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Langues officielles : une plainte contre la GRC de l’Î.-P.-É fait l’objet d’une enquête

Un policier de la GRC, assis dans son véhicule près d'une autoroute, utilise un radar.

La GRC de l'Île-du-Prince-Édouard est visée par une enquête du Commissariat aux langues officielles du Canada (archives).

Photo : CBC / Travis Kingdon

Le Commissariat aux langues officielles enquête sur une plainte déposée contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de l’Île-du-Prince-Édouard.

Selon un rapport préliminaire d’enquête, certaines publications web de ce corps de police n'ont pas été traduites en français lors d’une intervention policière à Souris, dans l'est de l'île, les 8 et 9 mai 2020.

Un homme âgé de 25 ans et armé s’était barricadé dans une résidence.

Les allégations

Dans sa plainte, le plaignant soutient que la GRC aurait diffusé, le 8 mai 2020, trois publications uniquement en anglais sur son compte Twitter au sujet de l'événement à Souris.

Le 9 mai 2020, la police aurait d’abord publié un autre message en anglais sur Twitter. Le message en français aurait été publié plusieurs heures plus tard.

Selon la plainte, la version anglaise d’un communiqué de presse sur l’événement aurait aussi été diffusée deux heures avant la version française le 9 mai 2020.

Voiture de police en fin de journée.

Un véhicule de la GRC à Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, le 8 mai 2020, lors d’une opération policière qui a culminé dans l’arrestation d’un homme âgé de 25 ans.

Photo : CBC / John Robertson

La réponse de la GRC

Dans le rapport préliminaire d’enquête, la GRC a fait valoir que les émotions étaient vives durant l’opération policière à Souris.

La GRC a rappelé que l’événement s’est produit quelques jours après la tuerie de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

Selon la police, le nombre de demandes de renseignements à cette occasion était énorme et le seul employé responsable des communications au moment des faits n’était pas bilingue.

Il a donc été décidé de publier dans un premier temps les messages en anglais uniquement sur les réseaux sociaux.

Le corps policier a reconnu que le communiqué de presse en anglais a été envoyé en premier, mais le responsable des communications connaissait les obligations de l’institution en matière de langues officielles.

Depuis, la GRC a fait traduire des publications qu’elle peut utiliser en cas d’urgence, a indiqué la police dans le rapport.

L'institution a aussi déclaré avoir engagé un autre employé pour assurer les relations avec les médias. Néanmoins, cet employé n’est pas bilingue.

Le corps policier a ajouté que ses responsables des communications ne sont pas tous bilingues, mais ces personnes doivent toujours veiller à la qualité des publications dans les deux langues officielles.

M. Théberge s'adresse aux médias, assis à une table, devant des drapeaux canadiens.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, rappelle que les communications doivent avoir une qualité égale dans les deux langues officielles avant d’être diffusées au grand public.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Les recommandations préliminaires

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a recommandé à la GRC de l’île, dans son rapport préliminaire, de rappeler à ses employés que les communications doivent avoir une qualité égale dans les deux langues officielles.

Les messages doivent aussi être publiés simultanément en français et en anglais.

Ce problème de communication n’aurait pas dû se produire compte tenu de la gravité de la situation, selon le commissaire.

Lors des situations d’urgence, le plus important c’est la communication. On doit être en mesure de communiquer dans les deux langues officielles, en même temps et [avec la] même qualité.

Une citation de :Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles

La plainte déposée contre la GRC de l’Île-du-Prince-Édouard ne semble pas surprendre Raymond Théberge. Cet incident s’ajoute à plusieurs incidents qu’on a constatés depuis une décennie au moins, explique-t-il.

Cinq plaintes ont été portées contre la GRC dans différentes provinces entre 2019 et 2020 à cause de problèmes de communication lors de situations d’urgence, selon lui.

Le rapport final

Lorsque la personne qui a déposé la plainte et la GRC de l’île auront répondu aux consignes indiquées dans le rapport préliminaire, un document final sera rédigé.

Après la divulgation de ce rapport, la GRC de l’île aura trois mois pour se conformer aux recommandations du Commissariat.

Selon le commissaire Raymond Théberge, son bureau réalise toujours un suivi auprès des institutions visées par des plaintes.

Il ajoute que de 75 % à 80 % des recommandations de son bureau sont mises en œuvre par les institutions fédérales lorsque ces consignes sont émises.

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