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L’écrivain francophile Naïm Kattan meurt à 92 ans

Naïm Kattan, assis sur une chaise devant une bibliothèque.

Naïm Kattan dans son bureau dans les années 60.

Photo : Archives juives canadiennes Alex Dowrkin

Radio-Canada

L’écrivain d'origine juive irakienne Naïm Kattan s’est éteint à l’âge de 92 ans. Il a écrit une trentaine d'ouvrages en français, sa deuxième langue.

Il est décédé vendredi à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, où il vivait depuis deux ans. J’ai la tristesse d’annoncer le décès de mon père Naïm Kattan, a écrit sur Facebook dimanche son fils Emmanuel Kattan, aussi écrivain.

Son amour me soutenait, m’a donné confiance dans le monde. Il laisse un vide immense dans ma vie et dans celle de tous ses proches, a-t-il poursuivi.

Né à Bagdad, en Irak, le 26 août 1928, Naïm Kattan a quitté son pays natal au début des années 50, durant l’exode des Juifs des pays arabes et musulmans, peu de temps après la création d’Israël. Il a habité en France, au Québec et en Ontario.

Il a d’ailleurs publié plusieurs romans autobiographiques qui abordent les différences culturelles, l'exil, l’appartenance et la nostalgie des origines.

Son ami Jacques Allard lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. Habituellement, il me racontait un peu ce qu’il écrivait, me répétant qu’il ne pouvait s’empêcher d’écrire. Autrement, il faisait des cauchemars, a-t-il écrit, attristé par la perte de l'auteur.

Publier pour lui était capital, comme s’il avait encore et toujours à s’affirmer, se raconter, à se faire reconnaître, après une cinquantaine d’ouvrages.

Une citation de :Jacques Allard

Naïm Kattan a reçu plusieurs distinctions honorifiques, dont l’Ordre du Canada et l’Ordre national du Québec.

Au cœur de la communauté

Arrivé à Montréal alors que la communauté juive était surtout anglophone, il s’implique au sein du Cercle juif de langue française et il fonde ensuite le Bulletin du Cercle juif, une publication d’actualité pour les communautés juives. C'était un petit journal, mais c'était le premier non catholique écrit en français au Québec, avait-il souligné.

Il avait d’ailleurs l’habitude de dire qu’il était né trois fois. Je suis né à Bagdad, c'est réel, c'est mon enfance, ma famille, mes racines. Je suis né à nouveau à Paris, où j'ai découvert en vrai et pas seulement dans les livres la culture et la civilisation de l'Occident, disait-il.

Ma troisième naissance, la plus fondamentale, s'est faite à Montréal : une ville qui contient toutes les autres, où toutes les ethnies, les religions et les langues survivent, mais où il doit y avoir une langue commune pour que les gens puissent s'entendre et se parler : le français.

Durant sa carrière, il a écrit pour plusieurs publications, notamment Le Devoir, où il a été critique littéraire. Il a aussi dirigé le Service des lettres et de l'édition du Conseil des Arts du Canada pendant plus de 25 ans.

De retour à Montréal

Son fils Emmanuel Kattan a précisé qu'il tentait de rapatrier le corps de son père à Montréal, comme le souhaitait l'écrivain. Mon père souhaitait être enterré à Montréal, dans le pays qui l’a accueilli il y a plus de soixante ans.

Il avait d'ailleurs discuté de son retour dans la métropole avec son ami Jacques Allard. Selon lui, Naïm Kattan tenait à sa québécité et à sa canadianité. Récemment, il m’avait confié qu’il allait revenir à Montréal, ne serait-ce que par ses cendres en ces temps où de toute façon il ne pouvait plus prendre l’avion, raconte-t-il.

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