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Les changements climatiques remettent en question la gestion des feux de forêt

Un automobiliste arrêté au bord de la route Transcanadienne observe un feu de forêt à flanc de montagne à Lytton, en Colombie-Britannique, le jeudi 1er juillet 2021.

Des incendies comme celui qui a ravagé la municipalité de Lytton, en Colombie-Britannique, risquent de devenir de plus en plus courants à cause des changements climatiques, selon des experts.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Des experts en gestion des feux de forêt voient dans l'incendie qui a ravagé la municipalité de Lytton, en Colombie-Britannique, un signe que la province doit s’adapter rapidement à la nouvelle réalité imposée par les changements climatiques.

Bien qu’elle investisse annuellement des millions de dollars dans la prévention des feux de forêt, certains croient qu’elle doit y consacrer plus de moyens, en plus de repenser complètement ses moyens de lutter contre ceux qui éclatent.

Pour l’agent de liaison à la gestion forestière des services d’urgence des Premières Nations, Brenden Mercer, l’incendie qui a ravagé les environs de Lytton avait de quoi surprendre.

J’ai été surpris parce que je connais l’ampleur du travail réalisé dans ces environs au fil du temps, explique-t-il. Ils ont l’habitude de se débarrasser des plus importantes causes potentielles, ajoute-t-il.

Quand j’ai évalué les risques dans les environs, j’avais noté des secteurs où il y avait de l’herbe et des épines sèches et ils les ont nettoyés, mais il ne pouvaient pas prévenir tous les risques.

Une saison longue et difficile en vue

Vendredi, la Colombie-Britannique comptait 172 feux de forêt actifs et près de 1400 résidences sous ordres d’évacuation.

Le cycle de sécheresse est environ trois semaines en avance, note Cliff Chapman, directeur des opérations aux services de lutte contre les feux de forêt de la province.

On ne peut pas vraiment comparer cette saison aux précédentes parce que la vague de chaleur a frappé en juin.

L’absence de précipitations significatives à l’horizon lui fait craindre une saison des feux plus longue et féroce qu’à l’habitude, ce qui aura pour effet d’épuiser les pompiers plus rapidement.

Se préparer encore mieux

Selon Brenden Mercer, le niveau de préparation de la province s’est grandement amélioré depuis les feux de 2017, notamment en ce qui a trait à la collaboration avec les Premières Nations.

Il faut toutefois faire plus, entre autres en matière de brûlage contrôlé des sources potentielles de combustible, croit-il.

Selon lui, les efforts consacrés à la lutte aux feux actifs ont surpassé les mesures de prévention.

On en est au point où certains écosystèmes contiennent beaucoup plus de carburant que ce qu’ils n’ont jamais eu.

Combinés à des vagues de chaleur comme celle qui s’abat sur l’Ouest canadien, ces secteurs risquent de devenir de véritables poudrières, ajoute-t-il.

Les pompiers Québécois en renfort

Lundi, quarante pompiers forestiers québécois s'envoleront vers la Colombie-Britannique afin de prêter main-forte à leurs collègues de l'Ouest. Cette aide est rendue possible, car la situation stable au Québec le permet pour l'instant, selon Stéphane Caron, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

On a connu un fort début de saison au Québec, avec un printemps très actif, mais là, avec les précipitations qui sont tombées dans les derniers jours et les dernières semaines, on est dans une situation un peu plus calme.

Seulement deux feux sont présentement en activité au Québec, alors que 7672,6 hectares de forêt sont déjà partis en flammes plus tôt cette année. Le Québec soutient la Colombie-Britannique, en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). 

Quelle préparation prévoir?

L’incendie de Lytton doit également servir d’avertissement, croit la chercheuse Carly Phillips, de l’Université de Victoria.

Ce sont les changements climatiques qui mènent à ce genre de saison des feux, souligne-t-elle. Comment devons-nous nous adapter à cette nouvelle réalité?

Les changements climatiques [...] doivent changer notre façon de gérer non seulement les feux, mais aussi nos ressources, croit-elle.

Elle note toutefois qu’en plus de subir l’impact des changements climatiques, les forêts qui brûlent les accentuent en dégageant des quantités importantes de carbone dans l’atmosphère.

Il faut donc adopter une approche préventive, plutôt que de se contenter de gérer les feux lorsqu’ils brûlent déjà.

Avec des informations de David Ball, ainsi que des émissions The Early Edition et On the Coast

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