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Les glaciers ont fondu trois fois plus vite pendant la canicule, dit un glaciologue

L'eau submerge une grande partie de ce paysage des Rocheuses.

Trois sentiers de randonnée du parc provincial du Mont-Robson, en Colombie-Britannique, sont fermés jusqu'au 18 juillet 2021, en raison des inondations causées par la fonte rapide des glaciers.

Photo : Sean Allin

Radio-Canada

La vague de chaleur qui a frappé la majeure partie de l'Ouest canadien la semaine dernière a accéléré la fonte des glaciers, affirme un glaciologue de l'Université de l'Alberta. Ce phénomène amené à se répéter pourrait avoir des conséquences dévastatrices, selon lui.

C'est très inquiétant dit Jeffrey Kavanaugh, professeur agrégé de sciences de la terre et de l'atmosphère.

En montagne, les températures baissent d'environ 1 °C chaque fois que l'altitude augmente de 100 mètres. Pourtant, lorsque les températures record se sont installées dans les Rocheuses, les régions de plus haute altitude n'ont pu échapper à la chaleur.

Jeffrey Kavanaugh a constaté que, du 25 juin au 4 juillet, la température moyenne, y compris durant la nuit, était de 17,4 °C au sommet Bow dans le parc national Banff. Au cours des 12 dernières années, la température moyenne à cette période de l’année était de 8,5 °C.

« Une anomalie de température de 9 ou 10 degrés entraînera une fonte beaucoup plus importante. »

— Une citation de  Jeffrey Kavanaugh, professeur agrégé de sciences de la terre et de l'atmosphère à l'Université de l'Alberta

Fonte accélérée

En s'appuyant sur des données du ministère de l'Agriculture et des Forêts de l'Alberta et d'Environnement Canada, le spécialiste estime que la fonte des glaciers au cours de cette période caniculaire de 10 jours était environ trois fois supérieure à la normale, par rapport aux 12 dernières années.

Cet afflux d'eau de fonte a fait descendre la rivière Bow vers Calgary, où l'eau est montée et a vu son débit s'accélérer.

Dans d'autres régions des Rocheuses, la fonte rapide des glaciers a provoqué des inondations.

En raison de la chaleur extrême, le niveau des rivières est extrêmement élevé, notaient les responsables du parc provincial du Mont-Robson, en Colombie-Britannique, le 30 juin. Le lendemain, trois sentiers de randonnée ont été fermés en raison des dégâts causés par les eaux de crue.

Un ruisseau se forme devant le lac qui se trouve sous le glacier.

Le glacier Bow, dans le parc national de Banff, fond dans un petit lac. L'eau finit par se jeter dans la rivière Bow.

Photo : Radio-Canada / Robson Fletcher

Une importante source d'eau disparaît

L'accélération de la fonte des glaces pourrait devenir une menace pour l'approvisionnement en eau.

Nous dépendons du débit des glaciers beaucoup plus que nous ne le pensons, dit Jeffrey Kavanaugh. En effet, lorsque les neiges fondent et que les précipitations et les chutes de neige sont faibles, les glaciers prennent le relais.

Notre agriculture, notre industrie et nos populations dépendent fortement de ces eaux pour passer l'été, dit le spécialiste. Donc, à mesure que nous voyons les glaciers reculer, nous voyons aussi ces sources d'eau estivale reculer.

C'est un sujet de préoccupation pour Calgary, dont près de 60 % de l'approvisionnement en eau dépend de la rivière Bow, selon la Ville. Elle n'est toutefois pas la seule à être menacée lorsque les glaciers disparaissent, puisque tout le bassin versant est touché.

Ces rivières se poursuivent vers la Saskatchewan et le Manitoba jusqu'à la baie d'Hudson, précise Jeffrey Kavanaugh. Donc, toutes les communautés en aval, toute l'industrie et l'agriculture en aval dépendent également de cette eau, surtout en été.

Le recul des glaciers entraînera des changements radicaux

Une étude de 2015 publiée dans Nature Geoscience prévoyait que 70 % des glaciers de l'Ouest canadien auraient complètement disparu d'ici 2100. Cette étude précisait que le rythme le plus rapide de fonte des glaciers, qui correspondrait aux taux les plus élevés d'eau de fonte dans les rivières, se produirait entre 2020 et 2040.

Il s'agira d'un changement radical, pense Jeffrey Kavanaugh.

En ce moment, je déteste utiliser le mot "profiter", mais nous profitons d'une quantité d'eau supplémentaire en été parce que ces glaciers perdent leurs réservoirs, ils reculent. Nous vivons une période faste en ce moment, mais elle ne durera pas.

Ailleurs sur le web :

Étude sur la fonte projetée des glaciers de l'Ouest canadien au 21e siècle (Nouvelle fenêtre) (en anglais) parue dans Nature Geoscience

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