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Un projet pilote de « rue conviviale » déçoit des résidents Sherbrookois

Un enfant joue à la marelle dans la rue.

Les citoyens de Sherbrooke demandent une rue conviviale depuis 2018.

Photo : Getty Images / IStock

Radio-Canada

Le projet pilote de « rue conviviale » à Sherbrooke déçoit les citoyens du secteur, qui trouvent que l'approche de la Ville n'est pas sécuritaire, voire même irrespectueuse envers eux.

Le projet pilote est prévu du 6 juillet au 3 octobre sur la rue London, entre le boulevard de Portland et la rue Stanley. La vitesse y a été abaissée à 20 km/h, mais seuls des panneaux ont été posés.

Actuellement, la Ville de Sherbrooke permet aux citoyens du quartier d’installer du mobilier dans la rue pendant le jour, à condition qu’il puisse s’enlever facilement et qu’il n’entrave pas le passage des véhicules d’urgence.

Selon une résidente du quartier et membre du regroupement de citoyens pour la rue conviviale, Stéphanie Leclerc, il faut un aménagement physique pour que les automobilistes ralentissent réellement, afin de garder les piétons et cyclistes en sécurité.

On ne se sent pas sécurisés, affirme Stéphanie Leclerc. On ne se sent pas à l’aise de laisser nos enfants aller jouer dans la rue.

Selon la citoyenne, des blocs de béton devraient être mis pour protéger le mobilier installé des deux côtés de la rue conviviale.

Un manque d’implication?

La Ville de Sherbrooke ne souhaite pas non plus gérer les installations, et demande donc aux citoyens d’apporter eux-mêmes du mobilier s’ils souhaitent utiliser la rue partagée. Celui-ci devra également être retiré tous les soirs, afin que la rue soit complètement dégagée. Stéphanie Leclerc estime que cela n'est ni sécuritaire ni respectueux.

On veut que la rue devienne un lieu de rencontre, un lieu d’échange. Il faut que tout le monde puisse utiliser la rue , a déclaré Stéphanie Leclerc. Selon elle, les citoyens du quartier n’ont pas le temps d’aller chaque jour déplacer du mobilier urbain.

Une longue attente

Le concept de rues partagées n’est pas nouveau, et plusieurs autres villes en ont depuis plusieurs années, comme Montréal ou Québec. Cependant, les rues partagées dans ces villes comportent du marquage au sol pour ralentir les véhicules motorisés, ou la circulation automobile est carrément interdite.

Maquette d'une rue conviviale à Trois-Rivières.

Les citoyens espéraient une rue ressemblant à celle présentée dans cette maquette, provenant de Trois-Rivières.

Photo : Source : Ville de Trois-Rivières

Les citoyens du secteur touché par le projet pilote demandent une telle rue partagée depuis 2018.

Selon Stéphanie Leclerc, beaucoup de rencontres et de discussions ont eu lieu entre les résidents et la Ville, afin de discuter des besoins des usagers. D’après elle, plusieurs documents et ressources ont été présentés à la Ville, issus d’études dans les autres villes ayant ce genre de rues.

Malgré cela, le groupe de citoyens est déçu. La Ville nous a répondu qu’il n’y aurait pas de changement au projet pilote, qu’il n’y avait aucune possibilité de négociations ou de changements, souligne-t-elle.

« Mettre de l'eau dans son vin »

En entrevue avec Radio-Canada, Chantal L'Espérance, conseillère municipale du district du Lac-des-Nations, a demandé aux citoyens de laisser la chance au coureur.

Le projet a commencé hier. [...] Donc c’est rapide pour faire des critiques, je trouve qu’il faudrait quand même le vivre quelques semaines pour voir un peu comment ça se passe.

Une citation de :Chantal L'Espérance, conseillère municipale du district du Lac-des-Nations

Un projet pilote, c’est de tester des choses pour voir si le voisinage trouve ça intéressant et si on doit aller plus loin avec un projet. C’est sûr qu’on ne peut pas faire des aménagements de façon plus permanente, compte tenu que ce projet-là doit être réévalué à l’automne. Il se termine le 3 octobre, donc par la suite, il va y avoir un rapport qui va être fait sur comment les gens ont vécu le projet [...] et là, on pourra peut-être apporter des améliorations pour les années futures, explique-t-elle.

Elle ajoute que si le projet reçoit un accueil favorable, il pourrait être étendu à d'autres rues dans les prochaines années.

Je pense qu’il faut, comme on dit, mettre de l’eau dans son vin, et accepter que tout n’est pas parfait au départ, puis que tout n’est pas comme on l’aurait souhaité. Mais au moins, on peut avoir la rue entre 7 h et 21 h, ce n’est pas rien non plus.

Une citation de :Chantal L'Espérance, conseillère municipale du district du Lac-des-Nations

La conseillère explique que le mobilier doit être enlevé pendant la nuit pour des raisons de sécurité. C’est pour une question de visibilité par rapport aux automobilistes la nuit. Ça pourrait être éventuellement la cause d’accidents, ce qu’on ne souhaite pas, parce que ça, ça peut tuer un projet. S’il y a des accidents, des automobilistes qui se heurtent sur du mobilier, si des choses sont détruites ou si, pire encore, des gens se font frapper car des automobilistes ne les ont pas vus, là, on mettrait fin complètement à un projet.

Elle souligne cependant être ouverte à l'idée de laisser les citoyens marquer l'asphalte pour délimiter la rue conviviale, et être prête à faire une demande à ce sujet à la Ville, s'ils les résidents le souhaitent.

Du côté d'un éventuel budget pour la rue conviviale, ce sera des choses à discuter si on donne suite au projet, si après évaluation, on se rend compte que ça s’est bien vécu, indique la Mme L'Espérance.

Il faut que les gens qui sont les instigateurs soient convaincants. S’ils critiquent constamment leur propre projet et l’ouverture de la Ville, je ne pense pas que ça va donner un signe pour aller de l’avant, conclut-elle.

Avec les informations de Titouan Bussiere et Emy Lafortune

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