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Statues de Victoria et Élisabeth II déboulonnées : la police de Winnipeg enquête

La statue, sans tête, est érendue par terre. Des drapeaux plantés dans le sol rappellent la mémoire des enfants autochtones morts dans les pentionnats.

La tête de la statue de la reine Victoria a été jetée dans la rivière Assiniboine. La statue, située devant l'assemblée législative du Manitoba à Winnipeg, a été déboulonnée jeudi.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Radio-Canada

Le Service de police de Winnipeg mène une enquête sur le déboulonnement des statues des reines Victoria et Élisabeth II survenu jeudi devant l’assemblée législative du Manitoba.

En conférence de presse vendredi, le chef de police de Winnipeg, Danny Smyth, a indiqué que les enquêteurs analysent, notamment, les bandes vidéo captées par les caméras de sécurité de l’assemblée législative.

Danny Smyth soutient que des arrestations sont à prévoir, sans se prononcer sur le nombre de personnes qui pourraient être interpellées.

Les policiers enquêtent également sur des méfaits commis à l’endroit des policiers ainsi que sur leurs véhicules.

Des milliers de Manitobains ont participé à deux manifestations organisées jeudi, jour de la fête du Canada, en solidarité avec les peuples autochtones qui sont affligés par la découverte de tombes non marquées près d’anciens pensionnats pour Autochtones.

Des personns en orange dans la rue et une vue de bâtiments. e

Des milliers de personnes ont marché en tenue orange dans les rues de Winnipeg jeudi à la mémoire des survivants et victimes des pensionnats pour Autochtones.

Photo : CBC / Andrew Friesen

Ces manifestations se sont terminées devant le palais législatif où les statues ont ensuite été déboulonnées. La tête de la statue de la reine Victoria a été jetée dans la rivière Assiniboine.

Un de ces rassemblements, intitulé Every Child Matters Walk (Marchons parce que chaque enfant compte), partait de l'angle de l'avenue Portage et de la rue Main.

L'autre rassemblement, intitulé Pas de fierté dans le génocide, était organisé par les Premières Nations du traité no 1 et des partenaires tels que l’organisme autochtone Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO). Parti du Musée canadien pour les droits de la personne, il s'est terminé sur l'avenue Portage, dans la Réserve urbaine de Peguis.

Au moment du déboulonnement des statues, les lieux étaient occupés par une foule protestant contre la gestion par le Canada des retombées du système de pensionnats pour les Autochtones. Au cours des dernières semaines, plus d’un millier de tombes non marquées ont été découvertes à proximité de trois anciens pensionnats en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Une dizaine de personnes encerclent la statue de la reine Victoria renversée qui lui manque la tête. Des gens portent des chandails orange.

Des gens célèbrent après que la statue de la reine Victoria eut été renversée

Photo :  CBC / Travis Golby

La statue de la reine Victoria, inaugurée en 1904, a été recouverte d’empreintes de mains peintes en rouge et a été laissée au sol sous un drapeau canadien. Un message au marqueur noir laissé à proximité, indiquait en anglais : Nous étions des enfants (We were children).

Le chef de police Smyth s’est dit déçu de la conclusion de ces événements. Il a tenu à mentionner que les rassemblements organisés en solidarité avec les Autochtones avaient été encadrés par les forces de l’ordre et qu’ils s’étaient déroulés de manière très pacifique. Dans ce genre d’événement, a-t-il dit, certaines personnes ont un autre but en tête.

En réponse à une question des journalistes, Danny Smyth a expliqué que la police n’est pas intervenue lorsque le groupe déboulonnait la statue pour ne pas inciter la foule à la violence. C’était une question de jugement, a-t-il mentionné.

Une arrestation sans lien avec le déboulonnement des statues

Danny Smyth a confirmé, vendredi, qu’un homme a été arrêté et accusé à la suite de dommages causés sur le terrain de la législature manitobaine.

Douze policiers sont positionnés dont certains accroupis en train d'arrêter une personne sous le regard de plusieurs personnes portant un chandail orange.

La police de Winnipeg a arrêté un homme dans la foulée du renversement des statues des reines Victoria et Élisabeth II sur le terrain de l'assemblée législative du Manitoba, le 1er juillet 2021.

Photo :  CBC / Travis Golby

Cette arrestation n’a pas de lien avec le vandalisme fait aux statues, a-t-il précisé. L’homme s’en est plutôt pris à une voiture privée. Le chef de police n’était pas en mesure de préciser à qui appartenait cette voiture.

Selon le journaliste de CBC présent sur les lieux au moment de l’arrestation, les policiers ont utilisé leur pistolet à décharge électrique. Danny Smyth n’a pas donné plus de détails sur l’intervention.

Le premier ministre du Manitoba déplore le vandalisme

Dans une déclaration écrite, le premier ministre Brian Pallister qualifie d'inacceptable le vandalisme survenu à l’assemblée législative.

Le vandalisme n’aidera pas à faire avancer la réconciliation, dit-il. C’est plutôt un revers majeur pour ceux qui œuvrent à faire une réelle réconciliation .

Réactions de leaders autochtones

Plus tôt dans la journée, des leaders des Premières Nations ont réagi au déboulonnement des statues.

Les membres de MKO ont demandé à la population manitobaine de faire preuve de compréhension face aux raisons pour lesquelles ces statues ont été renversées, tout en se dissociant de ces incidents.

Le chef de la nation crie Pimicikamak, David Monias, qui ne condamne pas le geste, demande aussi qu'on en comprenne la signification.

Je ne vais pas condamner les gens [qui ont fait ça], alors qu’ils sont blessés mentalement et émotionnellement en raison de cette vérité qui est découverte et qui est blessante. La destruction du matériel, ce n’est rien comparativement à la destruction de vie et d’une culture. Le matériel est remplaçable, mais pas les vies, a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le point des vue des Métis

Pour sa part, le ministre des pensionnats pour Autochtones à la Fédération métisse du Manitoba et vice-président de l’organisme pour la région de Winnipeg, André Carrier, condamne la violence et le vandalisme, malgré la colère que certaines personnes ressentent face au système des pensionnats.

Un homme d'origine métisse et habillé avec une chemise aux motifs d'une chemise fléchée en entrevue en vidéoconférence chez lui. M. Carrier porte des lunettes.

André Carrier de la Fédération métisse du Manitoba

Photo : Radio-Canada

On sait que les gens sont en colère, mais ça ne permet pas la violence contre les statues. On reconnaît, les Métis, que c’est grâce à la reine si on a l’Acte du Manitoba, le premier contrat signé par les Métis avec le gouvernement fédéral.

André Carrier ajoute que sans la couronne britannique, le gouvernement n’aurait pas mis cette loi en œuvre.

Les manifestations qui ont eu lieu le 1er juillet, rappelle-t-il, étaient pacifiques.

La directrice générale des Premières Nations du traité no. 1 a tenu à remercier les gens pour leur participation à cette importante marche de sensibilisation aux pensionnats pour les Autochtones et dissocie son organisation des actions de vandalisme posées à l’assemblée législative du Manitoba.

Bannière-image du dossier.

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