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Le Royaume-Uni se penche sur le traitement du homard

Des manifestants costumés en homard tiennent une grande bannière.

Des membres du groupe Crustacean Compassion ont manifesté cette semaine devant le parlement britannique et ailleurs à Londres pour que les invertébrés, dont le homard, soient couverts par la loi britannique sur le bien-être des animaux.

Photo : Crustacean Compassion/Charmaine Evans

Radio-Canada

Le parlement britannique doit bientôt décider s’il modifie ou non une loi sur le bien-être des animaux afin qu'elle stipule que les homards et les crabes ressentent de la douleur, ce qui a de quoi préoccuper les exportateurs canadiens de homards.

Selon des défenseurs des animaux qui ont manifesté à Londres mardi, ces crustacés ressentent de la douleur lorsqu’ils sont plongés dans de l'eau bouillante.

Tout animal qui peut ressentir de la douleur doit être traité humainement avant d’être abattu pour être consommé, estime Maisie Tomlinson, codirectrice de l’organisme Crustacean Compassion.

Mme Tomlinson et d’autres militants ont mené une campagne pour faire modifier la loi britannique sur le bien-être des animaux. Les changements ont été déposés à la Chambre des lords.

Maisie Tomlinson précise que son groupe ne s’oppose pas à la consommation de homards ou de crabes, mais il préconise que ces animaux soient abattus de façon plus humaine, par exemple avec une décharge électrique, avant d’être plongés dans de l’eau bouillante.

L’organisme de compassion pour les crustacés milite pour que les invertébrés soient inclus dans la loi. Mme Tomlinson s’attend à ce que les modifications à la loi fasse l’objet d’un vote en octobre.

Les crustacés sont-ils conscients?

Le gouvernement britannique a aussi commandé une étude indépendante sur la capacité des crustacés et des céphalopodes à ressentir, à percevoir et à être conscients. Les militants s'attendent à ce que les conclusions de cette étude confirment leurs propos.

Mais en Nouvelle-Écosse, une scientifique de l’Université Dalhousie qui étudie le comportement des crustacés, Shelley Adamo, dit que la preuve de douleur ressentie par ces animaux est faible.

Shelley Adamo ne croit pas que le cerveau du homard soit capable de percevoir la douleur comme celui des mammifères, mais elle reconnaît que personne ne peut en être certain.

Le doute est suffisant pour perturber certaines personnes en Europe depuis déjà quelques années, explique Stewart Lamont, un exportateur de homard en Nouvelle-Écosse.

La Suisse a interdit en 2018 d'ébouillanter les homards vivants.

L’industrie canadienne craint de perdre une part de marché

Le directeur du Conseil canadien du homard, Geoff Irvine, affirme qu’il surveille de près ce qui se passe à ce sujet au Royaume-Uni, mais qu’il ne peut rien y faire.

M. Irvine souligne que ce pays est un acheteur important pour le homard canadien, qu’il soit vivant ou transformé, et que l’industrie canadienne ne veut pas perdre une part de marché.

Les caisses sont emballées sur des palettes.

Des caisses de homards destinés à l'exportation à l'aéroport d'Halifax (archives).

Photo : CBC

Selon Geoff Irvine, l’industrie canadienne du homard respecte les meilleures pratiques établies en matière de pêche, de manipulation, de stockage, de transformation et d’expédition du homard.

Il ajoute que l’industrie peut toujours s’adapter à toute nouvelle exigence des marchés.

Le Canada a exporté du homard vivant au Royaume-Uni d’une valeur de 17 millions de dollars en 2019. Les expéditions provenaient en majorité de la Nouvelle-Écosse. Les exportations ont diminué récemment à cause de la perte d’un vol d’Air Canada entre Halifax et Londres, mais elles valent toujours des millions de dollars.

Avec des renseignements de Paul Withers, de CBC, et d’Adrien Blanc, de Radio-Canada

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