•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une couverture cellulaire toujours incomplète sur les routes du Nord-du-Québec

Une main compose le 911 sur un téléphone cellulaire.

Un meilleur accès au réseau cellulaire aiderait les services d’urgence dans leurs interventions.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Annie-Claude Luneau

Un malheureux incident survenu sur la route 113 en début de semaine au nord de Lebel-sur-Quévillon relance le débat de la couverture cellulaire dans le Nord-du-Québec.

Le conducteur d'une camionnette qui venait de heurter un piéton a d'abord été soupçonné de délit de fuite, mais les policiers ont finalement conclu qu'il avait quitté les lieux de l'accident pour appeler les secours, étant donné qu’il n'y avait pas de réseau cellulaire à cet endroit.

Une tour de télécommunication se découpe en contre-jour sur un ciel de coucher de soleil.

Le réseau cellulaire n'est pas toujours accessible dans le Nord-du-Québec.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Il existe encore plusieurs centaines de kilomètres de route qui ne sont pas desservis par un réseau cellulaire dans le Nord-du-Québec.

Anciennement, il y avait des cabines téléphoniques le long de la route, maintenant il n'y en a plus. Quand on parle de développement, il faut qu'on soit en mesure de donner des milieux sécuritaires aux visiteurs et aux gens qui habitent le territoire, estime René Dubé, président de l’Administration régionale Baie-James et maire de Matagami.

Faut pas attendre qu’il arrive des accidents pour réagir. Quand on parle d’occupation et d’habitation du territoire, ça fait partie des services minimaux que la population et les visiteurs doivent avoir, surtout quand on parle de développement du Nord.

Une citation de :René Dubé, président de l’Administration régionale Baie-James

Un meilleur accès au réseau cellulaire aiderait grandement les services d’urgence, admet le directeur adjoint du Centre d’appels d’urgence de l’Abitibi-Témiscamingue, Robert Fortin.

Plus le signal est fort, plus les informations qu’on va recevoir au 911 vont être précises, parce qu’avec le téléphone cellulaire, quand les gens nous appellent, on reçoit le positionnement géographique. Dans le fond, on a les coordonnées GPS de l’appelant, explique-t-il. Mais si le signal est faible, il va y avoir une plus grande incertitude par rapport à la localisation de l’appelant.

Des routes couvertes par le réseau cellulaire d’ici trois à cinq ans?

Un vaste projet de mise en place du réseau cellulaire est en branle par Eeyou Mobilité, une entreprise créée en 2019 par la Société Eeyou de la Baie-James, le Réseau de communication Eeyou et SSi Canada.

Abel Bosum parle au cellulaire devant une affiche d'Eeyou Mobilité.

Abel Bosum, grand chef du Grand Conseil des Cris du Nord du Québec, a été le premier à tester la technologie d'Eeyou Mobilité au mois de mars.

Photo : gracieuseté

Eeyou Mobilité se concentre présentement à fournir un service cellulaire aux communautés jamésiennes et cries, mais elle espère couvrir aussi les routes du territoire d'ici trois à cinq ans.

On parle quand même de la construction d'une grande quantité de tours pour couvrir 1900 kilomètres de route dans l'ensemble de la région, donc un horizon de trois à cinq ans nous semble réaliste, précise le directeur général de Réseau de communication Eeyou, Cédric Melançon.

Eeyou Mobilité souhaite maintenant obtenir de l’aide gouvernementale pour financer ce projet qui dépasse les 80 millions de dollars.

Heureusement, on a déjà déployé la fibre optique sur la majeure partie du territoire, donc l’autoroute de fibre optique est déjà là pour déployer ce genre de service, ce qui est très facilitant. Maintenant, il demeure à bâtir les infrastructures cellulaires : les tours, les abris de télécommunications, les radios, etc., conclut M. Melançon.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !