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Parcourir 650 km dans le sentier des Appalaches en un temps record

Le Sentier international des Appalaches, en Gaspésie, est le théâtre de compétitions de course.

Charlotte Levasseur Paquin pose avec ses bâtons de marche devant une pancarte de la Sépaq.

Charlotte Levasseur Paquin a terminé son aventure à 11 h 30, jeudi matin, à Forillon.

Photo : Gracieuseté de Charlotte Levasseur-Paquin

Parcourir 650 km en forêt en 14 jours; un exploit que Charlotte Levasseur Paquin vient d’accomplir en battant le temps le plus rapide pour le tronçon allant de Matapédia à Cap-Gaspé, sur le Sentier international des Appalaches (SIA).

C’est du moins le temps le plus rapide à ce jour, en autonomie, qui sera enregistré sur le site du mouvement FKT (fastest known time).

L’ultra-traileur Mathieu Blanchard détient quant à lui le record du temps le plus rapide sur ce sentier dans la catégorie supporté, c’est-à-dire entouré d’une équipe pour l’épauler avec une logistique et de la nourriture. Il a parcouru ce même sentier en un peu plus de sept jours, en août 2020.

Mathieu Blanchard

Mathieu Blanchard est un ultra-traileur (archives).

Photo : Radio-Canada / Vincent Champagne

FKT, c’est comme un regroupement de records de temps de courses ou de randonnée, sur différentes routes à travers le globe, explique Charlotte Levasseur Paquin.

Avec des vêtements secs et chauds pour la nuit ainsi qu'un hamac et des vivres pour manger suffisamment avant de se rendre au prochain village, Charlotte Levasseur Paquin a parcouru entre 40 et 60 km par jour. Seules des pauses de 10 minutes pour manger étaient au programme, afin de garder la cadence pour tenir le froid et les moustiques à distance.

Garder un rythme soutenu en alternant course et marche et être en autonomie complète faisait partie du défi auquel s’est mesurée la jeune femme. Elle est arrivée à destination à 11 h 30 jeudi au parc national de Forillon, sous la pluie et le vent. J’étais vraiment contente d’être arrivée et d’être au chaud, finalement, lance-t-elle quelques heures après la fin de son exploit.

Une préparation primordiale

Ces compétitions exigent une préparation sérieuse. Sportive de nature, Charlotte Levasseur Paquin a modifié son entraînement par rapport à son aventure pendant les quatre mois précédant son départ. Malgré ça, mon corps a eu de la difficulté à gérer certaines journées plus difficiles, ou avec plus de côtes, raconte la jeune femme.

Charlotte Levasseur Paquin porte une casquette rose et est sur le sommet d'une montagne en Gaspésie.

Charlotte Levasseur Paquin lors de son aventure de course.

Photo : Gracieuseté de Charlotte Levasseur-Paquin

De plus, la coureuse connaissait déjà le terrain : Les portions les plus difficiles, ce sont des portions que j’avais déjà faites en randonnée. Plan de mesure d’urgence et téléphone satellite en poche, l’aventurière de compétition avait pensé à tout.

Pour Rando Québec, un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de la randonnée, ce genre d’aventure comporte d'importants risques.

Pour nous, le gros enjeu, c’est la sécurité des personnes qui font ça. Il faut respecter énormément de choses : les réglementations, les services accessibles ou pas, les périodes où éventuellement ces personnes vont faire de la randonnée la nuit pour être le plus rapides possible [...] On ne s’attend pas à ce qu’il y ait quelqu’un au milieu de la réserve faunique de Matane, à 2 h du matin. On n'est pas outillé pour ça au Québec, soutient le directeur général adjoint de Rando Québec, Gregory Flayol.

À Rando Québec, on ne veut pas que les gens pensent que c’est facile et accessible à tous; ce ne l’est pas.

Une citation de :Gregory Flayol, directeur général adjoint, Rando Québec

Bien qu’une partie des gens qui font du plein air soient tournés vers la performance, les adeptes du FKT demeurent marginaux au Québec, selon M. Flayol. La course en sentier est cependant une activité qui prend de l’ampleur dans la province. C’est très à la mode de randonner la nuit et de s’enregistrer avec une montre GPS, pour montrer qu’on a été très rapide sur certains secteurs, affirme le porte-parole de Rando Québec.

La compétition

Maxime Boisvenu-Fortin s’est aventuré sur le SIA, une semaine après Charlotte Levasseur.

Tout comme elle, le randonneur de course souhaite battre le record FKT pour cette randonnée en autonomie. J’essaie de m’arrêter un peu plus pour donner une chance à mes pieds. C’est difficile à vivre parce que, si je veux marcher plus longtemps, je dois prendre plus de pauses. Si j’arrête un peu plus pendant la journée, je devrais être en mesure de marcher plus longtemps au final, raconte Maxime Boisvenu-Fortin.

Le jeune randonneur explique cependant que la vraie compétition dans cette aventure, c’est celle qu’il dispute avec ses propres limites. C’est vraiment pour le dépassement de soi. J’essaie de voir où sont mes limites et à quel point je peux les atteindre en passant proche, mais pas trop proche non plus, si on ne veut pas se blesser, affirme le coureur qui prévoit arriver à destination le 8 juillet. S'il y parvient, il aura lui aussi relevé le défi de courir le sentier en 14 jours.

On apprécie les petits plaisirs de la vie encore plus après ça : l’eau courante, une douche, des vêtements secs, ce genre de choses.

Une citation de :Maxime Boisvenu-Fortin, randonneur de course

De son côté, Charlotte Levasseur Paquin ajoute que de savoir qu’un compétiteur est sur le sentier, en même temps qu’elle, l’a motivée.

Je l’aurais fait, peu importe, mais j’avoue que ça m’a trotté derrière la tête de savoir que quelqu’un d’autre essayait la même chose. Surtout que c’était un garçon. Je n’avais pas envie que les filles soient juste les deuxièmes meilleures, affirme l’athlète.

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