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La transition énergétique frappe aussi l’Université de Calgary

Travailleurs spécialisés devant une exploitation gazière

Les emplois spécialisés d'ingénieur pétrolier se font de plus en plus rares.

Photo : Reuters / Todd Korol

Radio-Canada

Signe de l’évolution du milieu énergétique, l’Université de Calgary suspend son programme d'ingénierie en pétrole et en gaz, qu’elle offrait depuis 1997.

L’établissement postsecondaire justifie sa décision par une baisse draconienne de la popularité du diplôme.

Au cours des dernières années, les inscriptions ont diminué de manière significative au point où elles sont à leur niveau le plus bas, explique le responsable du département d’ingénierie, Arin Sen.

Des occasions d'emploi en baisse

Pour se maintenir à flot, le programme de quatre années d’études devrait accueillir au moins 40 étudiants chaque année, mais moins d'une dizaine s’y sont inscrits en 2019-2020. Selon M. Sen, il est beaucoup plus logique pour l’Université de suspendre le programme pour pouvoir allouer le budget à d’autres secteurs plus populaires.

Portrait d'Arin Sen.

Arin Sen est le responsable du département d'ingénierie pétrolière et chimique à l'Université de Calgary.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

Les inscriptions ont toujours suivi les cycles de boom et de récession de l’industrie, mais ce dernier creux se prolonge depuis 2014, explique-t-il.

Selon la division Petroleum Labour Market Information (PetroLMI) d’Energy Safety Canada, le recrutement d’ingénieurs pétroliers est en chute.

L'association estime que l’industrie pétrolière et gazière aura besoin de moins de 400 ingénieurs spécialisés supplémentaires entre 2021 et 2023, soit la moitié de ce qu'elle entrevoyait dans ses prévisions précédentes.

L'attrait du développement durable

M. Sen croit aussi que l’intérêt des jeunes suit l’évolution de la société.

Les étudiants sont bombardés d’information au sujet du développement durable et de la transition énergétique, explique-t-il.

Ils savent que, à l'avenir, ils vont se joindre à une force de travail qui aura pour but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’atteindre la carboneutralité. Ils savent que des possibilités de travail se situent dans ce domaine, ajoute-t-il.

La suspension ne surprend pas l’ingénieur David Langille. L’Université ne fait que répondre aux besoins de l’industrie, selon lui.

Et l’industrie répond aux besoins des consommateurs, souligne-t-il. On l’entend de toutes les entreprises : il y a une transition énergétique qui s’opère, un mélange de produits pétroliers et d’autres sources d’énergie que la société souhaite.

De plus en plus de groupes ont d’ailleurs enlevé la mention du pétrole et du gaz de leur appellation.

La pétrolière Total a adopté le nom TotalÉnergies. L’Association canadienne des entreprises de forage pétrolier se nomme maintenant Association des entreprises de l'énergie pour représenter la géothermie, l’hydrogène et d’autres sources d’énergie prometteuses.

L'Université de Calgary espère d'ailleurs mettre au point un programme mineur en sciences de l'énergie pour offrir plus de cours sur les énergies renouvelables.

L'Université Memorial, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui forme de nombreux futurs employés du pétrole et de gaz, souhaite aussi répondre à une demande croissante de ses étudiants pour l'inclusion des énergies vertes.

Portrait d'Amanda Quinn.

Amanda Quinn a choisi le programme d'ingénierie en énergie pour la diversité de carrières possibles.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

Le pétrole ne disparaît pas

Amanda Quinn, étudiante en ingénierie à l’Université de Calgary, comprend cette transition, mais elle est déçue de la suspension du programme. Elle-même prépare un diplôme plus généraliste d’ingénierie en énergie.

Même si nous sommes en transition dans le milieu énergétique, nous avons besoin de l’aide des ingénieurs pétroliers pour rendre nos processus plus efficaces, pense-t-elle.

L’Université de Calgary offre cependant toujours une mineure en ingénierie pétrolière. Les étudiants déjà inscrits au programme de pétrole et de gaz pourront finir leur cursus.

D'après les entrevues de Kyle Bakx et Tony Seskus

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