•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Le Canada, notre pays imparfait que nous aimons

Jean Chrétien, le pouce droit en l'air.

L'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien

Photo : La Presse canadienne / Dave Chan

Je n’ai jamais entendu parler autant des imperfections de la fédération canadienne. C’est au point que je commence à douter que le Canada soit « le plus meilleur pays du monde », comme le revendiquait l'ex-premier ministre Jean Chrétien.

Depuis plusieurs jours et même le 1er juillet, date de la fête du pays, j’ai eu du mal à trouver des airs de célébrations pour souligner ce que le Canada a d’extraordinaire.

Je n’ai pas oublié ces années successives où cette fête mobilisait nos communautés dans leur diversité, d’un bout à l’autre de cet immense territoire.

Cela est en train de changer sous nos yeux. C’est ce que je perçois dans les réactions suscitées par les récentes découvertes de tombes anonymes sur des sites de pensionnats pour Autochtones.

Ces découvertes ont montré que ce pays, comme n’importe quel autre, ne peut indéfiniment cacher ses choix problématiques.

Les squelettes finissent par sortir des placards et il arrive des moments où il faut faire face à cette musique.

Non, le Canada que j’aime de tout mon cœur n’est pas qu’un pays au grand cœur.

Cette réalité loge le pays de Jean Chrétien et de Pierre Trudeau, toutes proportions gardées, à la même enseigne que n’importe quelle autre puissance dans le monde.

À force d’entendre des récits troublants sur les pensionnats pour Autochtones, j’ai fini par me trouver renvoyé aux récits d’autres peuples qui ont aussi eu à composer avec des conquérants.

En Afrique, depuis que je suis tout petit, j’ai entendu des histoires d’humiliation, d’éducation et de travail forcés pour soi-disant corriger et civiliser les Autochtones.

Là aussi, comme ici, je trouve nécessaire de nommer le mal par son nom, de reconnaître les choix malheureux des dirigeants politiques et religieux et d’inventer des voies de réconciliation.

C'est le souhait que je partage avec ceux qui ont préféré la réflexion et des actions correctives au faste des célébrations habituelles de la fête du Canada.

Si cela arrive au cours des semaines et des mois à venir, le Canada aura une nouvelle fois la chance de donner l’exemple au monde.

C'est à cette condition seulement que je crois pouvoir m’approprier à nouveau la célèbre formule de Jean Chrétien.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !