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Les détenus de la Saskatchewan, ces oubliés de la pandémie

Pancarte du centre correctionnel de Saskatoon accrochée au grillage par un jour de beau temps.

Le centre correctionnel de Saskatoon. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Détenus et employés des centres correctionnels de la Saskatchewan estiment que le gouvernement provincial a laissé tomber les intervenants de première ligne du système pendant la pandémie.

CBC a examiné plus de 100 pages de plaintes déposées par des détenus pendant la pandémie. Celles-ci traduisent un grand sentiment d’abandon dans les établissements de soins provinciaux pendant la pandémie.

Les douzaines de plaintes, écrites à la main par des détenus et obtenues grâce à la Loi sur l’accès à l’information, décrivent en détail les conditions de vie des détenus et le stress ressenti par ceux-ci alors que les services auxquels ils avaient accès disparaissaient graduellement.

Robin Ledoux, détenu du Centre correctionnel provincial de Saskatoon, a vécu la pandémie à l’intérieur. Il prétend avoir passé 27 jours consécutifs enfermé dans sa cellule en vertu de protocoles stricts de la COVID-19, sans avoir contracté la maladie. Pendant cette période, allègue-t-il, l’accès aux toilettes lui était refusé, ce qui l’obligeait ainsi à utiliser sa poubelle comme toilette. Robin Ledoux juge que ce traitement est cruel et inusité.

Les pauses pour aller à la salle de bains ou prendre une douche auraient également été écourtées. Selon lui, le personnel le privait des médicaments servant à traiter ses dépendances, ainsi que des produits d’hygiène personnelle et des vêtements appropriés.

Honnêtement, on se moque de nous.

Une citation de :Robin Ledoux, détenu au Centre correctionnel provincial de Saskatoon

De nombreux autres détenus ont souffert de la situation à l'image de M. Ledoux.

Une détenue du Centre correctionnel Pine Grove, à Prince Albert, affirme que sa santé mentale a grandement souffert à la suite de la fermeture de la bibliothèque de l’établissement, en raison de la pandémie. 

« Cela nous donnait quelque chose à faire », a écrit un détenu, dont le nom n’a pas été divulgué pour des raisons de confidentialité.

« Si je n’ai rien à lire, je pense aux différentes façons de me sortir de prison », a écrit un autre détenu. 

Faire tout ce qui était humainement possible

L’opposition néo-démocrate demande la démission de la ministre provinciale des Services correctionnels, de la Police et de la Sécurité publique, Christine Tell.

Dans une entrevue accordée à CBC, Mme Tell a dit qu’elle ne démissionnerait pas et que le gouvernement faisait tout ce qu’il pouvait pour assurer la sécurité des détenus.

La ministre provinciale des services correctionnels, Christine Tell, répond aux questions des reporters.

La ministre provinciale des services correctionnels, Christine Tell.

Photo : Radio-Canada

Elle a affirmé que le gouvernement avait mis en place des restrictions et des protocoles dans tous les secteurs au début de la pandémie afin de ralentir la propagation du virus.

Il n’y a rien d’autre qui aurait pu être fait, a-t-elle dit. Je ne connais rien qui soit humainement possible.

Selon la ministre, les réalités observées dans les prisons de la province reflètent celles de la collectivité.

D'après les informations de Morgan Modjeski 

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