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Des ambulanciers albertains se disent épuisés en raison du manque de personnel

« Il n'y a juste pas assez de gens, pas assez d'ambulances, et beaucoup trop d'appels », dit un ambulancier de la région d'Edmonton.

Une ambulance en Alberta.

Les employés

Photo : Radio-Canada

Le système paramédical d'urgence de l'Alberta, « chroniquement sous-financé » a été mené au point de rupture par la crise des opioïdes, la pandémie et la récente vague de chaleur, selon des syndicats.

« Je crois, franchement, que la situation est pire qu'elle n'a jamais été », affirme un ambulancier qui travaille dans la région d'Edmonton depuis 11 ans.

Radio-Canada a accepté de ne pas révéler son identité parce qu'il craint de perdre son emploi si son employeur, Services de Santé Alberta (AHS), apprend qu'il a parlé aux médias.

Selon lui, il est désormais excessivement rare de ne pas faire d'heures supplémentaires après un quart de travail régulier de 12 heures.

Il dit que le volume d'appels a doublé lors de la pandémie, mais que beaucoup de ses collègues sont en congé pour épuisement ou pour maladie.

« Le moral est extrêmement bas. [...] Nous n'avons pas d'ambulances ou de soutien supplémentaire. On s'attend juste à ce que nous compensions pour la différence. »

— Une citation de  un ambulancier de la région d'Edmonton

Les équipes intégrées d'urgence, composées de pompiers et d'ambulanciers, qui oeuvrent dans plusieurs régions, sentent aussi la pression.

Nous avons des codes rouges, ce qui signifie qu’il n’y a aucune ambulance disponible pour prendre un appel, sur une base quotidienne ou presque, affirme le vice-président du district 6 de l’Association internationale des pompiers, Mike Carter.

Il représente entre autres les équipes intégrées du comté de Strathcona ainsi que de Spruce Grove, Lethbridge, Red Deer, Leduc et Saint-Albert.

Il explique que la semaine dernière, pendant la vague de chaleur, chacune de ces équipes a dû fournir du personnel pour une ou deux ambulances de plus que d’habitude. Il a fallu faire appel aux employés sur leur jour de repos et leur payer des heures supplémentaires.

Homme au soleil plombant qui descend des escaliers extérieurs avec une boisson rafraîchissante à la main.

La vague de chaleur qui a touché l'ouest du Canada a poussé la consommation d'électricité à un niveau record en Alberta.

Photo :  CBC

À sa connaissance, c’est la première fois que AHS leur fait une telle demande avec si peu de préavis.

Mais ils nous appellent régulièrement, car le système de services médicaux d’urgence (EMS) est poussé à sa limite, précise-t-il.

L’Association des sciences de la santé de l’Alberta (HSAA), qui représente des équipes paramédicales partout dans la province, dit la situation s'est détériorée au fil des ans.

Son président, Mike Parker, qui est également ambulancier de formation, remarque que les codes rouges, qui n’arrivaient que de temps en temps il y a quelques années, sont désormais quotidiens.

Notre système d’EMS a été sous une pression importante pendant la vague de chaleur et continue de l’être, a admis le chef paramédical d’AHS, Darren Sandbeck, en conférence de presse, mardi.

L’agence de santé publique dit que les employés qui sont disponibles pour faire des heures supplémentaires ont été appelés à le faire, que des superviseurs ont été envoyés sur le terrain et que des transports non urgents de patients d’un établissement à l’autre ont été retardés la semaine dernière.

Darren Sandbeck dit que AHS explore des options pour recruter plus d’employés occasionnels qui pourraient être appelés en cas de besoin.

Ça ne se trouve pas à tous les coins de rue, rétorque Mike Parker. [...] on n’a pas d’ambulanciers de réserve, qui ne font rien chez eux.

La seule solution pour lui est de réinvestir à long terme dans la valorisation des métiers paramédicaux et dans l'achat de ressources.

Une ambulance et deux professionnels de santé dans une rue d'Edmonton en mars 2020.

Une ambulance et deux professionnels de santé dans une rue d'Edmonton en mars 2020.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Une mesure pour alléger le fardeau en milieu rural

Le ministère de la Santé a annoncé mardi que les ambulanciers auront bientôt plus de flexibilité pour choisir où ils transfèrent leurs patients, ce qui allégerait leur charge de travail.

En ce moment, dans plusieurs régions, les ambulanciers doivent automatiquement déposer leurs patients au département d’urgence, même s’ils seraient peut-être plus à leur place dans un autre établissement comme un centre de santé communautaire ou un centre de soins palliatifs.

D’Ici 2022, ils auront le choix entre 10 établissements alternatifs à travers la province. Ils pourront ainsi passer moins de temps à attendre que leur patient soit pris en charge dans des urgences souvent surchargées.

C’est un super concept, qu’on applique déjà depuis 20 ans dans cette province, rétorque Mike Parker.

Il souligne que c’est entre autres déjà chose courante à Edmonton et à Calgary et que c’est là que les ambulanciers sont le plus occupés.

Le ministre de la Santé dit qu’il n’a pas calculé combien de temps les ambulanciers pourraient ainsi épargner à travers la province, mais promet que la stratégie sera peu à peu étendue pour inclure plus d’établissements de santé.

Le chef paramédical Darren Sandbeck admet qu’il ne croit pas que cela permettra d’économiser un nombre énorme d’heures de travail dans un premier temps. Il espère toutefois que cette stratégie, une fois élargie à d’autres établissements, rendra le processus plus efficace à long terme.

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