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12 personnes à Moncton poursuivent Organigram pour l’éclosion de légionellose de 2019

Quelques voitures sont garées devant l'usine.

Les tours de refroidissements de l'établissement contenaient la bactérie Legionella, parfois responsable de pneumonies sévères.

Photo : CBC/Shane Magee

Radio-Canada

Le producteur de cannabis Organigram de Moncton fait face à de nombreuses poursuites. Douze personnes qui ont contracté la légionellose pendant l’été 2019 allèguent qu'Organigram a fait preuve de négligence dans l'entretien de ses tours de refroidissement. L’entreprise a reconnu, en décembre 2020, que les tours de refroidissement situées sur le toit de son usine étaient à l’origine de l’éclosion qui a entraîné l’hospitalisation de 16 personnes.

Onze poursuites ont été déposées à la Cour du Banc de la Reine de Moncton le 30 juin. L'autre avait été déposée en février.

Selon les plaignants, Organigram a omis de mettre en place des mesures adéquates pour réduire les risques de croissance de la bactérie à l'origine de la maladie.

Les poursuites les plus récentes sont pilotées par la firme d'avocats Wagners d’Halifax, qui représente 11 des 16  ayant été hospitalisée.

La bactérie responsable de la légionellose.

La bactérie responsable de la légionellose s'est répandue par la brume.

Photo : La Presse canadienne / AP / Janice Haney Carr

La légionellose est une maladie respiratoire grave. Elle est causée par la bactérie Legionella, qui vit dans les sources d’eau naturelles et certaines installations, comme les tours de refroidissement. Cette maladie est potentiellement mortelle, mais tous les plaignants ont survécu.

CBC a demandé des commentaires de la part d’Organigram, mais l’entreprise n’a pas réagi jusqu’à maintenant. Dans un communiqué datant de décembre 2020, les dirigeants d’Organigram déclaraient qu’ils regrettent profondément les conséquences de cet incident sur les membres de la communauté et leurs familles.

La cause sous silence

L'’éclosion a pris fin le 12 septembre 2019, plusieurs semaines après que les tours de refroidissement ont été nettoyées et qu'aucun nouveau cas n'ait été détecté.

La province a refusé de dévoiler la source de l’éclosion pendant plus d'un an, affirmant que l'endroit ne représentait plus un risque pour la santé du public. De nombreuses personnes qui sont tombées malades ont toutefois déclaré qu'elles méritaient de savoir d'où provenait la maladie.

La province a toutefois changé sa position et Organigram a finalement admis que son usine était la source de l’éclosion.

Comment c'est arrivé ?

Les tours de refroidissement font partie de grands systèmes d’air climatisé. L'eau chaude est pulvérisée sur des cadres en plastique, ce qui entraîne une diminution de la chaleur. L'eau est ensuite recueillie au bas de la tour, qui peut devenir un terrain fertile pour la reproduction des bactéries causant la légionellose.

Le toit d'une tour de refroidissement de l'usine d'Organigram.

L'entreprise Organigram est accusée de ne pas avoir suffisamment entretenu ses tours de refroidissements, responsables de l’éclosion.

Photo :  CBC

La brume infectée provenant des tours de refroidissement peut se retrouver dans un milieu environnant, où les gens la respirent. La maladie est contractée en respirant cette brume. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

Les autorités sanitaires ont déclaré qu'un entretien régulier des tours de refroidissement aide à prévenir l'accumulation de la bactérie Legionella.

Les victimes de la maladie

Les plaignants allèguent qu'Organigram avait le devoir de tester et d’entretenir ses tours de refroidissement correctement. Ils soulignent également que l'entreprise a mis trop de temps avant d’informer le public du risque encouru.

Richard Melanson dans un parc de Moncton.

Richard Melanson a été hospitalisé lors de l’éclosion de légionellose de Moncton en 2019.

Photo : Radio-Canada / Shane Magee

Les plaignants qui poursuivent Organigram sont Paul Richard, Robert Harvey, Jack Proud, Aaron McEachern, Martin Cormier, Shelly Cormier, Pierre Maillet, Richard Melanson, James Daley, Phyllis Hope, Tanya Jamieson-Smith et Claudette Lirette.

Ces personnes vivaient, travaillaient ou circulaient près du site de production de l’entreprise avant de développer des symptômes.

Des conséquences à long terme

Jack Proud, qui s’est entretenu avec CBC alors qu'il était encore à l'hôpital en 2019, vivait dans l'immeuble People's Park, près de l'usine d'Organigram.

Jack Proud est dans un fauteuil roulant, qui est poussé par sa fille.

Jack Proud est resté à l'hôpital de Moncton pendant plusieurs mois après avoir contracté la maladie du légionnaire.

Photo :  CBC

Dans sa déclaration, il affirme être tombé malade en août et n'avoir pu sortir de l'hôpital que le 29 novembre 2019.

Malgré ses efforts, Jack Proud n'a pas été en mesure de retrouver complètement la santé. Il a depuis été transféré dans un établissement de soins de longue durée, où il vit toujours, peut-on lire dans son exposé de la demande.

Pierre Maillet affirme pour sa part qu'il continue à avoir des dommages résiduels aux poumons.

D'après un reportage de Shane Magee de CBC

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