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Une vidéo tournée pendant une arrestation au N.-B. soulève des questions

Un agent de la GRC semble frapper un homme plaqué au sol lors d'une arrestation.

Un agent de la GRC a été filmé alors qu'il semblait frapper un homme lors d'une arrestation à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, vendredi.

Photo : (Facebook)

Radio-Canada

Les images choquantes d'une intervention policière à Campbellton suscitent beaucoup de réactions.

La vidéo montre un policier de la GRC donnant plusieurs coups de poing à un homme étendu sur le sol.

Jean Sauvageau, professeur de criminologie et de justice pénale de l’Université Saint-Thomas, se montre prudent et hésite à tirer des conclusions hâtives, puisque l'enquête sur l'intervention policière menée par le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec n'est pas encore commencée et que la vidéo ne permet pas de comprendre l'entièreté de la situation. Il se demande tout de même si les coups de poing qui ont été donnés sont justifiés.

Jean Sauvageau observe aussi que, selon la vidéo, le policier semble porter des gants. Des gants souvent faits de kevlar, et puis renforcés aux jointures, donc avec des jointures avec des plaques de plastique solides, qui dans certains cas, je dois comprendre, peuvent avoir du poids d'inclus. Donc ça renforce le coup de poing. À ce moment-là, ce sont des gants qui sont conçus pour protéger la main qui frappe et pour frapper encore plus fort ceux qui reçoivent les coups.

On ignore quel est l’état de santé de l'homme qui a été arrêté et qui a reçu ces coups, mais selon la GRC, il a refusé d'obtenir des soins médicaux.

Jean Sauvageau en entrevue dans son bureau.

Jean Sauvageau, professeur de criminologie à l'Université Saint-Thomas

Photo : Radio-Canada

Pas d'équipe au N.-B. pour réviser l'arrestation

L'enquête sur cette arrestation a été confiée au Bureau des enquêtes indépendantes du Québec, puisque le Nouveau-Brunswick n'a pas sa propre agence pour analyser les actions des policiers de la province, ce que déplore d'ailleurs Jean Sauvageau.

Le professeur Sauvageau précise que ce n'est pas la première fois qu'une intervention policière tourne mal et nécessite une enquête externe. Il fait référence notamment au cas de Michel Vienneau, à Bathurst, en 2015, ainsi qu'aux Autochtones Rodney Levi et Chantel Moore l’an dernier, qui sont morts suite à des interventions policières.

Il faudrait bien un jour que le gouvernement du Nouveau-Brunswick se penche sur la façon dont on veut que nos policiers se comportent et interviennent, ce qui est permis et ce qui l'est pas, et les limites de ce genre de chose. Pour l'instant, on semble se poser peu de questions.

Une citation de :Jean Sauvageau, criminologue

On se contente d'un flou artistique relativement important dans le droit et dans les règlements, note le professeur Sauvageau. Et donc il faudrait peut-être un jour se poser de sérieuses questions sur ce à quoi on s'attend des policiers du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Blaine Higgs a déjà indiqué qu'il s'oppose à la création d'une agence unique au Nouveau-Brunswick et qu'il  préconise plutôt une agence pour les quatre provinces de l'Atlantique.

Une porte-parole du ministère de la Justice et de la Sécurité publique a indiqué par courriel que le gouvernement « étudie les options concernant la création d’une équipe » de ce genre.

D'après un reportage de Sarah Déry

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