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McKenzie Meadows : le projet immobilier abandonné après un an de mobilisation autochtone

Des membres des Six Nations de Grand River occupent le chantier depuis juillet 2020.

Une pancarte érigée au chantier de construction de McKenzie Meadows où il est écrit « pas de consentement à la construction, c'est un territoire autochtone ».

Des manifestants ont arrêté le développement du projet McKenzie Meadows le 19 juillet 2020 et occupent le terrain depuis, le renommant 1492 Land Back Lane.

Photo : CBC/Dan Taekema

Le promoteur du complexe immobilier McKenzie Meadows, à Caledonia, a annoncé vendredi mettre fin au projet, près d’un an après le début de l’occupation du chantier par des manifestants autochtones.

Le vice-président et directeur juridique de Losani Homes of Stoney Creek, William Liske, a expliqué dans un courriel n’avoir reçu aucune réponse aux demandes d’aide ou d’intervention faites aux gouvernements fédéral et provincial.

Plus tôt cette semaine, une lettre a été envoyée aux acheteurs affirmant que les promesses de vente n'ont pas été tenues pour un certain nombre de raisons, notamment le temps écoulé, l’évolution du projet, le manque de conformité ou d'exécution des ordonnances du tribunal, et l'échec de l'un ou de l'autre gouvernement [provincial ou fédéral] à répondre aux demandes d'aide ou d'intervention.

Environ 180 promesses de vente avaient été signées, selon M. Liske, dont la plupart comprennent plus d’un signataire, totalisant environ 360 acheteurs. Tous les dépôts, allant d'un minimum de 21 000 $ à un maximum de 88 000 $, seront remboursés dans leur intégralité, a précisé le vice-président.

Le promoteur Foxgate Developments, un partenariat entre Losani et Ballantry Homes, devait construire plus de 200 maisons sur un terrain qu’il a baptisé McKenzie Meadows.

Mais depuis juillet 2020, plusieurs militants des Six Nations de Grand River occupent le chantier de construction et bloquent les travaux, affirmant qu’il s’agit d’un territoire Haudenosaunee non cédé, qu’ils ont d’ailleurs renommé 1492 Land Back Lane.

En avril, le conseil élu a également soutenu l'appel à un moratoire, affirmant qu'il serait irresponsable de poursuivre le développement jusqu'à ce que les problèmes soient résolus.

Un porte-parole a affirmé vendredi que le groupe 1492 Land Back Lane est heureux de la décision.

Skyler Williams pense qu’il s’agit d’une victoire qui démontre que l’on peut s’opposer avec succès aux grands projets de construction et d’exploitation des ressources.

M. Williams a déclaré à CBC News qu’il est temps de trouver des solutions pacifiques, sans avoir recours à la police.

Il raconte que ses parents se sont battus, comme leurs parents auparavant, et qu’il faut continuer à le faire pour les prochaines générations. Si nous abandonnons le terrain maintenant, nos enfants ne pourront faire valoir cet argument.

Les propriétaires sont les grands perdants, selon le maire Hewitt

Ken Hewitt, maire du comté de Haldimand, s’est dit déçu de l’annulation du projet. Les promoteurs et le comté avaient consulté le conseil élu des Six Nations, rappelle-t-il, précisant que la planification et le processus ont été respectés.

Les propriétaires sont les victimes innocentes dans ce cas, et c'est malheureux, a ajouté le maire dans une entrevue avec CBC News. Selon lui, nombre de ces acheteurs étaient de jeunes familles.

« De toute évidence, ces options ne sont plus sur la table.  »

— Une citation de  Ken Hewitt, maire du comté de Haldimand

Les maisons se vendaient entre 300 000 $ et 600 000 $, ce qu’il estime être un prix attirant. Il serait difficile de trouver une nouvelle maison pour 300 000 $ maintenant, souligne M. Hewitt.

Le maire du comté de Haldimand exprime par ailleurs sa frustration envers la Police provinciale de l’Ontario (PPO), qui n’a pas fait respecter les injonctions de la Cour supérieure de l’Ontario obtenues par le promoteur et ordonnant le départ du collectif 1492 Land Back Lane du chantier de construction.

Enfin, M. Hewitt s'est dit préoccupé par les conséquences que cette annonce aura sur le système juridique, le système de titres fonciers et le processus de consultation officiel qui sont présentement en place.

Il y a une autre couche à cela, et c'est notre gouvernement fédéral, qui a choisi d'abandonner les occasions des dernières années pour résoudre ces problèmes qui perdurent, a-t-il déclaré.

Territoires et gouvernance

Le conseil élu de Six Nations est distinct du conseil de bande traditionnel de la Confédération Haudenosaunee (HCCC). Si le conseil élu avait signé une entente pour la construction du complexe immobilier, ce n’est pas le cas du HCCC, qui n’a jamais été consulté ni approuvé le projet.

Ce dernier a même annoncé, en avril dernier, un moratoire unilatéral sur la construction de nouveaux développements sur tout le territoire couvert par le traité de Haldimand. Le chef élu des Six Nations de Grand River, Mark Hill, a soutenu ce moratoire dans les jours qui ont suivi l’annonce du HCCC.

Mark Hill assis devant un micro.

Le chef des Six Nations de de Grand River, Mark Hill

Photo : CBC/Dan Taekema

Le territoire a été accordé aux Six Nations de Grand River en 1784 pour s'être alliés aux Britanniques pendant la Révolution américaine. Il couvre environ 384 451 hectares le long de la rivière Grand en Ontario et comprend entre autres les municipalités de Waterloo, de Brantford et de Caledonia.

Nous ne souhaitons pas vendre des terres, avait déclaré en avril Deyohowe:to (Roger Silversmith), un des chefs des Cayugas de la Confédération Haudenosaunee. Nous voulons la terre qui est la nôtre. Nous ne voulons pas approuver les dépossessions frauduleuses du passé.

Le conseil de bande des Six Nations a intenté une action en justice, en 1995, contre Ottawa et l'Ontario au sujet des terres perdues. Le procès devrait avoir lieu en 2022.

Contacté par Radio-Canada, le collectif 1492 Land Back Lane n'a pas encore réagi à l'annonce du promoteur. Mais de nombreuses publications décrivant cette nouvelle comme une victoire obtenue grâce à leur mobilisation ont été repartagées sur leurs différents réseaux sociaux.

Avec des informations de CBC News Hamilton

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