secoué Billy Altidor, d’origine haïtienne et gérant du restaurant Margo, à Ottawa. Il affirme s'être senti vraiment bouleversé après avoir appris la nouvelle par message texte vers 7 h mercredi matin.

Billy Altidor en entrevue à l'extérieur, en été.

Billy Altidor, gérant du restaurant Margo, à Ottawa

Photo : Radio-Canada

En réaction à la nouvelle, le restaurant Margo a choisi de fermer ses portes mercredi, par solidarité envers le peuple haïtien. M. Altidor croit que les clients vont respecter cette décision et qu’ils vont voir ça comme un exemple.

« Je pense que l'idée derrière la décision de fermer, c’est vraiment de rester en solidarité avec le pays et aussi à démontrer du respect et puis de la considération pour la situation qui vient de se passer plutôt que de penser à l'argent et aux clients en ce moment. »

— Une citation de  Billy Altidor, gérant du restaurant Margo, à Ottawa

Il ajoute se sentir inquiet pour ses compatriotes qui sont toujours là-bas, en Haïti. Je pense que le peuple subit depuis des années et des années, de génération en génération, jusqu'à maintenant, on voit encore aujourd'hui c'est toujours encore la violence, dit-il.

Billy Altidor estime qu’avec l’assassinat du président Jovenel Moïse, c'est le temps de faire un changement et de trouver des pistes de solutions.

Plus de questions que de réponses

Darlène Lozis, qui se définit comme une personne d'origine haïtienne et militante de longue date dans la communauté, affirme se sentir comme beaucoup d'Haïtiens et beaucoup d’Haïtiennes : très confuse. Très, très, très confuse.

On sait que depuis fort longtemps, le gouvernement ne paraissait pas avoir le contrôle du pays. Il y a énormément d’Haïtiens qui sont décédés depuis ces dernières années.

Mme Lozis ajoute aussi que beaucoup d’enquêtes étaient en cours, dont celle sur l’assassinat du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, Montferrier Dorval, en février 2020.

Darlène Fabienne Lozis en entrevue par vidéoconférence.

La présidente du Centre communautaire des Haïtiens de l'Outaouais, Darlène Fabienne Lozis

Photo : Radio-Canada

Cependant, avec les récents assassinats d’un journaliste et d’une militante politique en Haïti, on a l’impression, tout simplement, qu’on est en train de compter les décès, dit-elle.

Mme Lozis souligne également l’ampleur des gangs et de la violence en Haïti et que, selon elle, le pays vit une crise dont on ne comprend pas l'origine et pourquoi on en est arrivé à cela.

Pour elle, il n’en demeure pas moins qu’il y a plus de questions que de réponses dans le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse. On veut avoir une plus grande clarification des faits et comprendre ce qu'il s'est réellement passé cette nuit-là, explique Darlène Lozis.

Avec les informations d’Estelle Côté-Sroka

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