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Une patiente a dû se coucher au sol à l’Hôpital de Hull; sa famille dénonce

Un panneau portant la mention urgence et une flèche indiquant la porte d'entrée.

L'entrée de l'urgence de l'Hôpital de Hull (archives)

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Radio-Canada

Une femme de Gatineau, Anne Pommainville, aurait été contrainte de passer plusieurs heures couchée sur le plancher de la salle d’attente de l’Hôpital de Hull pendant qu’elle se tordait de douleur, faute de civière disponible. Un traitement qu'ont dénoncé des membres de sa famille, choqués.

Elle ne méritait pas ça, a lancé son conjoint, Jacques Richard, en entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau, racontant la nuit du 27 juin au 28 juin dernier.

En attente, assise sur une chaise pendant plusieurs heures, Anne Pommainville aurait alors éprouvé des douleurs trop aiguës au ventre pour qu’elle garde cette position.

La seule option possible pour qu'elle puisse s’étendre était de disposer des couvertures au sol afin de lui former un lit improvisé, aurait indiqué le personnel, selon le récit de M. Richard.

Cherchant à la rendre plus confortable, ce dernier a ensuite voulu la coucher dans sa voiture, mais le personnel lui aurait répondu que si le tour de la dame venait sans qu’elle ou lui ne soient présents dans la salle d’attente, elle perdrait sa priorité.

M. Richard a indiqué qu’il a tout de même installé Anne Pommainville dans son véhicule pour ensuite multiplier les allers-retours entre celui-ci et la salle d’attente.

Je vais m’en souvenir toute ma vie, de cette nuit-là. Je ne l’oublierai jamais, a ajouté Jacques Richard.

Une femme étendue sur le plancher de la salle d'attente de l'urgence de l'Hôpital de Hull.

La femme serait restée plusieurs heures en douleur sur le sol, a indiqué sa famille qui a fourni un enregistrement vidéo.

Photo : Gracieuseté de la famille Richard

Sa femme aurait ensuite été prise en charge pour être opérée d’urgence à l’Hôpital de Gatineau, où elle a été transférée. La famille Richard affirme ne pas avoir été informée de ce transfert.

Puis, mardi, à 11 h, M. Richard a reçu un appel l’informant que le cœur de sa conjointe avait cessé de battre et que les tentatives de réanimation étaient infructueuses, a raconté la famille. Le décès de sa conjointe a ensuite été constaté.

Traitement dénoncé

La nièce de Jacques Richard, Véronique Richard, a insisté en entrevue sur le fait que sa famille ne blâme pas le personnel de la santé pour la mort d’Anne Pommainville. On regrette plutôt la façon dont elle a été traitée.

Ce qui me fâche le plus, c’est de voir que ça se passe en 2021, de voir qu’on a des gens couchés par terre dans une salle d’attente, en douleur intense parce qu’il n’y a pas de civière, parce qu’il n’y a pas de place, parce qu’ils sont débordés, a-t-elle soutenu.

Les effets de la pénurie de personnel hospitalier sont en cause, estime-t-elle.

Le but n’est pas de jeter la pierre aux employés, aux infirmières, aux préposées, aux agents administratifs, aux médecins. [...] Ils travaillent à des effectifs ridicules. Ce sont des vies qu’ils soignent, a-t-elle ajouté.

Ça n’a pas de sens. Ils sont à bout de souffle.

Une citation de :Véronique Richard, nièce de Jacques Richard

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a indiqué qu’une enquête était en cours à l’interne. Dans l’intermède, on refuse de commenter le dossier.

Aux yeux du président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, Anne Pommainville n’a pas été traitée avec dignité.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la dame n’a pas été traitée comme on se serait attendu qu’elle le soit, minimalement, même après une période de pandémie et même dans la situation dans laquelle le CISSS de l’Outaouais se trouverait présentement, a-t-il commenté.

Ça fait presque 25 ans que je suis porte-parole. J’ai rarement vu ça dans un hôpital en occident, au Canada, au Québec, qu’on n’ait pas été capable de trouver une seule civière et un seul lit, a-t-il poursuivi.

Avec les informations de Marielle Guimond

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