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Des Matanais s’opposent à la future configuration de la rue Étienne-Gagnon

Des gens discutent dans la rue où se trouve de la machinerie et des tas de terre.

Les travaux visent avant tout à remplacer le système de canalisations.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Radio-Canada

La transformation de la rue Étienne-Gagnon à Matane ne fait pas l'unanimité chez ceux qui l'habitent. La Ville a décidé de rétrécir la rue et d’enlever les trottoirs.

La Ville de Matane profite de la modernisation du système de canalisation pour faire des changements au paysage urbain de cette artère. Une fois les travaux terminés, les trottoirs n’existeront plus et la rue sera plus étroite.

Aux yeux des élus, ces nouveaux aménagements ont un objectif environnemental et économique, mais pour les Matanais qui habitent le secteur, il y a un enjeu de sécurité, notamment celui des enfants.

Les résidents de cette rue ont transmis une lettre aux élus pour leur demander de réaménager les trottoirs, mais leur demande a été rejetée.

Ils déplorent que la Ville ne les ait pas consultés avant d’aller de l'avant. Il y a quelque temps, la rue voisine a aussi perdu ses trottoirs.

Trois voitures de large dans la rue. Deux d'entre elles stationnées en bordure de la rue.

La rue McKinnon a aussi été rétrécie. Les résidents de la rue Étienne-Gagnon estiment qu'il n'y a plus assez d'espace pour une circulation sécuritaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Selon ces résidents, la sécurité devient un enjeu important lorsqu'une auto et des piétons circulent en même temps.

Quand les piétons sont laissés lousses dans la rue avec les vélos, c’est déplorable un peu, observe Jocelyn Ouellet, résident de la rue Étienne-Gagnon. Quand tu ouvres la porte de la voiture, il faut que tu fasses attention.

Pour les résidents, il y a trop de circulation sur leur rue pour les priver de trottoirs.

À quelques pas de là, il y a une école et Eugénie Arsenault craint pour la sécurité de son enfant qui doit s'y rendre à pied.

Ça devient très [compliqué] d’expliquer à un enfant : Ici tu marches sur le trottoir, ici tu dois marcher sur le bord de la rue. On ne sait plus trop là, mentionne-t-elle.

On nous a dit que l’orientation de la Ville c’était de retirer progressivement les trottoirs dans les rues secondaires, ajoute Mme Arsenault. Nous on n’a pas été consultés pour ça.

À son avis, l'orientation du Plan stratégique 2020, qui était de favoriser les transports actifs, entre en contradiction avec cette décision. Les piétons n'auront pas le choix de marcher au milieu de la rue, déplore-t-elle.

Arguments économiques et environnementaux

Pour Matane, les rues secondaires comme la rue Étienne-Gagnon sont larges comparées aux normes actuelles.

La Ville explique sa décision avec des arguments économiques et environnementaux.

Des pancartes enjoignant les automobilistes de faire un détour en raison des travaux.

La rue Étienne-Gagnon est empruntée par beaucoup de personnes se rendant à pied au centre commercial situé tout près.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Selon le maire de Matane, Jérôme Landry, rétrécir la rue va permettre de remplacer une partie de l’asphalte par du gazon, et c'est une bonne façon de se prémunir contre les effets des changements climatiques. 

Les pluies abondantes se font de plus en plus fréquentes, constate-t-il. L’eau arrive dans notre système de traitement des eaux et le risque de refoulement des eaux de pluie est de plus en plus élevé. Ça risque de créer des dommages à notre système. Donc on vient remplacer l'asphalte par du gazon qui va absorber une partie de l’eau.

Jérôme Landry considère que les rues secondaires, comme la rue Étienne-Gagnon, sont larges comparativement aux normes actuelles.

Selon lui, des rues plus étroites sont plus sécuritaires parce que les gens y roulent beaucoup moins rapidement. C’est une évidence qu’on a constatée partout, indique-t-il.

Le maire soulève également que la Ville pourra économiser sur les frais de déneigement.

Même si la demande de ces résidents, de reconstruire les trottoirs, a été rejetée, ils maintiennent qu’il n’est pas trop tard pour faire marche arrière.

D’après le reportage de Jean-François Deschênes

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