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Ottawa a payé 924 millions pour des tests rapides sous-utilisés par les provinces

Les tests de dépistage rapides auraient pu permettre de remplir le Centre Bell, selon un spécialiste, mais le Québec n'a utilisé que 4 % de ceux qu'il a reçus.

L'intérieur du Centre Bell où l'on voit des spectateurs assis dans les gradins.

L'utilisation des tests rapides aurait pu permettre de remplir le Centre Bell à pleine capacité, selon le microbiologiste-infectiologue Richard Marchand.

Photo : Radio-Canada / Alexie André-Bélisle

Le Canada n'a pas lésiné sur la dépense pour se procurer 43 millions de tests rapides et les fournir aux provinces. Le fédéral a payé pour cela 924 millions de dollars depuis le début de la pandémie, indique Services publics et Approvisionnement Canada. Mais seuls 13,4 % d'entre eux ont été utilisés, selon les données de Santé Canada. Le reste est entreposé.

On a dépensé un milliard de dollars de façon presque inefficace, commente le microbiologiste et infectiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal Richard Marchand.

C'est déplorable, dit la professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva. Quelle tristesse de voir que des millions de tests dorment dans des entrepôts!

Le Québec est une des provinces qui a le moins utilisé les tests rapides que lui a envoyés le gouvernement fédéral.

Les tests rapides ne servent pas à diagnostiquer la COVID-19, mais plutôt à détecter les personnes les plus contagieuses. Ils peuvent être effectués n'importe où, avec un résultat en une quinzaine de minutes seulement.

On continue à encourager l’utilisation des tests de dépistage rapide comme outil supplémentaire pour réduire la propagation du virus, écrit le cabinet de la ministre fédérale de la Santé.

En coulisses, on se montre plus ouvertement exaspéré par le manque d'intérêt des provinces. Le gouvernement fédéral a même cessé d'en fournir à certaines, comme le Québec, qui ne les utilisait presque pas. Ottawa encourage maintenant les entreprises à passer directement par lui (Nouvelle fenêtre) pour en obtenir.

Un meilleur accès aux tests antigéniques rapides aidera à repérer les personnes qui ne présentent pas de symptômes d’infection, mais qui peuvent introduire la COVID-19 sur leur lieu de travail et dans leur collectivité.

Une citation de :Santé Canada
Une femme introduit un écouvillon dans une de ses narines.

Une femme effectue un auto-dépistage du virus de la COVID-19.

Photo : Institut de cardiologie de Montréal

La crainte d'une quatrième vague causée par le variant Delta devrait convaincre les provinces d'enfin utiliser ces tests massivement, selon le Dr Richard Marchand.

On sous-utilise un test qui pourrait nous aider à limiter la transmission, tout en nous permettant de reprendre nos activités normales, dit-il.

Il est imprudent de baser tous nos espoirs sur les vaccins actuels. La prudence serait de se doter d’une ligne de défense supplémentaire pour l’automne.

Une citation de :Richard Marchand, microbiologiste et infectiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal

À l'Institut de cardiologie de Montréal, les employés et leurs familles se testent eux-mêmes, à domicile, deux fois par semaine, ce qui a permis d'éviter des éclosions.

Les trois partis d'opposition à Québec réclament depuis des mois une utilisation plus large de ces tests.

Le ministère de la Santé du Québec rappelle que les tests rapides sont moins sensibles que les tests classiques. L’offre de tests (PCR) en laboratoire au Québec est très accessible, relativement rapide (résultat disponible en 24 heures dans 90,8 % des cas) et très fiable, écrit la porte-parole du Ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Hélène Émond.

Des tests rapides au Stampede de Calgary et en Europe

Les spectateurs regardent une représentation de cowboy qui fait du rodéo passer.

Des spectateurs contemplent le défilé du Stampede, en 2018.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

En Europe, depuis des mois, des festivals de musique et des stades de soccer utilisent les tests rapides pour dépister les spectateurs à l'entrée.

Selon le Dr Richard Marchand, si on avait utilisé les tests rapides, on aurait pu remplir le Centre Bell, lors des matchs du Canadien de Montréal en finale. Ce sont plutôt 3500 spectateurs sur une capacité de 21 000 qui ont été autorisés.

À Calgary, le Stampede a annoncé cette semaine qu'il obligerait les spectateurs non vaccinés à subir un dépistage rapide à l'entrée.

L'Ontario accélère l'utilisation des tests rapides

Le mois dernier, l'Ontario a annoncé que plus de 12 millions de tests rapides ont été acheminés à 2600 lieux de travail (Nouvelle fenêtre) de la province, incluant des petites entreprises.

Nous leur permettons de gérer les tests sur place avec facilité et d’aider à arrêter le virus avant qu’il n’atteigne le lieu de travail.

Une citation de :Vic Fedeli, ministre ontarien du Développement économique

Au Québec, au 26 mai, le gouvernement avait distribué 315 000 tests rapides à 396 entreprises, une infime proportion de tous les tests qu'il entrepose.

Et ces compagnies n'en ont pas toutes fait usage, en raison des exigences imposées par la province. Un des cas les plus médiatisé a été celui de l'abattoir Du Breton, qui n'a rien fait des tests rapides qu'il détenait alors qu'une importante éclosion commençait dans l'entreprise.

Québec a petit à petit simplifié les exigences pour utiliser ces tests. Depuis quelques jours, il n'est plus obligatoire de les faire passer par un travailleur de la santé. Une personne formée par vidéo peut s'en charger.

Des tests rapides en vente libre

Des tests rapides sont même disponibles dans les pharmacies ontariennes depuis le 17 mai, ce qui n'est pas le cas au Québec.

L’utilisation de tests accessibles sur le marché privé, qui ne requiert aucune prescription ni intervention des laboratoires des établissements, pose certains risques pour la santé publique, comme celui d’une perte d’information sur les cas positifs, écrit la porte-parole du ministère de la Santé du Québec Marie-Hélène Émond.

Au Royaume-Uni, depuis le 9 avril, chaque Britannique, même sans symptômes, a droit à deux tests rapides par semaine (Nouvelle fenêtre) à effectuer à la maison.

Ces tests ont été distribués dans les entreprises, mais ont aussi été envoyés par la poste à domicile et sont disponibles gratuitement dans 90 % des pharmacies. (Nouvelle fenêtre)

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