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Repentigny promet une révision policière après une autre plainte de profilage racial

Gyrophares éteints d'une voiture du service de police de Trois-Rivières.

La Ville de Repentigny n'a pas commenté directement la décision, mais indique dans un communiqué qu'elle élaborait un plan d'action pour s'attaquer au problème de profilage (archives).

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

La Ville de Repentigny a déclaré lundi qu'elle allait revoir ses pratiques policières après qu’une série de plaintes de profilage racial contre ses agents eurent été retenues par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

La CDPDJ a récemment constaté que la Ville de Repentigny a fait preuve de discrimination envers Leslie Blot lorsque des agents l’ont arrêté, menotté, et lui ont donné des constats d’infraction en 2017 alors qu'il était assis sur le siège passager d'une voiture garée et gonflait des ballons pour ses enfants.

M. Blot a été victime de discrimination, sous forme de profilage, fondée sur l'intersectionnalité des motifs de race, de couleur et de sexe, indique la décision publiée le mois dernier.

La Commission a statué que les preuves justifient que l'affaire soit entendue par le tribunal des droits de la personne de la province, à moins que la Ville ne consente à un règlement qui comprend le paiement de plus de 38 000 $ à M. Blot et la prise de mesures pour réduire le profilage, y compris la collecte des données raciales sur les contrôles de police.

M. Blot, qui est Noir, a dit que ce n'était pas la première fois qu'il était arrêté sans raison par la police de Repentigny. Mais cet incident, qui s'est produit à l'extérieur de son domicile alors qu'il ne faisait que gonfler des ballons dans la voiture de sa petite amie, est allé trop loin selon lui.

Je suis chez moi et tu viens me demander une pièce d'identité devant mes enfants?, s’est-il indigné lors d'un entretien téléphonique lundi. Ils m’ont arrêté, ils m'ont menotté, ils m'ont arraché mon téléphone de la main quand j'ai décidé de filmer la scène.

M. Blot dit que le téléphone de son frère a également été saisi. Une vidéo de l'arrestation a été effacée, mais a ensuite été récupérée, a-t-il déclaré.

M. Blot a finalement été libéré et a reçu quatre constats d’infraction : deux pour manque d'assurance et de papiers d'enregistrement, un pour avoir refusé de fournir une pièce d'identité et un pour avoir insulté un agent. Tous ont finalement été abandonnés par la Ville.

Pas un événement isolé

La Ville de Repentigny n'a pas commenté directement la décision, mais indique dans un communiqué qu'elle élaborait un plan d'action et qu'elle s’est engagée dans un processus de transformation organisationnelle.

Nous avons entre autres rencontré tous nos policiers pour entendre leurs perceptions de ce qui se passe sur le terrain et au sein de la police et des organisations intervenant sur le territoire afin de comprendre leurs préoccupations et d'intégrer leurs idées dans notre plan d'action, précise la ville, ajoutant qu'elle annoncerait une série de mesures concrètes au cours de l'été.

Ni M. Blot ni Fo Niemi du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) n’ont une grande confiance dans les promesses de changement de la Ville, dont le corps policier a souvent été accusé de profilage racial.

M. Niemi a déclaré que le cas de M. Blot est la quatrième fois que la CDPDJ a statué contre la Ville ces dernières années, et chaque fois Repentigny a choisi de laisser le dossier aller au tribunal des droits de la personne plutôt que d'accepter le règlement proposé.

Il dit que son organisation examine neuf autres plaintes de jeunes Noirs impliquant un profilage présumé par la police de Repentigny.

Les mots de nos jours n'ont plus d'importance, parce que les mots peuvent être très creux, soutient M. Niemi. Nous avons besoin de voir des actions concrètes, des résultats concrets sur le terrain.

M. Blot, qui a depuis déménagé dans une autre ville, dit que la police de Repentigny l'arrêtait en moyenne une fois par mois, généralement pour de prétendues vérifications de routine de son identité au volant.

Je trouve assez étrange qu'il n'y ait que des gens qui me ressemblent [qui se font arrêter], déplore-t-il. Il dit que le profilage racial se produit partout, y compris à Montréal, mais Repentigny est à un autre niveau. Comme M. Niemi, il doute qu'un changement se produise.

S’il est satisfait de la décision de la Commission, il est cependant trop tôt pour crier victoire pour M. Blot. Il s'attend à ce que la Ville refuse de l'indemniser et se prépare à un long processus avant que l'affaire soit entendue devant le tribunal.

Avec les informations de La Presse canadienne

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