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« C’est un désastre » : la MR de Saint-Laurent déclare l’état d’urgence agricole

Les récoltes sont mises à mal par la sécheresse et les sauterelles, tandis que les puits sont à sec.

Des cultures sont en mauvais état à cause de la sécheresse au Manitoba en 2021.

Le Municipaité rurale de Saint-Laurent indique que l'humidité du sol est à 40 % de la normale cet été. (archives)

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

La chaleur et le manque de pluie ont peu à peu raison des récoltes et menacent le bétail dans certaines parties du Manitoba. Dans la région d’Entre-les-Lacs, la Municipalité rurale de Saint-Laurent, située sur les rives du lac Manitoba, vient de déclarer, lundi soir, l’état d’urgence agricole.

La résolution adoptée par le conseil municipal indique que le taux d’humidité est de 40 % plus bas que la normale, que le rendement des récoltes s’annonce extrêmement faible, et que les mares-réservoirs et les puits sont à sec ou sur le point de l’être.

La Municipalité s'inquiète de l'approvisionnement en eau et de la qualité de l’eau, et une invasion de sauterelles aggrave le manque de foin pour le bétail.

Le préfet adjoint, Frank Bruce, dit que certains fermiers sont forcés de vendre leur bétail en raison du prix de la nourriture et de l’eau. Leur situation, dit-il, est désespérée.

Certains vendent leur cheptel à cause de la sécheresse. C’est un désastre. Plusieurs n’ont pas d’eau. Leur puits s’assèchent et ils prennent leur eau du lac et des mares-réservoirs. Et pour couronner le tout, les sauterelles sont en train de manger leur récolte. C'est une infestation, dit-il.

Agriculteur à Saint-Laurent où il habite depuis 39 ans, Yvon Perrault rappelle que c’est une région rocailleuse qui sert principalement à la production de bœuf.

Pour sa part, il récolte du foin sauvage. Mais la production est pauvre cette année. Il n’a pas mouillé, il n’y a pas de pluie et il y a en masse de sauterelles.

Il ne prévoit aucune coupe de foin pour l'instant, étant donné qu’il n’y a pas d’eau dans les "dugouts", il n’y a plus de foin et que le peu qui avait poussé a été dévoré par les sauterelles.

Yvon Perrault estime que la dernière averse date de six semaines et rappelle que ça fait la quatrième année où il n’y a pas gros d’eau .

L’impact économique de la sécheresse a amené le conseil municipal de Saint-Laurent à demander une aide immédiate aux programmes de la province et du gouvernement fédéral.

Le président de Keystone Agricultural Producers (KAP), Bill Campbell, n’est pas surpris. La région d’Entre-les-lacs est dans un piètre état, dit-il, comme le sont d’autres régions de la province elles aussi aux prises avec la sécheresse.

S’il est encore trop tôt pour évaluer l’étendue économique des dommages, le mal fait aux récoltes, au fourrage et aux pâturages est probablement irréversible, avance Bill Campbell.

La chaleur entraîne l’avortement des gousses, et le blé ne sera pas en aussi bon état qu’il le devrait. Il y a trop de stress et les plants ne s’en remettront pas, explique-t-il.

Des averses isolées en juin avaient fait naître un peu d'optimisme chez les fermiers qui étaient déjà inquiets au moment des semences, mais le dôme de chaleur de la fin de semaine n’a fait qu’attiser leur inquiétude. Ils se demandent aussi si les récoltes auront lieu plus tôt cette année.

Avec les insectes qui s'en prennent au canola, le gel et le froid au printemps, une faible germination et la nécessité de semer de nouveau, les fermiers ont vécu des hauts et des bas émotifs, comme un yoyo. Et puis cette vague de chaleur intense! Les fermiers sont habitués à faire face à l'adversité, mais nous n'avons pas eu assez de pluie et c’est Dame Nature qui a la carte maîtresse, ajoute Bill Campbell.

Bill Campbell s'inquiète aussi du manque d’eau pour son propre troupeau.

Un pâturage qui manque d’eau devient un problème pour le bétail. Les animaux doivent boire tous les jours, rappelle-t-il.

Larry Wagner, un producteur près de Virden, est aussi le président de la Manitoba Forage and Grasslands Association. Toutes les plantes qui ont vécu du stress avant la vague de chaleur sont en piètre état, dit-il.

Lui aussi s’inquiète que la récolte soit prématurée.

Il faudra faire une croix sur certains champs qui ne pourront être récoltés qu’en tant que nourriture pour les animaux, dit-il. Certains ne seront même pas récoltés. Il faut juste continuer et sauver ce qu’on peut.

Une récolte prématurée, cela signifie que le plant a mûri trop tôt et qu’il donnera moins que ce qu’il aurait pu donner. Ce n’est pas un bon signe, dit-il.

Les fermiers ne peuvent rien y faire si la pluie n’est pas au rendez-vous, ajoute Larry Wagner. Nous aurons à prendre de graves décisions pour voir comment nous allons gérer les conséquences de cette sécheresse.

Avec les informations de Marianne Klowak et Gavin Boutroy

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